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Qui va hériter des utilisateurs d’Autolib ?

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Par Geraldine Russell - 27 juin 2018 / 12H53

La Mairie de Paris a officialisé la fin du service parisien Autolib à compter du 31 juillet prochain. Mais loin de signer la fin de l'autopartage, cet échec pourrait marquer le début d'une restructuration de l'offre de mobilité dans la capitale.

Autolib est mort, vive Autolib ! Le couperet est tombé en début de semaine : le service d’autopartage opéré par Bolloré et soutenu par la Mairie de Paris rendra son dernier souffle le 31 juillet, après plusieurs semaines d’une longue agonie qui verra le nombre de stations comme de voitures se réduire petit à petit. Comme à la mort d’une grande tante dont ils espèrent qu’elle ait un trésor caché, les héritiers sont déjà en ordre de bataille pour se disputer l’héritage. Non qu’Autolib fût très riche mais le service jouissait de l’aura d’une marque installée dans le quotidien des Parisiens, qui a contribué à faire connaître et démocratiser l’autopartage. Il est temps aujourd’hui pour ses concurrents de ramasser les fruits de cette évangélisation.

Les services jumeaux

Ils sont peu nombreux à pouvoir mettre en avant un service similaire à celui que propose aujourd’hui Autolib : une flotte de véhicules électriques en libre service, adossée à un système de bornes de recharge. Seules deux entreprises se disputent les faveurs des adeptes de l’autopartage depuis plus de dix ans ; le Canadien Communauto et le Français Ubeeqo, racheté par Europcar en 2015, revendiquent chacun une centaine de stations dans la capitale. Le second gère pour l’instant environ 320 véhicules en libre services mais a la capacité de « monter en puissance rapidement« , en s’appuyant notamment sur l’expertise et la flotte de sa maison-mère qui gère quelque 40 000 véhicules dans l’Hexagone. L’Américain Zipcar, filiale d’Avis et débarqué en 2014 dans « l’une des plus belles capitales du monde, une cité historique, cosmopolite et dynamique » comme l’indique son site, est l’acteur le plus récemment entré sur le marché. Ce qui explique qu’il ne présente qu’une cinquantaine de stations disponibles dans la métropole.

Emmanuel Nedelec, directeur France et Benelux d’Ubeeqo, s’attend à ce que l’arrêt d’Autolib crée « un appel d’air« . Mais ne voit pas cette concurrence potentielle comme un problème. « Le fait qu’il y ait de la concurrence signifie qu’il y aura une multiplicité d’offres sur le marché, analyse-t-il. Cela va créer un cercle vertueux. D’autant que nous sommes dans un contexte favorable au changement d’habitudes des Parisiens en termes de mobilité.« 

Les challengers

Plusieurs startups proposent des services proches de celui d’Autolib : l’autopartage entre particuliers « en boucle fermée« . Tous types de véhicules, pas de station où chercher la voiture : une fois la réservation effectuée, c’est auprès du particulier qu’il faut s’enquérir du véhicule. Ces entreprises sont cependant de plus en plus nombreuses à les équiper de systèmes permettant d’imiter le libre service, pour que l’utilisateur n’ait plus à interagir avec le loueur. C’est la stratégie qu’ont adoptée OuiCar – adossé à la SNCF – Koolicar, TravelCar ou Drivy, ce dernier revendiquant plus de 500 véhicules à Paris équipés de sa technologie Open permettant d’accéder à une voiture à l’aide de son smartphone.

« À Paris, la moitié de nos réservations se font en libre service, souligne Quentin Lestavel, directeur France de Drivy. La durée de location de ce type de véhicules est plus courte, à la journée, contre trois jours en moyenne pour les véhicules non équipés. Nous voulons nous focaliser sur cet usage, en développant des flottes d’entrepreneurs automobiles ou de loueurs qui viendront compléter l’offre des particuliers. »

La startup n’est pas la seule à souhaiter s’engouffrer dans la brèche laissée ouverte par Autolib. Certains constructeurs se positionnent également, à l’instar de PSA, qui a annoncé vouloir déployer une flotte de 500 véhicules électriques dans la capitale, via son service Free2Move, jusque-là cantonné à un comparateur de services de mobilité urbaine. Renault ne veut pas être en reste et a évoqué l’idée de mettre une centaine de véhicules électriques en autopartage d’ici la fin de l’année, avant de monter en puissance avec deux milliers de véhicules dès l’année prochaine. Le tout sous l’égide de Renault Mobility, sa marque dédiée à l’autopartage. Les gestionnaires de flotte locative, comme Ada, réfléchissent eux aussi à lancer des solutions pour capter ce nouveau marché parisien. De son côté, Citiz, qui gère déjà une douzaine de services d’autopartage dans autant de métropoles françaises, pourrait également en profiter pour dupliquer son modèle à Paris.

Les services complémentaires

Plus étonnant, la fin d’Autolib pourrait doper les services de location de… scooters, vélos ou même trottinettes qui fleurissent à tous les coins de rue de la capitale. Soucieuse de réguler les solutions de mobilité en free-floating, la mairie de Paris a signé ce mercredi un accord avec quatre acteurs majeurs en la matière : les gestionnaires de scooters Cityscoot et Coup et les spécialistes du vélo Mobike et ofo. En bonne intelligence avec les services publics, les quatre entreprises ont pris des engagements concernant « les dispositifs de maintenance et de régulation » mais aussi sur « des standards de qualité des engins en free-floating et des échanges d’information et de données« .

Une multiplication des acteurs qu’Emmanuel Nedelec voit d’un bon oeil. « Il ne faut pas confondre la location de voiture et l’usage qui en est fait, rappelle-t-il. Nous devons proposer des solutions intelligentes aux Parisiens pour que les utilisateurs soient satisfaits. » Ce qui passe nécessairement par le développement de différentes solutions de mobilité pour répondre à la multiplicité des besoins. « Aucun acteur ne pourra seul remplacer Autolib, assure de son côté Quentin Lestavel. Le relais sera pris par plusieurs acteurs, selon les usages. L’arrivée de nouveaux acteurs est ainsi plutôt une chose saine, parce que nous sommes tous en train de créer un marché plutôt que de devoir protéger notre part du gâteau. »

Une nouvelle structuration de la mobilité parisienne qui va de fait redéfinir également le rôle de la Mairie, jusqu’ici étroitement impliquée dans plusieurs solutions (Vélib, Autolib) qui ont montré leurs limites. Cantonnée au rôle de régulateur face à la profusion de services privés, elle sera chargée d’établir les règles de bonne conduite pour que l’autopartage comme les autres services de free floating soient (enfin) des affaires qui roulent.

Par

Geraldine Russell

27 juin 2018 / 12H53
mis à jour le 04 juillet 2018
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