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1 — Un marché immense à la population ultra-connectée, vraie terre d’opportunités pour les startups françaises
2 — Des success stories qui montrent l’exemple...
3 — ...malgré des freins à ne pas sous-estimer
4 — La French Tech a sa carte à jouer
Business

Le Brésil, terre d’opportunités pour les startups françaises 

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Par Alexandre Romet, Armand d’Ambrières et Bastien Peccoux - 17 mai 2018 / 13H00 - mis à jour le 17 mai 2018

Le W Project, c'est un tour du monde à la rencontre d'entrepreneurs inspirants et d'acteurs de l'écosystème. Pour cette première étape au Brésil, Alexandre Romet, Armand d’Ambrières et Bastien Peccoux vous livrent un guide des do's and dont's à destination des Français qui souhaiteraient y entreprendre.

Dans le cadre du W Project, Alexandre Romet, Armand d’Ambrières et Bastien Peccoux font le tour du monde à la rencontre des acteurs emblématiques des écosystèmes startups internationaux et ceux de la French Tech. Après un mois passé au Brésil, leur bilan est clair : le pays constitue aujourd’hui une véritable terre d’opportunités pour les startups françaises, à condition de bien faire les choses et d’éviter les pièges. Suivez le guide !

Un marché immense à la population ultra-connectée, vraie terre d’opportunités pour les startups françaises

Malgré un contexte politique toujours agité en raison de la récente condamnation de l’ancien Président Lula, le Brésil est sorti de la crise économique dans laquelle il a été plongé en 2015. Après deux années de la pire récession de son histoire, le Brésil retrouve la croissance et son développement. Richard Gomes, Directeur de Business France au Brésil, est confiant : « c’est un pays qui est en plein boom, avec une variété de consommateurs énorme et l’équivalent de la population française qui consomme à un niveau français ».

Avec 139 millions d’utilisateurs internet, les Brésiliens sont ainsi la 4ème population connectée la plus importante de la planète. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout l’usage qui est intéressant, puisque ces derniers sont de véritables early adopters. Une caractèristique dont s’amuse d’ailleurs Hélène Jullien, co-fondatrice d’Abacashi, un copycat de Leetchi, qui l’a appris à ses dépens : « ce dont on s’est rendu compte et que l’on avait pas du tout prévu, c’est que les Brésiliens adorent tester des nouveautés. Ils ont donc testé Abacashi  mais comme ces cagnottes étaient des tests, elles ne récoltaient pas d’argent. Ca a donc été compliqué au début car nous avions beaucoup de cagnottes vides sur notre page principale ». Mais cette population connectée et avide de nouveautés offre un vrai terreau propice à l’acquisition de nouveaux utilisateurs.

Quant aux services déjà présents sur le marché, il y a encore beaucoup de manques à combler et les opportunités sont immenses. En effet, les startups commencent à peine à s’attaquer aux nombreux problèmes qu’il reste encore à résoudre sur ce marché gigantesque. La recette du succès ? Simplement bien faire les choses, comme l’explique Mathieu Le Roux, qui a lancé Deezer sur le marché brésilien en 2012 et lance aujourd’hui Le Wagon (école de code) : «  il manque beaucoup de choses, et il suffit de les faire correctement pour être au-dessus de la moyenne ».

Des success stories qui montrent l’exemple...

Le Brésil n’a rien à envier à la partie nord du continent américain quand il s’agit de parler de success stories. Le Brésil compte en effet son lot de startups qui ont réussi à scaler très rapidement en profitant de la taille du marché. C’est le cas de Nubank, une néo-banque rapidement devenue la première licorne du pays en dépassant le milliard de valorisation. En s’attaquant aux nombreuses inefficacités du système bancaire brésilien et à ses tarifs élevés, Nubank a très vite séduit un grand nombre d’utilisateurs. En proposant une offre 100% numérique, Nubank a supprimé la plupart des coûts de fonctionnement pour le consommateur alors qu’un simple virement coûte l’équivalent de 4 euros au Brésil avec les banques traditionnelles.

L’exemple de Creditas, la deuxième plus grosse FinTech du pays, est encore plus frappant. Consterné par des taux d’intérêts pouvant aller jusqu’à 230% pour des prêts à des particuliers, Sergio Furio, cofondateur de la fintech, a développé une technologie de risk management permettant d’offrir une solution de crédit à des taux avoisinant les 35%, une véritable révolution dans le pays.

...malgré des freins à ne pas sous-estimer

Mais réussir au Brésil n’est pas non plus un long fleuve tranquille et les obstacles restent nombreux. Le premier étant l’accès au financement. Les Business Angels et les fonds de Venture Capital sont encore trop peu nombreux et les banques traditionnelles trop éloignées d’un milieu technologique qu’elles ne comprennent pas toujours. 

Certains fonds étrangers, notamment américains, sont actifs sur le sol brésilien, comme Redpoint et E.ventures, deux fonds de la Silicon Valley, qui ont créé Redpoint eventures au Brésil. Redpoint eventures a notamment investi dans des startups comme Creditas ou encore Rappi, le Deliveroo sud-américain dont la valorisation a aujourd’hui dépassé le symbolique milliard de dollars.

Le Brésil est également un marché complexe. Si tous les Brésiliens parlent la même langue et partagent la même culture, c’est un pays fédéral et certaines divergences subsistent d’un Ètat à un autre, notamment au niveau juridique et fiscal. Un millefeuille administratif qui complexifie les procédures et oblige les entrepreneurs français à bien s’entourer, comme l’explique Mathieu Le Roux : « la première personne à qui il faut parler en arrivant au Brésil c’est un avocat fiscaliste ».

De plus, le Brésil est un pays qui souffre toujours de nombreux problèmes, comme l’insécurité. Un véritable frein pour certains services, notamment ceux de l’économie collaborative. Si les Brésiliens ont une culture et une mentalité très propice au partage et à l’échange, l’insécurité pose problème au développement des plateformes de partage. BlaBlaCar est d’ailleurs actuellement confronté à ce problème, comme l’explique Flavio Pripas, Directeur de Cubo, le plus gros incubateur d’Amérique Latine basé à Sao Paulo : « BlaBlaCar essaye de se développer au Brésil en brûlant beaucoup de cash, mais c’est compliqué pour eux. Nous avons peu de startups brésiliennes créées dans l’économie collaborative ».

La French Tech a sa carte à jouer

Sao Paulo est le seul hub French Tech d’Amérique Latine mais c’est aujourd’hui le deuxième hub international derrière Shanghai en raison du grand nombre d’entrepreneurs français présents dans la tech. Le réseau French Tech est très solidaire au Brésil et c’est pour les entrepreneurs qui arrivent dans le pays un véritable vivier d’aides et de conseils, comme l’explique Cyrille Reboul, qui a lancé le groupe de médias en ligne Webedia au Brésil : « Aujourd’hui le réseau French Tech est un accélérateur vraiment dingue. Tu arrives au Brésil et en trois semaines tu connais 50 personnes qui font du business au Brésil, qui peuvent partager leurs expériences avec toi, t’avertir des erreurs à ne pas commettre et te mettre en relation avec des clients potentiels. »

Les success stories sont également nombreuses au sein de la communauté française. Par exemple, Deezer et Webedia, lancées respectivement par Mathieu Le Roux et Cyrille Reboul, sont aujourd’hui les deuxièmes filiales de leur groupe derrière la France. Thibaud Lecuyer, co-fondateur de Dafiti, une startup de la Fashion Tech qui cartonne, fait également partie des papes de la French Tech au Brésil.

Cependant, garde à ceux qui seraient tentés de faire des copycats trop hâtifs. Le Brésil, et l’Amérique Latine de façon générale, possède des infrastructures et des problématiques propres, ainsi que de significatives différences culturelles qui font que bon nombre de copycats n’ont pas fonctionné. A l’instar de Nubank et Creditas, les entrepreneurs qui ont connu les plus beaux succès  sont ceux qui se sont attaqués à un problème spécifique du marché et ont su être les plus disruptifs dans leur approche.

Mais pour vous inciter à vous lancer, sachez que les Français jouissent d’une excellente image au Brésil d’après Cyrille Reboul qui assure que « c’est un super pays où entreprendre quand tu es Français. Tu es d’emblée considéré comme honnête, chic et ponctuel ». La french touch est ainsi très appréciée des Brésiliens. Des a priori positifs qui favorisent la prise de contact au Brésil, un pays où l’affectif joue un rôle très important dans les affaires et où il faut absolument se rencontrer avant de travailler ensemble.

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Alexandre Romet, Armand d’Ambrières et Bastien Peccoux

17 mai 2018 / 13H00
mis à jour le 17 mai 2018
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