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La naissance d’une startup, du rêve à la réalité

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1 — Le grand plongeon : s'organiser
2 — La première difficulté : le dépôt de marque
3 — Le baptême du feu : le comptable
4 — La première déprime : l'été
5 — Le premier défi : les fournisseurs
6 — Les premières leçons
Business

La naissance d’une startup, du rêve à la réalité

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Par Camille Castets - 17 juillet 2019 / 09H00

Le lancement d'une nouvelle marque est une succession de premières fois. Camille Castets, fondatrice avec son acolyte Olivier Jeunot de la marque de tabliers Marcel et Jean, évoque les premiers mois de la startup.

Après un an et demi de réflexion, de doute et de motivation grandissante, j’ai quitté ma vie de salarié. Ça a été la décision la plus importante que j’ai prise. Nous avions une idée assez précise du projet, nous avions déjà contacté des fournisseurs mais le projet n’était encore qu’un projet. Cette étape a tout changé.

Je laissais des revenus stables, une sécurité, des journées bien rythmées et aussi une certaine vie sociale. Demain, je n’aurai plus de collègues avec qui discuter pour faire une pause, plus de clients à accompagner dans leur projet immobilier. Je voyais beaucoup de monde dans une journée et du jour au lendemain tout change radicalement.

Je m’étais donc préparée à des débuts moralement difficiles.

Le grand plongeon : s'organiser

J’ai obtenu une rupture conventionnelle et le 1er juin 2018 et je me suis officiellement inscrite à Pôle Emploi. La procédure d’inscription, puis le premier rendez-vous pour expliquer mon projet de création d’entreprise se sont très bien passés. Bien sûr, il y a toujours quelques couacs, sinon ce serait trop simple mais dans l’ensemble, la création d’entreprise est accessible à tout le monde. Il suffit de tenir informé Pôle Emploi quand son entreprise est immatriculée pour pouvoir changer de situation. J’ai même été agréablement surprise par l’accueil de mon projet par ma conseillère !

Les formalités administratives étant réglées, par où commencer ? Pour être efficaces et productifs, on a raisonné comme dans n’importe quelle entreprise : on a fait des réunions. Quelles sont les priorités ? Comment on s’organise ? Quelles sont toutes les tâches à faire ? Niveau organisation, on s’est servi de nos précédentes expériences professionnelles et on a utilisé Trello. L’application permet de lister toutes les tâches à faire, de les classer par thème, par priorité, de faire des check-lists, etc. C’est très simple d’utilisation et c’est aujourd’hui notre outil principal de travail.

La première difficulté : le dépôt de marque

Cette étape nous semblait essentielle pour créer et protéger notre marque Marcel et Jean. Nous pensions qu’il suffisait de s’inscrire sur le site de l’INPI, cocher les bonnes cases et le tour est joué. Malheureusement, c’est un peu plus flou que ça.

Soyez certains que toute expérience est utile dans un projet de création d’entreprise. En ce qui nous concerne, un de mes anciens collègues avait travaillé autour de la propriété intellectuelle, les dépôts de brevets etc. Il nous a donc bien aidés pour cette étape importante, pas si claire que ça.

En effet, il y a le choix entre trois types de dépôts de marque :

  • Marque nominative (on protège le nom de la marque)
  • Marque figurative (on protège le visuel de la marque, un logo par exemple)
  • Marque semi-figurative (on protège une marque qui combine un nom et un logo)

Pour Marcel et Jean, nous avions un nom et un logo à protéger. La marque semi-figurative semblait être la plus adaptée. La petite subtilité, c’est que nous prévoyions de parfois utiliser le logo seul, sans le nom associé. Dans ce cas, la marque semi-figurative n’est pas suffisante car le logo seul n’est pas protégé. Du moins, c’est ce que l’on a compris.

Il nous a donc fallu déposer à la fois la marque nominative et la marque figurative. La vraie difficulté, c’est que tout ça n’est pas dit explicitement sur le site de l’INPI. Il faut donc demander conseil, chercher des avis, des expériences sur internet car chaque cas est différent.

Le baptême du feu : le comptable

Motivés comme jamais, le projet a bien avancé le premier mois, même si les demandes de devis et nos appels avec les fournisseurs n’étaient pas toujours chaleureux. Comme ailleurs sans doute, dans le monde du textile, beaucoup de porteurs de projets font appel à des professionnels et ne vont pas jusqu’à la production. Mais comment leur dire que, nous, on va vraiment le faire, on va produire en série et créer notre marque ?

On a aussi compris rapidement que l’immatriculation de la société était une priorité. Nos fournisseurs de tissus refusaient nos demandes de devis tant que nous n’avions pas de numéro Siret. Ah, ce numéro Siret, il nous a bien pris la tête ! Pour s’immatriculer et rédiger les statuts de la société on a préféré passer par un cabinet comptable, normalement moins cher qu’un cabinet d’avocat.

Alors, on s’y est attelé on a vu plusieurs comptables et experts-comptables, tous recommandés par des connaissances. On s’est dit que ce serait simple de créer la société avec leurs conseils… Le premier nous a vivement recommandé de monter une SAS, le second une SARL et le troisième ne s’est pas prononcé. On a tranché, ça sera une SAS, pour sa flexibilité.

Mais maintenant, quel cabinet comptable choisir ? Au début, on a privilégié le feeling parce qu’il nous semblait important de bien nous entendre avec notre comptable, puis on a reçu les devis de leurs prestations. On passait du simple au double pour la même prestation, sans parler des offres des comptables en ligne qui sont bien moins chères mais pour des prestations inférieures. On s’est retrouvé dans l’impasse, à perdre un temps précieux.

Ce qui nous a convaincu c’est qu’à ce stade, on n’avait pas forcément besoin de mettre en place une machine de guerre niveau compta, donc on a décidé de travailler avec un (quatrième) cabinet situé dans l’Aveyron, à 2 heures de chez nous. Il est clair qu’on ne peut pas se rencontrer aussi facilement qu’avec un cabinet toulousain… mais en a-t-on vraiment besoin au début ?

La première déprime : l'été

Cette phase a pris plusieurs mois pour nous car on a constaté que, l’été, la France entière tourne au ralenti. Juin, le premier mois, avait été productif, juillet et août ont été des mois difficiles. Ça arrive petit à petit. On ne l’a pas vu venir mais, un jour, ça a moins bien marché. Les fournisseurs ne répondaient plus à nos mails, on ne nous rappelait plus et on nous disait “nous fermons jusqu’à fin août”.

Plus rien n’avançait. La motivation s’atténuait sans savoir ce que nous allions bien pouvoir faire demain matin et ça pesait sur le moral. Pire, le boulot en lui-même ne nous disait plus grand-chose : faire des mails toute la journée pour demander des prix, laisser des messages vocaux à des gens qui ne veulent pas vraiment travailler avec nous, penser statuts, immatriculation ou Siret toute la journée…

Pour nous occuper, on regardait les vidéos de Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français ou les articles de Tristan Laffontas de MoiChef qui partageaient leurs conseils et retours d’expérience. On trouve vraiment beaucoup de contenus motivants sur le net, comme une vidéo d’Oussama Amar qui disait :

Si vous aimez vos premiers mois en tant qu’entrepreneur, c’est que vous ne montez pas vraiment une boîte.

Ça nous a mis du baume au cœur et, au lieu de lutter contre cette période, on s’est dit qu’il fallait peut-être la laisser passer pour revenir plus forts. On a donc pris des vacances anticipées. Nous avons repeint l’appartement, nous sommes partis en vacances et n’avons pas parlé de Marcel et Jean pendant deux semaines.

Enfin, si, on en a parlé à de nouvelles connaissances et à nos proches car il faut bien répondre quelque chose à « tu fais quoi dans la vie ? » et, comme très souvent, les retours ont été enthousiastes, bienveillants et motivants.

La rentrée est finalement arrivée, les fournisseurs avec et le moral aussi.

Le premier défi : les fournisseurs

On peut avoir le plus beau des sites internet, un packaging de folie et des idées en pagaille, tant qu’il n’y a pas le produit, il n’y a rien ! La production, c’est donc le fil rouge de ces premiers mois d’activité.

On se rend vite compte que ça va être dur, que les fournisseurs sont souvent très spécialisés dans leur domaine et que, pour deux étiquettes qui nous semblaient assez similaires, il faudra peut-être deux fournisseurs différents.

Notre projet est aussi basé sur le made in France, ce qui ajoute des difficultés. Il nous a été assez difficile de trouver un fabricant de boutons dont la production était française. Nous n’avions pas (non plus) anticipé les contraintes techniques des fournisseurs. Par exemple, il est très compliqué de tisser des étiquettes avec plus de trois couleurs, peu importe le fabricant. Nous avons dû nous adapter, modifier nos visuels et la taille des étiquettes.

Concernant le cuir, les demandes d’échantillons ont été nombreuses mais quand la bonne épaisseur y était, la couleur espérée n’existait pas… Une fois la tannerie trouvée, elle m’a confirmé qu’ils ne faisaient pas de transformation des peaux en sangles comme nous en avions besoin. Les ateliers de confection n’étaient, quant à eux, pas équipés pour travailler le cuir.

Il nous fallait donc un intermédiaire supplémentaire. C’est grâce aux connaissances de mes parents que nous avons rencontré Maryse, une landaise qui travaille le cuir, le tout dans le village de mes grands-parents. Parfois, il ne faut pas chercher très loin.

La partie fournisseurs a, jusque-là, été la plus difficile, techniquement et moralement. Mais, petit à petit, les choses avançaient. Un jour, il ne se passait rien, le projet était au point mort et, le lendemain, nous avions un bon devis, un atelier enthousiaste à l’idée de travailler sur nos produits ou un fabricant de boutons qui confirmait pouvoir fournir toute la bouclerie dont nous avions besoin pour les tabliers Marcel et Jean. Il suffisait d’un appel ou d’une rencontre pour que le projet avance d’un coup.

Les premières leçons

1 – Oser : prendre la décision de quitter son travail, de changer de vie pour une idée est difficile mais à aucun moment nous ne regrettons notre choix. On est fiers d’avoir osé.

2 – Bien s’entourer : on a su parler de notre projet, demander de l’aide ou des idées quand on était dans l’impasse. Si je n’en avais pas parlé à mes parents, nous n’aurions jamais rencontré Maryse pour transformer notre cuir en sangles.

3 – On a trop tardé en ce qui concerne l’immatriculation de la société. Plus tôt c’est fait, mieux c’est. Nous aurions dû nous en occuper avant que je ne quitte mon emploi, on aurait gagné du temps.

4 – Savoir trancher ! On a perdu du temps dans le choix entre SAS, SARL, les statuts… Il n’y a pas de mauvais choix, on pourra toujours changer.

5 – Ne pas trop réfléchir : un jour ça avance, le lendemain ça recule. Il ne faut pas tout remettre en question pour autant. Ne pas trop réfléchir, travailler et avancer.

Lire le billet originel sur le blog de Marcel et Jean

Par

Camille Castets

17 juillet 2019 / 09H00
mis à jour le 16 juillet 2019
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