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1 — Accélération des avancées en IA : déconnexion des formes d’intelligence
2 — Les apports de l’IA en médecine : l’âge du transhumanisme ?
3 — La Chine prend de l’avance
4 — Les applications business de l’IA : sensibiliser et rassurer
Innovation

Travailler à l’heure de l’Intelligence Artificielle

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Par Julien Hervy - 09 avril 2018 / 09H00 - mis à jour le 06 avril 2018

Quel impact aura l'intelligence artificielle sur le marché de l’emploi, la médecine ? Quelles parties du monde tireront le plus de bénéfices de la révolution IA, et qui en sont les outsiders ? Julien Hervy fait le point.

Les avancées dans l’IA vont impacter nos modes de production, nos conditions de travail et la qualité de l’offre sur marché, et cela se fera avec ou sans la participation de l’Homme. Pas question de parler ici de l’IA forte (similaire à celle de l’homme), la menace d’une société dirigée par des robots n’est même pas encore envisageable. Depuis 2012 et l’arrivée du Deep Learning – apprentissage autonome par la machine – l’IA faible a fait des progrès considérables avec des puissances de calcul qui n’ont cessé de croître et d’être concentrées dans des processeurs de plus en plus petits (Loi de Moore).

Pour autant, les experts n’avancent pas encore une quelconque forme d’intuition ou d’empathie dans cette intelligence de sillicium. C’est dans son usage que réside la menace qu’elle représente sur l’équilibre social entre les citoyens et entre les nations.

Accélération des avancées en IA : déconnexion des formes d’intelligence

Ceux qui parviendront à exploiter le potentiel de l’IA pour développer leurs capacités cognitives ou simplement à mettre en avant leur complémentarité avec l’IA disposeront de privilèges (professionnels). Le risque ? Une déconnexion forte entre deux classes d’individus : ceux qui trouveront un rôle à jouer aux cotés de cette nouvelle forme d’intelligence et ceux qui ne le pourront. Les perdants seront ceux qui n’auront pu trouver une alternative à leur contribution économique à la société si leurs tâches peuvent être automatisées à moindre coût (perte d’emploi et incapacité à suivre le rythme effreiné de l’IA). La guerre des intelligences présentée par Laurent Alexandre est une menace pour une part de la population de travailleurs mais certaines compétences permettront aux humains de garder une avance sur les machines. A mi-chemin entre matière grise biologique et processeurs informatiques : une « espèce » hybride, l’humain augmenté.

Mon illustration pour y voir plus clair :

L’IA va et a déjà commencé à remplacer un certain nombre d’emplois et selon une étude de McKinsey, 50% des activités professionnelles actuelles seront techniquement automatisables, et ce à l’échelle mondiale. Une nuance toutefois, 5% seulement des emplois pourront être complètement remplacés par l’IA. Des millions d’individus vont donc devoir changer d’activité ou monter en compétences à travers des formations – à horizon 2030 selon cette même étude. La proposition de C. Villani dans son rapport (29/03/2018) va dans ce sens: “L’objectif fixé est de tripler le nombre de personnes formées à l’IA d’ici à 2020″ {en France}.

L’impact de l’automatisation sur l’emploi devrait varier selon les professions et les secteurs. Les activités les plus sensibles à l’automatisation sont les activités physiques/manuelles dans des environnements prévisibles, comme l’utilisation de machines et la préparation de fast-food. La collecte et le traitement des données sont deux autres catégories d’activités qui peuvent de plus en plus être améliorées et accélérées avec les machines.J’ai relevé 2 éléments essentiels qui permettent à l’homme de garder la main sur certaines activités pour encore longtemps :

1.     Abilités

softskills et dexterité propres à l’humain sont nécessaires à une grande partie des emplois et ne seront donc pas automatisable avant plusieurs siècles – jamais… ? Les masseurs, psychologues, formateurs et autres emplois dont une compétence essentielle requise est le rapport humain, la relation client (intuition, ampathie, etc.) seront conservés par l’humain. D’autres activités demandant une dextérité très fine dans un environnement non prédictible ont encore beaucoup de marge avant d’être impactés par l’IA, qui à ce stade ne sera qu’un support. Je pense là par exemple aux artisants et artistes : ébenistes, paysagistes, etc.

2.     Le coût de l’IA vs celui du capital humain

Tant que l’IA coûte plus cher et que l’impact sociétal de remplacer des emplois – qui plus est « aidés » ou subventionnés – par l’IA n’est pas acceptables, l’humain restera en course dans la fonction de production. Ainsi au Japon et aux US, toujours selon la même étude de McKinsey, 1/3 des emplois manuels dans un environnement prédictible vont disparaître dans les prochaines années(manufacture, réparation, etc.)

« Low-Tech jobs demanding social skills and superior dexterity aren’t really threatened by IA » MaxTegmarks, MIT

Les apports de l’IA en médecine : l’âge du transhumanisme ?

Nous évoquions plus haut une forme hybride d’intelligence qui bénéficierait de la puissance de traitement de l’information de l’IA et des compétences exclusives à l’Homme : l’humain augmenté. Les chercheurs et ingénieurs ont réalisé de nombreux miracles dans la médecine grâce à l’hybridation biologique-machine : la prothèse de jambe est le premier exemple qui nous vient à l’esprit.

Les nouveaux implants rétiniens pour redonner la vue aux aveuglessont une réalité ! Et cela ne fait que marquer le début d’une longue série de progrès fantastiques qui nous rappelle combien l’IA peut être un atout pour chacun d’entre nous, quelque soit notre forme physique et notre niveau d’intelligence.
Jusqu’à quel point les médecins peuvent-ils corriger nos imperfections et améliorer nos capacités physiques et cognitives ? Les recerches dans le domaine font légion et les investissements sont massifs. Le transhumanisme se développe selon 4 axes :

 

Ce qui nous amène à une autre problématique tout aussi importante que la disparition d’emplois au profit de l’IA : l’humain augmenté sur le marché du travail (que je représente dans mon schéma par des flèches rouges à mi-chemin entre l’intelligence humaine et l’IA).
Que va-ton faire quand l’intelligence pourra s’acheter ?

NeuraLink, société d’Elon Musk, travaille dors et déjà à la conception d’implants cérébraux pour booster le cognitif de l’Homme (les fameux BCIs)…
Le neurologue et neuroéthicien Thomas Cochrane de Harvard Medical School nous met en garde : ceux qui auront les moyens de booster leur vision ou leur mémoire auront une longueur d’avance sur les autres et cela représente un important problème d’égalité et d’éthique au sein de la société. Ces implants dans le cerveau auront d’abords des débouchés thérapeuthiques , mais seulement s’ils sont commercialisables et si les individus adhèrent à ces technologies pour le moins boulversantes. Un problème majeur à prendre en compte: arrivons-nous à protéger le cerveau contre le hacking (collecte de datas à notre insu, via ces BCIs)?

Pour l’heure, les chercheurs tentent de trouver des solutions pour intégrer ces implants sur les tissus cérébraux afin de capter les signals sans les détériorer. Le matériau désiré : une fibre optique flexible et bio-compatible. Les avancées, bien que spectaculaires, ne permettent pas encore d’utiliser cette technologie en autonomie et ne sont pas suffisantes pour rassurer le monde médical contre les dangers que représentent l’opération destinée à fixer la technologie dans le cerveau.

 

Encore balbutiante mais en fort développement, la médecine personnalisée promet de révolutionner la santé, ce qui n’empêchent pas certains experts de nous mettent en garde : cela pourrait mettre à mal nos libertés. En effet, il est urgent de réunir des comités d’éthique et libertés pour une collecte et un traitement sages des données personnelles (cf. RGPD). L’idée derrière cette floraison de start-ups dans le domaine, la medtech/e-santé:  d’une part des capteurs biométriques et des objects connectés (par exemple les montres connectées), et d’autre part les services de “Big Data” qui croisent toutes ces données dans d’immenses bases communes pour établir des corrélations entre les utilisateurs et réaliser des analyses prédictives.

EMOTIV par exemple propose un casque sans fil qui lit vos ondes cérébrales et les traduit en données. Il enregistre en permanence les ondes cérébrales pour les interpréter et en extraire un certain nombre de données utiles. Mesurer l’activité et les performances du cerveau nous permettra de mieux le comprendre avec des applications en médecine d’abord : améliorer le sommeil des patients, comprendre l’epylepsie et redonner de l’autonomie aux handicapés.

La Chine prend de l’avance

Les gouvernements des pays développés – en particulier la Chine et les US – sont entrés en compétition sur l’IA pour imposer leur domination avec des investissements massifs en recherches. L’IA est dors et déjà considérée comme un levier pour plus d’influence économique et diplomatique. Ce sont les structures de chaque secteur qui sont en train d’être boulversé : à commencer par la santé, mais aussi le commerce, la cybersécurité, et encore d’autres comme l’éducation, l’assurance et le tourisme pour n’en citer que quelques uns. Au cœur des transformations, un procédé révolutionnaire depuis quelques années déjà : le machine learning, ou le procédé par lequel nous parvenons à entraîner les algorithmes pour qu’elles se perfectionnent en continue avec l’accumulation de volumes de data de plus en plus importants.Le résultat: des systèmes IA plus performants pour plus d’automatisation, de meilleures prédictions, analyses, etc.

La Chine a très rapidement compris les enjeux économiques derrière l’IA et espère se hisser au sommet du classement des puissances économiques mondiales grâce à sa maîtrise.

L’annonce est sans équivoque : en juillet 2017 le gouvernement a annoncé envisager d’atteindre la parité avec les US dans l’IA et ainsi devenir la premiere puissance economique mondiale d’ici 2030. Ainsi, Baidu, Alibaba et Tencent ont déjà commencé à chasser les talents de l’IA tout autour du globe allant parfois jusqu’à en débaucher chez Amazon ou Google.

L’accent est actuellement mis sur le développement de l’IA pour de nouvelles techno de reconnaissance faciale avec un plan national de surveillance massif dans le public et le privé nommé « sharp eyes ». En 2017 c’est plus de $ 1,6 milliards qui auront irigués les projets liés au développement de cette techno.

“In China, the tech companies claim many times greater accuracy rates than, for instance, the FBI” Jim Dempsey, executive director of UC Berkeley’s Center for Law and Technology

Ainsi, les start-ups de l’Empire du milieu attirent 50% des investissements du total de flux financiers qui partent dans les start-ups à travers le monde. A ce niveau déjà la Chine est bien en avance sur son concurrent historique : les US. Un autre exemple de la suprématie du géant chinois qu’on appelait encore « l’atelier du monde » il y a peu : il produit six fois plus de brevets d’IA que les Etats-Unis…

Pour l’heure Amazon, Google et Microsoft reste les maître de l’IA avec l’émergence de nouvelles offres sur le marché : Machine Learning as-a-service. Avec Cloud AutoML Google propose par exemple aux internautes d’exploiter leurs propres data, quand Amazon propose lui une offre « IA as-a-service » destinée aux developpeurs.

Quand l’intelligence deviendra un facteur de concurrence indispensable aux nations et un atout professionnel et social pour l’individu, comment faudra-t-il repenser la fonction de production dans une économie de la connaissance ?

Les applications business de l’IA : sensibiliser et rassurer

Pour Jérémie Harroch de Quantmetry – société qui accompagne les entreprises sur la mise en place de solutions pour valoriser la data afin de répondre à des enjeux métiers : Machine Learning, IA, Big Data, etc – il est urgent de sensibiliser la population aux enjeux business qui se cachent derrière la prolifération des nouvelles interfaces de communication avec les clients : les applications, sites web et les stratégies digitales associées.

Nombres d’applications sont conçues avec une expérience usager (UX) optimale pour atteindre les objectifs commerciaux des entreprises : développer le sentiment d’addiction chez les utilisateurs d’applications mobiles pour les inciter à acheter plus, sans parfois même en prendre conscience. Optimiser le rendement de ses apps (ROI) et autres campagnes marketing nécessite d’avoir recours à des algorithmes de plus en plus fines pour l’analyse et l’interprétaion des datas clients, et enfin le marketing autmation (bref le marketing predictif.)

Tristan Harris, un ancien de chez Google, prone aujourd’hui l’éthique dans les pratiques du web et en particulier des réseaux sociaux. Il nous rappelle qu’une poignée d’entreprises de technologie dirigent les pensées de milliards de personnes. Des notifications Facebook aux Snapstreaks en passant par la lecture automatique de YouTube, les pépites tech californiennes elles sont en compétition pour une chose : votre attention.

« Les enfants ont le droit de comprendre les variables explicatives des enjeux business qui sont au cœur de la conception de ces apps ». J. Harroch

1080 octets « suffisent » à stocker toute l’information de l’univers et les capacités connaissent une progression exponentielle… Une grande longueur d’avance pour la machine qu’on n’arrêtera pas. Mais cette intelligence reflète d’avantage une puissance d’assimilation et de stockage d’information hors du commun des mortels que d’une intelligence pure au sens d’AGI: le niveau d’intelligence humaine qui prend en compte bien d’autres facteurs. Dans son paysage des compétences humaines Hans Moravec, docteur en IA de Standford, représente la confrontation IA/cerveau humain. Les partie submergées les plus hautes sont les plus à l’abris des avancées en termes d’IA. Les zones de l’intelligence humaine maîtrisées par le la matière de silicium sont immergées.

Bien que des progrès considérables soient régulièrement observés dans le domaine de l’IA, celle-ci n’est vraiment très bonne qu’à simuler les interprétations humaines pour reprendre Vincent Champain, DG de GE Digital Foundry Europe. Puissance de calcul et big data sont donc l’apanache du maitre de silicium, mais cela ne suffit pas à le comparer à l’intelligence humaine, moins « puissante » mais plus « fines » par ses intuitions et son savoir-être social entre autres.

« Le Machine Learning fait des choses époustouflantes, mais il ne peut pas faire de la magie »Dr. Shenoy

Par

Julien Hervy

09 avril 2018 / 09H00
mis à jour le 06 avril 2018
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