Maddyness

Plan Juncker : une arme de création massive de licornes ?

Comments
Partager :
Up
Partie précédente
1 —
Partie suivante
Down
Maddyness
Up
Menu
Partie 1
Down
Entrepreneurs

Plan Juncker : une arme de création massive de licornes ?

Pepper Pepper Pepper
72 - trending  |  
Comments
Par Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de l'agence 1min30 - 26 juillet 2016 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

Que manque-t-il au vieux continent pour faire émerger autant de licornes que de l’autre côté de l’Atlantique ? Un accès au capital facilité ! Avec cet objectif en ligne de mire, le plan Juncker prend de l’ampleur : plus de 25 fonds d’investissement européens ont déjà bénéficié d’une participation du Fonds européen pour les investissements stratégiques.

Qu’est-ce qu’une licorne ? Loin de la mythologie, l’appellation regroupe les entreprises numériques et de l’internet de moins de 10 ans, qui ne sont pas encore rentables, mais sont déjà valorisées plus d’un milliard de dollars. Le développement des licornes illustre la capacité d’une économie à mobiliser des financements à risque pour investir sur des entreprises qui ont encore tout à prouver mais qui ont le potentiel pour être les leaders de demain. Et à ce jeu-là, l’économie américaine est largement en avance sur l’UE, pour preuve le dernier classement des licornes mondiales, avec une seule française, six anglaises et… une bonne centaine d’américaines.

L’absence de licornes n’est pas due à l’absence de projets

En Europe, les idées sont bonnes, les talents aussi, alors que manque-t-il au vieux continent pour faire émerger autant de licornes que l’économie américaine ?

La réponse est bien sûr complexe, mais un des facteurs essentiel est l’absence de prise de risques des investisseurs, lesquels ne disposent pas toujours de garanties suffisantes pour investir dans des startups, un terrain de jeu par essence très risqué.

Si l’on observe l’implantation des licornes en Europe, le Royaume-Uni a fait éclore plus de jeunes pousses talentueuses qui feront le monde de demain en matière de numérique que tous les autres pays européens. Ce n’est pas que les jeunes Anglais soient plus brillants que leurs homologues européens : la qualité des universités anglaises pour la formation digitale et numérique est comparable à celle des universités françaises ou allemandes. Ce n’est pas non plus que les Anglais aient plus d’idées et de projets que leurs voisins : la dynamique de création d’entreprises à Paris et à Berlin est aussi très forte.

Non, ce qui fait défaut, c’est le capital qui permet d’accompagner les jeunes pousses et de propulser des licornes en nombre. Le Royaume-Uni est de loin le leader en termes de levées de fonds en Europe, le capital-risque y est plus développé et finance l’économie numérique à fort potentiel. L’exemple de la Fintech britannique est significatif : les financements massifs outre-Manche ont permis de lancer les premières licornes du secteur et même d’importer les meilleures Fintech mondiales sur le territoire britannique.

La crise des tables de ping-pong est-elle possible en Europe ?

Saviez-vous qu’on peut facilement prévoir les crises des startups Californiennes en étudiant les ventes de tables de ping pong ? Non, ce n’est pas une blague. C’est le très sérieux Wall Street Journal qui le révélait récemment. On observe en ce moment une baisse des ventes de tables de ping pong comparable à la période de l’éclatement de la bulle internet en 2001. En cause, moins de startups qui se lancent et donc moins de tables trônant au milieu des espaces de travail…

Le mouvement semble lancé et les financements pour l’économie numérique commencent déjà à manquer. Depuis fin 2015, les investissements se sont resserrés face à des anticipations négatives sur les performances de nombreuses licornes qui tardent trop à publier des bénéfices (près de 80 % des sociétés introduites au NASDAQ ne dégagent pas de bénéfices à 6 mois). Et faute de résultats satisfaisants, on parle du licenciement de 10 % à 20 % des effectifs chez Evernote, Pebble, Twitter ou encore Groupon. Les performances gonflées sur le papier des plus importantes jeunes pousses risquent de freiner le financement des nouvelles startups par les acteurs du capital-risque.

Cette crise des licornes américaines risque-t-elle de s’exporter en Europe et de donner un coup de frein au capital-risque européen ? Depuis la crise économique et financière, l’Union européenne est déjà confrontée à une crise globale de l’investissement, et en particulier de l’investissement privé, qui a chuté d’environ 15 % et qui affecte le financement de l’économie numérique. Pour accompagner le dynamisme du secteur en Europe, il est donc essentiel d’agir pour maintenir voire augmenter l’investissement en Europe dans les jeunes pousses numériques, vu l’importance du capital pour le succès des startups et les incertitudes qui pèsent sur les financeurs traditionnels.

Une réponse européenne : le plan Juncker pour soutenir l’investissement et l’innovation

Face à un tel constat, le plan Juncker, du nom de l’actuel président de la Commission européenne, vise à relancer l’investissement en Europe, avec l’ambition de mobiliser 315 milliards d’euros de financements nouveaux en trois ans.

Pour redynamiser les secteurs stratégiques tels le numérique, l’environnement ou l’énergie, la Commission européenne propose une nouvelle approche des financements européens pour les entreprises, fondée sur le financement du risque. Grâce au nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques, géré par la Banque européenne d’investissement, elle réduit le risque pris par les investisseurs en co-investissant directement dans des entreprises ou via des fonds d’investissement.

Le sujet risque donc d’intéresser les fonds en recherche de capitalisation ainsi que les jeunes pousses en développement. En France, le plan permet déjà à de nombreuses entreprises innovantes au profil de risque élevé de bénéficier de prêts pour financer leur développement via des accords signés avec Bpifrance ou Banques populaires. Plus de 25 fonds d’investissement européens, dont 5 principalement actifs en France, ont aussi bénéficié d’une participation du fonds européen. Et ce fonds investit aussi en direct dans les futurs leaders européens du numérique, comme cette entreprise allemande en pointe sur les activités d’impression numérique.

Une initiative pour l’investissement qui mérite d’être saluée car elle apporte un soutien concret aux entreprises et aux financeurs qui prennent des risques pour créer des licornes européennes !

Par

Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de l'agence 1min30

26 juillet 2016 / 00H00
mis à jour le 22 mars 2018
Business
Menu
Entrepreneurs
Menu
Finance
Menu
Innovation
Menu
Technologies
Menu
MaddyShop
MaddyShop
Agenda
Agenda
MaddyEvent
MaddyEvent
MaddyJobs
MaddyJobs
MaddyStudio
MaddyStudio
Search
Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Articles les plus consultés
Les guides
Entreprises Structures d’accompagnement MaddyBasics
Maddyplay
Newsletter
À propos
Mentions Légales
Search
Nos services
Les catégories
Maddynews
Hmm... Il y a visiblement eu un soucis :(
Maddyness

Comme vous le savez, Maddyness est à la pointe de l'innovation.
Malheureusement il semble que votre navigateur ne le soit pas encore...

Pour une bonne expérience de navigation
(et être au top de la modernité) pensez à passer sur :
Chrome
Chrome
Safari
Safari
Firefox
Firefox
Edge
Edge