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De graphiste à artisan : pourquoi j’ai sauté le pas ?

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Par Anne Jacquinot - 09 juin 2020 / 17H00

Anne Jacquinot est passée de graphiste dans la com à l'artisanat, un métier plus en phase avec ses aspirations. Mais comment on saute le pas ?

Je ne m’imaginais nécessairement changer de voie professionnelle. Mon métier, je l’avais choisi par passion, pour évoluer dans un univers créatif. Graphiste est un job où l’on est, sur le papier, libre tout en ayant un cadre, celui de la commande. J’ai dû louper les petites lignes dans le contrat, car je ne me suis sentie ni vraiment libre, ni vraiment cadrée. J’ai exercé six ans au sein d’une petite agence de communication. Ambiance familiale, patron adorable… On cultivait la bienveillance chez Comme un Arbre, rien à redire de ce côté là.

Une histoire où l’on s’ennuie

Ce sont plutôt les « exigences » client qui ont eu raison de moi. En fait, les chargés de com‘ à qui j’ai eu à faire ne semblent pas comprendre le métier (la plupart ne savent même pas rédiger un brief). Mais surtout, ils ont peur de mettre le petit doigt hors du cadre et d’oser, car ils ont peur du grand chef au dessus d’eux, le DG. Il pourrait bien les virer, alors il vaut mieux ne pas trop se faire remarquer. Pourtant, communiquer implique de se faire remarquer… non ?

Comme dans le film 99F, on se retrouve donc la plupart du temps à faire « la bouse de dernière minute », à savoir, pondre le concept qu’on a vu mille fois. Le fait est que ce monde, celui de l’institutionnel ou des grands groupes, est bien conventionnel et est régit par la peur. Le temps passait, tout ça me dégoûtait. Je m’ennuie vite moi, je veux du frais, qu’on pose sur la table ce qui doit être posé, qu’on crée la surprise ! J’irai créer la surprise ailleurs, et par moi-même.

Poser les armes, prendre un autre flambeau

Vous allez peut-être penser que j’ai un gros égo : la graphiste qui se croit supérieure et tellement talentueuse… Le fait est que cette histoire m’a fait complètement douté de mes capacités. Pire, ma frustration s’exprimait par des maux de dos et des angoisses.

Au contraire, j’ai beaucoup médité sur ce problème. Et j’avais vraiment envie de poursuivre cette lutte intérieure. Trouver l’apaisement et le détachement nécessaire pour rester dans mon agence. Mais j’ai fini par me rendre. A l’évidence, je n’étais pas faite pour ce monde là et je n’allais pas le changer. Une partie de moi s’était éteinte car ce besoin d’avoir des idées et de les concrétiser n’était plus assouvi.

L’occasion se présentait de revenir à des envies plus profondes, réaliser des rêves enfouis et montrer une autre facette de ma personnalité. Cela impliquait de créer mon entreprise. Aussi petite qu’elle serait, ce serait un nouveau monde qui s’offrirait à moi et que je proposerais aux autres.

Une vie avant la mort

J’ai choisi l’artisanat pour plusieurs raisons. La première, quitter un peu le siège du bureau et toucher du concret, revenir à la matière et aux couleurs pour continuer de créer. La seconde, pour réaliser un autre schéma de vie. Car ok, on est confortable dans notre petit bureau, avec notre salaire qui tombe à la fin du mois. Mais franchement, n’a t-on pas rêvé d’autre chose ?

Il faut vivre la vie que l’on souhaite quels que soit l’ordre établi et ce que la société nous dit de faire. Oui, on a peur de changer, et c’est sur cela que la société joue, pour qu’on ne bouge surtout pas et que l’on s’enferme avec un crédit sur le dos et une famille à nourrir.

« De la maternelle à l’université on est enfermé. On appelle cela un « bahut ». Ensuite, tout le monde travaille dans des petites et des grandes « boites ». On va s’amuser en « boite » en conduisant sa « caisse ». Puis, nous avons une dernière boite ou on stocke les vieux en attendant la toute dernière boite… »

Pierre Rabhi 

La troisième raison est la volonté de m’engager pour un autre mode de consommation : plus conscient, respectueux de l’humain, plus local aussi. L’artisanat symbolise un retour à la simplicité et à la sobriété. C’est en quelques sortes un acte de résistance face à l’industrialisation.

Comme de plus en plus de gens, je rêve d’un retour aux petits commerces et aux artisans de proximité. Revaloriser les savoirs-faire, l’humain et privilégier la qualité semble être en marche et je compte bien faire partie de cette révolution.

Aujourd’hui, mes clientes saluent ma proposition, notamment pour ces raisons-là. Je crée des accessoires inspirants pour le bien-être et le développement personnel. La création artisanale offre davantage de sens à ces objets spirituels et à forte valeur symbolique. Ils racontent une histoire. La mienne, mais aussi celle que je souhaite raconter pour notre monde.

Anne Jacquinot, fondatrice d’Âmes sensibles

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Anne Jacquinot

09 juin 2020 / 17H00
mis à jour le 08 juin 2020
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