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Kolkhoze 2.0 ou seul au monde : quel visage pour la ville de demain ?

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Par Maëlle Lafond - 16 mai 2018 / 12H00 - mis à jour le 17 mai 2018

Chaque année, la population mondiale s'accroît de plus de 82 millions de personnes. Alors que l’homme ne peut pas convertir chaque lopin de terre en zone habitable, comment imaginer un habitat qui réponde à la fois aux attentes de chacun et aux problématiques de tous ?

(Cet article a été initialement publié dans le magazine édité par Maddyness à l’occasion de la Maddykeynote)

Logements partagés à Berlin, habitat coopératif à Lyon, jardins communs à Paris… On ne compte plus les initiatives qui repensent notre façon d’occuper l’espace, que ce soit au niveau de la ville, du quartier ou de l’appartement. Une réponse, pragmatique, au manque de place et au prix des loyers dans les villes… Mais ces formes alternatives d’habitat ne seraient-elles pas également nées d’un besoin de recréer du lien social, après que celui-ci se soit délité dans l’ère de l’hyper-individualité ? Isolés dans nos appartements, fatigués par les contacts forcés (embouteillages, transports en commun…) au fil de nos journées, nous en venons paradoxalement à regretter un temps rêvé où les échanges étaient nombreux, riches de sens et choisis.

La vie de village, une utopie ?

« On voit de plus en plus revenir ces thématiques de convivialité et de vivre ensemble, avec l’utopie de la vie de village ou encore des espaces partagés, analyse Sophie Tartière, sociologue et urbaniste. Mais dans la réalité, ce mythe est battu en brèche : on observe plutôt des stratégies d’évitement dans les endroits faits pour être partagés – dresser des palissades sur la terrasse pour échapper au regard, par exemple. » Les chiffres confirment cette tendance : pour 71% des Français la maison individuelle reste l’habitat rêvé. Et de fait,  tout – ou presque – est aujourd’hui accessible depuis le confort de son canapé, limitant, pour ceux qui le souhaitent, les contacts avec l’humanité au strict minimum. De quoi participer un peu plus à l’individualisation croissante de la ville de demain.

Mais c’est sans compter sur les vents contraires : ces innovations qui s’engouffrent dans la tendance inverse, comme les plateformes qui remettent la communauté au centre (ShareVoisins, Vizeat, MeetMeOut, etc.) et qui permettent de maintenir des relations de proximité à l’échelle du quartier ou du logement.

Alors, comment savoir quelle tendance prendra le dessus ? Pour le chercheur Alain Bourdin, les deux tendances vers l’individualisme et le collectif ne se contredisent pas nécessairement, et peuvent même se combiner « Pour imaginer le futur de la ville, il faut regarder du côté des évolutions culturelles, d’un point de vue plus sociologique. De tous temps les sociétés ont tenté de créer des initiatives pour pallier la destruction du lien social induite par le progrès technique. Ce qui est nouveau, c’est que ça se passe dans un contexte de mondialisation : le rapport micro/macro a tout changé, et on cherche maintenant à tisser du lien social à des échelles macro quasi inconnues, au niveau mondial via internet, alors même que le lien social au niveau des quartiers et des villages n’existe plus. 

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Une ville aux multiples visages

Aujourd’hui, comment imaginer futur des territoires, qui sont de plus en plus interconnectés, alors que la population mondiale s’accroît chaque année et que le réchauffement climatique laisse augurer le déplacement de millions de réfugiés ?

« Pour ce qui est de la ville de demain, il faut se garder de deux images, prévient Alain Bourdin. Celle, assez présente chez l’essayiste Jeremy Rifkin, qui est celle de la non-ville, avec des voitures électriques et sans chauffeur partout, des maisons hyper-connectées et autonomes en énergie. Et l’autre, de la ville hyper-dense, compacte, où les tours d’habitations règneront en maître. La trame des villes de demain sera celle d’une ville avec beaucoup de verdure, à la manière de Singapour, qui jongle entre écologie et peuplement : une ville étendue certes, mais avec des enjeux environnementaux qu’il faudra traiter, et probablement moins de centralité. »

Si aujourd’hui nous avons encore le choix entre individualisation et collectivisme, il n’en sera pas de même dans la ville du futur. Demain, lorsque le besoin primera sur les envies individuelles, l’argent, la culture et l’échelle définiront quelle place chacun de nous peut occuper. Et il faudra veiller à ne pas laisser les inégalités (économiques, technologiques…) s’accroître au nom de l’une ou l’autre de ces tendances.

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Maëlle Lafond

16 mai 2018 / 12H00
mis à jour le 17 mai 2018
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