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Grenoble défie les codes des startups pour faire grandir son écosystème

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Par Geraldine Russell - 13 octobre 2020 / 11H47

Reposant sur la recherche et résolument tourné vers la Deeptech et les Cleantechs, l'écosystème qui s'est tissé à Grenoble a défié les codes traditionnels des startups pour préférer la pérennité, la résilience et l'excellence.

Et si la startup nation faisait place à la PME nation ? Si les startups ont le vent en poupe, elles charrient aussi un certain nombre d’a priori, parfois justifiés : des modèles économiques parfois toujours fragiles au bout de plusieurs années d’existence et des entreprises qui ne survivent que grâce à de clinquantes levées de fonds. Tout le contraire de ce qui anime l’écosystème grenoblois du numérique et de l’innovation. Avec près de 160 000 habitants et plus de 600 000 à l’échelle de la métropole dont 10% d’étudiants, Grenoble présente un vivier de talents et une matière grise non négligeable. « Notre objectif est de créer des entreprises et des emplois pérennes. Nos champions, ce sont ceux de la PME nation : ils ont 50 ans, ont traversé plusieurs crises et sont encore là aujourd’hui » , constate Claire Chanterelle, directrice du Tarmac, l’incubateur du technopôle Inovallée.

Courir après le succès, oui, mais pas à n’importe quel prix. Les chiffres avancés par la directrice du Tarmac illustrent avec force cette maxime : en six ans, les sociétés de l’incubateur ont généré 60 millions d’euros de chiffre d’affaires pour seulement 85 millions d’euros levés. « Nous préconisons une gestion raisonnée, une forme de frugalité, parce que cela enseigne beaucoup de choses. La richesse n’est pas gage de succès. » Un discours à contre-courant de l’hypercroissance à grands coups de méga-tours de table mis en avant par nombre d’entreprises innovantes.

Mais l’innovation sauce grenobloise se conjugue davantage en techno qu’en euros. « La force de Grenoble, c’est l’importance de la recherche, souligne ainsi Claire Chanterelle. Nous avons à notre disposition sur le territoire l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur des smart systems. » La métropole se targue ainsi d’industriels de pointe, notamment dans le secteur électronique, ST Microelectronic ou Schneider Electric en tête. Et peut compter sur un accompagnement de haute volée, à l’instar du Centre d’énergie atomique (CEA), installé à Grenoble depuis 1956.

Le CEA, moteur de l’innovation

Cet acteur-clé de l’innovation grenobloise n’a pas attendu les startups pour se distinguer. Depuis plusieurs années, il figure dans le haut du classement des organismes publics les plus innovants, récompensant une politique volontariste de dépôt de brevets – plus de 700 par an. L’institut a ainsi contribué à créer un cercle vertueux de l’innovation, grâce à des partenariats avec des industriels mais aussi des startups : ces derniers peuvent utiliser les laboratoires, plateformes techniques et équipements de pointe du CEA à moindre coût et sont ainsi encouragés à poursuivre leurs recherches avec l’aide de chercheurs experts en nanoélectronique, photonique ou robotique. Les brevets déposés restent la propriété du CEA, et contribuent ainsi à nourrir la recherche fondamentale, mais les entreprises partenaires en obtiennent l’utilisation exclusive sur le marché qui les intéresse.

C’est ainsi que l’écosystème grenoblois a vu émerger ces dernières années des champions nouvelle génération, dont les innovations reposent sur des innovations radicales et brevetées : Aryballe, Diabeloop ou encore Sylfen. Plus récemment, c’est Aledia qui s’est illustré avec une levée de 80 millions d’euros récompensant sa technologie de led 3D aux coûts de fabrication réduits mais à rendement lumineux particulièrement élevé. Plusieurs autres produits de startups, développés avec l’aide du CEA, comme ceux d’Iskn, de Moovlab ou de PowerUp sont d’ailleurs fièrement exposés au sein du showroom du Y.Spot, le centre d’innovation ouverte du CEA, flambant neuf.

Crédits : Crédit : CEA / Franck Ardito

Dans un écrin blanc immaculé, une trentaine d’experts travaillent à co-développer avec des startups les solutions et produits innovants de demain. Le lieu abrite également des espaces modulables afin d’accueillir des entreprises en « résidence technologique » , leur permettant un accès facilité aux laboratoires du CEA, ainsi qu’un atelier de prototypage rapide, où a notamment été imaginé au printemps le respirateur de la startup nantaise MakAir.

Innover au service du bien commun

Le passé industriel de Grenoble se mêle donc étroitement à son présent innovant. Et façonne l’écosystème startup qui s’est constitué plus récemment. « Le côté industriel de Grenoble et sa culture de la recherche modifie son rapport au temps, qui n’est pas le même que celui des startups traditionnelles » , souligne ainsi Éric Pierrel, président de la French Tech in the Alps, qui regroupe les écosystèmes de Grenoble, Valence, Chambéry, Annecy et de l’arc genevois. Pas question cependant d’opposer les startups aux entreprises du « monde d’avant » , trop vite mises au rebut par les partisans d’un monde d’après aux contours encore flous. La French Tech locale se voit comme « un acteur d’intermédiation entre les acteurs du territoire et les startups » , y compris les plus inattendus : elle a ainsi travaillé pendant 18 mois avec les pompiers à un système leur permettant de localiser automatiquement les bornes incendie qui fonctionnent à proximité de leurs interventions, afin d’optimiser leur temps en opération.

La labellisation French Tech a d’ailleurs été pensée dès le départ comme un moyen de structurer un écosystème tellement riche qu’il en devenait presque illisible. « L’un des enjeux pour la French Tech était de briser les silos et de mettre tout le monde autour de la table : corporates, startups, structures d’accompagnement, collectivités, égrène Éric Pierrel. Car l’idée n’est pas de concurrencer des dispositifs existants et qui fonctionnent mais d’animer le territoire avec une mission d’intérêt collectif. »

Un intérêt collectif qui se traduit autant dans la méthode que dans le fond de l’innovation. Claire Chanterelle note ainsi que l’écosystème « à taille humaine » permet de « contourner les lourdeurs administratives » , grâce notamment à une vraie solidarité entre l’ensemble des acteurs. Tandis que le président de la French Tech in the Alps rappelle que « la culture du débat et la conscience citoyenne » qui caractérisent Grenoble et se traduisent aussi bien dans la sphère entrepreneuriale que politique, lui ouvrent notamment des opportunités dans le secteur des CleanTech. Pour rendre (enfin) le monde meilleur grâce à l’innovation et aux startups ?

Par

Geraldine Russell

13 octobre 2020 / 11H47
mis à jour le 13 octobre 2020
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