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1 — La naissance de l'opération Euler Hermes x HSBC
2 — La Blockchain, un phénomène nouveau ?
3 — La Blockchain : l’étape ultime de la dématérialisation du commerce B2B.
4 — Un choix, l'Ethereum.
5 — Des startups dans le viseur.
6 — Les startups fintech, concurrentes ou partenaires ?
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« La Blockchain, l’étape ultime de la dématérialisation du commerce B2B » Charles Ruelle

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Par Louis Carle - 09 juillet 2018 / 11H00 - mis à jour le 06 juillet 2018

Avec l'idée de créer un processus d'assurance-crédit et d'affacturage dans l'environnement Blockchain, les équipes du Trade Innovation Lab d'HSBC et de la Digital Agency d'Euler Hermes ont lancé un POC. Retour sur la genèse de cette collaboration.

C’est au tour des grands groupes de s’intéresser de près à la Blockchain et à ses possibilités avec le lancement d’une initiative sur le sujet par Euler Hermes et HSBC. Avec l’idée de créer un processus d’assurance-crédit et d’affacturage dans cet environnement, les équipes du Trade Innovation Lab d’HSBC et de la Digital Agency d’Euler Hermes ont lancé un POC (Proof Of Concept) sur une période de 4 mois qui devrait être testé prochainement. Une petite révolution dans un secteur encore trop traditionnel sur laquelle revienne Charles Ruelle (co-Directeur de la Digital Agency), Beatrice Collot (Directeur Trade et Affacturage HSBC) et Olivier Sabineu (Directeur General Délégué HSBC Factoring France). L’occasion de retracer les évolutions du secteur, l’impact de la Blockchain et leurs visions de l’écosystème actuel.

La naissance de l'opération Euler Hermes x HSBC

(MDN) Pouvez-vous nous en dire plus sur l’opération et ce que vous souhaitez mettre en place ?

Charles Ruelle (CR) : Notre volonté première était d’offrir aux entreprises une gestion plus rapide et sécurisée de leur poste client et du financement des créances clients. Pour y parvenir, nous avons tenté de couvrir et financer des factures générées lors de transactions commerciales réalisées sur la Blockchain, un environnement qui semble répondre à notre problématique. C’est une grande première sur le marché de l’assurance et du financement du poste client. Les résultats sont satisfaisants, et nous espérons désormais poursuivre l’expérimentation avec d’autres acteurs de la gestion de facture.

Olivier Sabineu (OS): L’affacturage au même titre que le financement du commerce international, sont des domaines qui ont peu évolué dans leur traitement depuis leur création. A l’ère de la digitalisation, les entreprises souhaitent simplifier et rationaliser les processus…notamment par la dématérialisation. La technologie Blockchain permet de partager, en une seule fois et avec toutes les parties prenantes, les différents documents d’une transaction sur une plateforme sécurisée. Cette solution représente, pour le client et ses contreparties, un gain de temps et de transparence, et donc d’efficacité.

La Blockchain, un phénomène nouveau ?

(MDN) Comment et à quel moment avez-vous commencé à vous intéresser à la blockchain ?

Beatrice Collot (BC) : Le groupe HSBC a mis en place il y a 3 ans une enveloppe de 250M$ afin d’investir dans l’innovation et les fintechs à forte valeur ajoutée pour nos métiers. La technologie Blockchain est stratégique pour les banques, puisqu’ elle va permettre de réaliser de nombreuses transactions financières dans de meilleures conditions. Nous avons à ce stade déjà investi dans 8 projets, et nous conseillons aussi les autorités monétaires de Hong Kong et Singapour afin de digitaliser leurs marchés en utilisant la Blockchain.

« Le groupe HSBC a mis en place il y a 3 ans une enveloppe de 250M$ afin d’investir dans l’innovation et les fintechs »

Nous avons également créé à Paris, il y a 2 ans, le Trade Innovation Lab du groupe, dont l’objectif est l’étude et l’utilisation des nouvelles technologies, dont la blockchain, appliquées aux métiers du Trade et de l’Affacturage, et nous avons déjà réalisé une douzaine de POCs (Proof of concept), dont celui-ci avec Euler Hermes.

CR : Depuis 2015, la Digital Agency d’Euler Hermes étudie les technologies qui pourraient disrupter le trade finance et mène des expérimentations afin de répondre à ces potentielles transformations. En tant qu’assureur-crédit, Euler Hermes est au cœur du commerce inter-entreprises, puisque nous couvrons les transactions commerciales. Il était donc essentiel pour nous de réfléchir à quoi pourrait ressembler un échange commercial réalisé en environnement Blockchain. Après ces analyses théoriques et techniques, nous sommes logiquement passés à la mise en situation concrète avec un partenaire, afin d’approfondir nos connaissances. D’où ce projet mené conjointement avec HSBC.

La Blockchain : l’étape ultime de la dématérialisation du commerce B2B.

(MDN) Comment voyez-vous l’avenir de la blockchain dans vos secteurs ?

CR : La Blockchain est une technologie particulièrement utile lorsqu’il s’agit de suivre l’évolution d’une transaction impliquant de nombreuses parties prenantes. Elle apporte transparence et fluidité aux échanges commerciaux, et optimise la sécurité de la transaction en garantissant sa traçabilité. En matière de sécurisation et de simplification des transactions commerciales, il s’agit d’une technologie incontournable aujourd’hui. En ce sens, elle représente certainement l’étape ultime de la dématérialisation du commerce B2B.

« Elle représente l’étape ultime de la dématérialisation du commerce B2B »

BC : Pour nous la blockchain fait déjà partie du présent ! Nous venons de finaliser la 1ere véritable opération de trade dans cet environnement avec ING et notre client Cargill, et nous travaillons à d’autres projets, comme notre application Wetrade. Cette technologie a démontré son efficacité à partir du moment où il y a plus de 2 intervenants dans une transaction. Beaucoup d’autres applications vont émerger dans notre industrie, mais il reste un certain nombre d’enjeux comme le déploiement à grande échelle à couts maitrisés, ou l’interopérabilité entre les différentes plateformes.

Un choix, l'Ethereum.

(MDN) Comment avez-vous mis en place techniquement ce POC ?

CR : Les deux labs d’Euler Hermes et HSBC ont travaillé conjointement sur cette expérimentation, avec un partage des tâches réfléchi et une synergie des connaissances intéressante. Nous avons mené ce projet en mode agile pendant 4 mois, délai que nous nous étions fixés en amont. Nous avons privilégié le Test and Learn et avons mobilisé nos équipes internes, sans faire appel à des prestataires externes. Enfin, côté technologique, nous avons travaillé sur la Blockchain Ethereum.

OS : La vocation de notre Lab est précisément de tester, dans un laps de temps réduit, des solutions qui nous semblent intéressantes. Cette approche Test and Learn agile permet également de mettre en exergue les éventuels défis techniques, ou le fait de travailler sur des technologies très récentes qui sont toujours en pleine évolution.

Des startups dans le viseur.

(MDN) Quelles startups suivez-vous dans le domaine ? Pour quelles raisons ?

BC : Nous suivons grâce à notre Lab, toutes les fintechs qui peuvent apporter des solutions cohérentes pour nos métiers, quelle que soit la technologie utilisée. Notre Lab a identifié une centaine de fintechs qui pouvaient correspondre à notre stratégie et en a rencontré la moitié environ. Pour nous, la principale difficulté est de les rencontrer, d’où l’intérêt des clusters et incubateurs.

CR : Nous nous posons la question de la Blockchain à utiliser pour mener à bien la suite de l’expérimentation. Nous avons su relever le défi de l’assurance-crédit et de l’affacturage en environnement Blockchain sur Ethereum, mais d’autres Blockchain répondraient peut-être mieux à notre problématique, notamment en matière de gestion des données. Nous suivons également plusieurs entreprises qui évoluent dans le monde de la gestion de facture, startups ou acteurs traditionnels, afin de poursuivre l’expérimentation en espérant pouvoir un jour inclure toutes les parties prenantes potentielles d’une transaction commerciale.

Les startups fintech, concurrentes ou partenaires ?

(MDN) Voyez-vous les jeunes pousses de la fintech comme des partenaires potentiels ou des concurrents ?   

CR : Nous travaillons déjà en collaboration avec plusieurs fintechs. Ce sont des partenariats extrêmement intéressants : nous pouvons leur faire bénéficier de notre expertise métier et elles peuvent nous apporter leur souplesse de fonctionnement et leurs connaissances technologiques. Nous développons d’ailleurs avec elles des solutions spécifiques qui conviennent à leur besoin, enrichissent leur business model et les aident à grandir. C’est le cas de notre API Single Invoice Cover, qui nous permet de leur proposer des garanties à la demande, à la transaction, et en temps réel. Cette API est notamment utilisée par les factors URICA et Cash In Time afin de couvrir les créances qu’ils rachètent.

BC : Chaque fintech répond à un seul besoin de notre chaine de valeurs. Or nos besoins sont multiples et nous sommes très ouverts à la collaboration qui représente une valeur ajoutée importante pour notre offre. Nous sommes complémentaires et sommes amenés à devenir partenaires, comme avec la fintech Semsoft avec laquelle nous avons développé une solution autour du big data, ou même investisseurs, comme dans Kyriba ou Tradeshift.

Charles Ruelle, co-Directeur de la Digital Agency d’Euler Hermes a précédemment été entrepreneur puis Directeur Technique d’Etalab, le service du Premier ministre en charge de l’ouverture des données publiques et du gouvernement. Il a en particulier conçu data.gouv.fr, la plateforme de l’open data du gouvernement. Il a ensuite travaillé avec la Banque Mondiale et conseillé les gouvernements du Burkina Faso et du Maroc dans l’ouverture de leurs données publiques. Il est également membre du conseil d’administration du « Hello Tomorrow Challenge », un concours international à but non lucratif dédié à la science et à l’innovation.

Beatrice Collot, Directeur Trade et Affacturage chez HSBC France, dirige une équipe de 270 personnes et le Trade Innovation Lab d’HSBC. Apres avoir rejoint l’équipe d’audit d’HSBC France, elle a exercé différentes fonctions de COO dans la Banque d’investissement et de marchés, puis dans la Banque d’entreprises. Elle est également Directeur Général de HSBC Factoring France.

Olivier Sabineu, Directeur General Délégué de HSBC Factoring France a précédemment travaillé chez Factofrance, Filiale de factoring de Général Électrique ou après différents postes il était Directeur Régional. Il a rejoint HSBC Factoring France pour initialement développer l’offre Grands Comptes, avant de devenir Directeur de la Clientèle puis ensuite Directeur Général Délégué.

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Louis Carle

09 juillet 2018 / 11H00
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