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1 — Les startups sont devenues sexy
2 — L'écosystème startup français a bourgeonné
3 — Tout connecté, tous connectés
4 — Le renouveau de la mobilité (très) longue distance
5 — L'effervescence autour de la micro-mobilité
6 — Les inégalités rendues plus visibles par la Tech
Technologies

2010-2020, la décennie qui a tout changé pour la Tech française

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Par Geraldine Russell - 19 décembre 2019 / 22H00

De l'avènement du smartphone aux assistants intelligents et de l'arrivée des VTC aux voitures volantes (ou pas), la Tech française a connu nombre de révolutions en dix ans.

Les startups sont devenues sexy

En 2010, l’image de référence de l’entreprise restait le grand groupe, celle du chef d’entreprise se cantonnait au grand patron. Entre les artisans et les corporates ? C’était le no man’s land. Et pour cause : BlaBlaCar était loin d’avoir décollé – Nicolas Brusson, le fondateur et actuel CEO, n’y travaillait pas encore à temps plein, Criteo venait tout juste de déménager aux États-Unis pour prendre son envol et moins de la moitié des scaleups du Next 40 étaient déjà créées.

Depuis, la folie startup s’est emparée des diplômé·e·s, des salarié·e·s en quête de reconversion, des investisseur·euse·s et des médias. Les politiques n’y ont pas non plus coupé avec la création de la French Tech sous François Hollande et l’arrivée en trombe de la « startup nation » dans le discours des macronistes. La startup est devenue l’entreprise sexy par excellence.

Cet essor des startups s’est aussi couplé d’une évolution des mentalités vis à vis du risque et de l’échec. Chuter est devenu l’obsession des entrepreneurs – c’est bon pour le storytelling et pour l’expérience ! Les Français·es, peu enclins à prendre des risques, ont appris à s’américaniser et cherchent désormais à pérenniser un modèle de croissance capable de les placer en concurrents directs des entreprises américaines et chinoises.

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L'écosystème startup français a bourgeonné

700 espaces de coworking, plus de 200 incubateurs et accélérateurs, quelque 10 000 startups : l’écosystème français n’a plus rien à voir aujourd’hui avec ce qu’il était il y a dix ans. Les acteurs tech se sont multipliés, villes et régions ont saisi la balle au bond pour offrir les meilleures infrastructures aux entrepreneur·e·s et ainsi attirer les meilleurs talents. Ce qui était en 2010 un secteur embryonnaire rassemble aujourd’hui des centaines de milliers de salarié·e·s.

Parmi les poids-lourds de l’écosystème, quelques structures d’accompagnement se sont distinguées : The Family, Paris&Co et bien sûr Station F, ouvert il y a deux ans et demi seulement mais déjà incontournable. Preuve d’une certaine maturité du secteur, certaines ont déjà pivoté, comme Numa, qui apparaissait pourtant comme un axe central de l’écosystème parisien. Plus il se développe, plus les structures créées se spécialisent. Les besoins sont énormes mais les modèles économiques encore fragiles ne permettent pas à tous de cohabiter sans que la concurrence en laisse certains sur le carreau.

Avec les années viennent aussi les premier·e·s entrepreneur·e·s emblématiques. Et la décennie en a vu éclore plusieurs, prenant la relève des Jacques-Antoine Granjon et autres Xavier Niel. Frédéric Mazzella, Guillaume Gibault ou Moussa Camara ont su s’imposer sur la scène startup et médiatique. Dans le même temps, certains gourous de la Tech ont opéré un virage à 180 degrés, à l’instar de Loïc Le Meur, qui s’est récemment retiré (très provisoirement) de Twitter pour vivre sa meilleure vie.

Une évolution qui n’est pas sans rappeler celle des événements Tech : en dix ans, LeWeb a disparu, quand Vivatech est devenu, en à peine quatre éditions, le rendez-vous incontournable de l’open innovation. Le paysage s’est restructuré, là aussi sous l’effet d’une concurrence accrue.

Tout connecté, tous connectés

En 2010, les smartphones se démocratisaient doucement. Aujourd’hui, on peut commander une enceinte par la voix et une intelligence artificielle s’occupe de prendre nos rendez-vous à notre place – ou presque. En une décennie, les objets connectés se sont généralisés, sans pour autant parvenir à atteindre l’âge d’or que certains leur promettaient alors. Au contraire, nous n’en serions encore qu’au « début de la vague« . Pour l’instant, l’IoT a engendré beaucoup de poudre aux yeux et de gadgets pour le moins inutiles.

Au royaume des technologies auxquelles on promettait un grand avenir qui ne s’est finalement pas concrétisé, on peut citer la réalité virtuelle. (Trop) longtemps, celle-ci a été l’apanage du secteur du divertissement et notamment du porno, industrie pionnière en la matière. Film d’animation et esport lui ont emboîté le pas. Grâce à la baisse des coûts d’acquisition, les objets connectés liés à la réalité virtuelle entrent petit à petit dans les foyers mais surtout dans les entreprises, qui y trouvent un outil de formation ou de lutte contre les discriminations, par exemple.

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La France a déjà vu émerger des pontes de l’IoT, dans le hardware – à l’instar de Withings – comme dans les infrastructures, comme Sigfox. La prochaine décennie pourrait bien voir le secteur passer un nouveau cap. Médecine, robotique industrielle, transports… l’ère de la connectique utilitaire approche ! Aux entreprises de l’Hexagone de prendre le train en route.

Le renouveau de la mobilité (très) longue distance

En dix ans, la mobilité longue distance a connu plusieurs révolutions grâce aux progrès technologiques. La voiture reste le moyen de transport privilégié de nombreux Français et Françaises  mais s’est ouverte au covoiturage à grande échelle avec, notamment, l’essor de BlaBlaCar au début des années 2010. L’entreprise peut désormais compter sur une forte volonté politique de développer les modes collaboratifs de transport. Plus récemment, la loi Macron a redonné des couleurs aux voyages longue distance en bus.

Du côté des trains, l’innovation a été du côté des plateformes de réservation, à l’image de ce qu’a réalisé Captain Train, devenu Trainline. Trouver et acheter un billet, y compris pour des trajets internationaux, se fait désormais en quelques clics. Et, du côté des machines, le début de l’aventure Hyperloop laisse entrevoir quelques belles innovations pour la prochaine décennie.

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En matière de mobilité (très) longue distance, la décennie 2010 a vu la conquête de l’espace reprendre de plus belle. Après plusieurs dizaines d’années plutôt calmes sur ce front, les expérimentations en vue de retourner sur la Lune mais surtout de rendre Mars habitable se sont succédées. Un projet qui semble aujourd’hui encore utopique mais qui pourrait bien nous aider à mieux prendre soin de notre planète Terre – la seule qu’on soit pour l’instant capable d’habiter.

L'effervescence autour de la micro-mobilité

Difficile de s’en rappeler mais en 2010, les VTC n’étaient pas encore arrivés en France ! L’arrivée d’Uber dans l’Hexagone en 2011, puis le retentissant procès de Heetch, ont ouvert une nouvelle ère pour la micro-mobilité. Quelques années plus tard, c’étaient les vélos puis les trottinettes électriques en libre-service qui prenaient d’assaut les rues des grandes villes françaises. Au point que, très vite, ces nouvelles pratiques ont fait émerger le débat autour de l’ubérisation et de la condition des chauffeurs puis des juicers. Les startups ont révolutionné notre façon de nous déplacer mais aussi notre façon de travailler !

Du côté de la voiture, c’est là aussi la mobilité partagée qui a connu un certain succès. BlaBlaCar ou Klaxit ont su tirer leur épingle du jeu en proposant aux urbains de partager leurs trajets automobiles et ainsi réduire leur coût ainsi que la facture écologique. En revanche, pour les jetpacks, voitures volantes et autres hoverboards intelligents, il faudra attendre la prochaine décennie.

Les inégalités rendues plus visibles par la Tech

S’il y a bien un point sur lequel l’échec de la Tech est cuisant, c’est la réduction des inégalités. Au contraire, avec l’avènement de la startup nation, les habitudes de consommation sont devenues schizophréniques, polarisées entre celles et ceux qui souhaitent consommer moins mais mieux – avec l’achat de produits plus onéreux au départ mais plus durables – et celles et ceux qui sont dans une démarche d’hyperconsommation, souvent à l’affût des réductions. À l’instar de ce que la crise des gilets jaunes a révélé, mieux consommer a un coût que tout le monde ne peut aujourd’hui pas assumer.

Et si l’on pensait (naïvement ?) au début de la décennie que le progrès technologique allait permettre de réduire ces inégalités, c’est loin d’avoir été le cas. Bien au contraire : l’intelligence artificielle et l’automatisation des tâches touchent en priorité les métiers techniques, créant une scission d’autant plus grande avec les professions intellectuelles supérieures. Et si la plupart des métiers que nous exerceront demain n’existent pas encore, nous ne serons pas tous égaux dans notre capacité à faire face à ces changements. Charge à la Tech de rectifier le tir ces dix prochaines années.

Par

Geraldine Russell

19 décembre 2019 / 22H00
mis à jour le 19 décembre 2019
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