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2 — DRH et managers : la hiérarchie bousculée
3 — L'obésité des GAFAM mobilise l'Union européenne
4 — L'État au chevet des entreprises
5 — La Tech For Good se structure
Business

2020, une année pivot pour les entreprises

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Par Anne Taffin - 28 décembre 2020 / 09H00

Si 2020 sera longtemps associée au Covid-19, cette année a malgré tout été riche de nombreux changements dans le monde professionnel. Télétravail, management, formation... Voici quelques-uns des sujets qui ont pris un grand virage, forcé ou non, au cours des derniers mois.

Après des mois de confinement et de couvre-feu, des secteurs sinistrés et d’autres en pleine croissance, tout le monde s’accordera à dire que 2020 a été une année incroyablement complexe. Personnellement et professionnellement, nous avons tous été touché·e·s, à des échelles différentes, par cette succession d’événements. Le Covid-19 a modifié nos habitudes et nos comportements mais aussi notre manière d’entreprendre et de travailler. Accélérateur autant que frein, le confinement a chamboulé les entreprises et fait de 2020 une année pivot dans certains domaines. 

Le télétravail, testé et adopté par plusieurs milliers de salarié·e·s

Il aura fallu une pandémie pour que le télétravail – sollicité depuis des années par des salarié·e·s – devienne (presque) la norme pendant le confinement, obligatoire au printemps et fortement récommandé à l’automne. Joie pour les uns, complexité absolue pour les autres, sa mise en place du jour au lendemain n’a pas été une partie de plaisir pour toutes les entreprises. Manager sans public, à distance, est un défi de taille, qui plus est en temps de crise. Mais les entreprises ont fait preuve de résilience et malgré les difficultés, 83% des cadres souhaitent désormais poursuivre le télétravail à temps partiel selon une étude publiée par l’Apec en mi-décembre.

Cette pratique est également plébiscitée par un certain nombre de collaborateur·rice·s qui ont gagné du temps de sommeil, réduit leur stress ou simplement pu passer un peu plus de temps en famille. En ce sens, le télétravail a remis sur la table le bien-être des salariés, l’équilibre vie privée-vie pro.

« La question n’est pas de passer du jour au lendemain au full remote, il faut trouver un juste équilibre » , estime Yves Grandmontagne, président du Lab RH. « En dessous de 50% de présentiel, on risque de fragiliser la culture d’entreprise » . La problématique du télétravail est entrée dans les mœurs à tel point qu’un accord national interprofessionnel sur le sujet  a été approuvé par la majorité des organisations syndicales. Si cette pratique à temps complet ne deviendra pas la norme dans les années qui viennent, elle ouvre un grand débat autour du flex office. 

DRH et managers : la hiérarchie bousculée

Le télétravail et le confinement ont chamboulé les règles de l’entreprise. Comme l’explique Michael Stora, le télétravail a rebattu de nombreuses cartes, instaurant davantage d’horizontalité dans des relations habituellement très hiérarchisées et verticales. Nier ces changements serait contre-productif pour Harmony Roche, coordinatrice nationale du Lab’ATTF. Il faut « remettre de l’ordre en analysant les nouvelles méthodes qui sont apparues et en intégrant celles qui ont fonctionné » , conseille-t-elle.

Pour réussir à engager leurs équipes sur le long terme et conserver leurs talents, les entreprises vont devoir prendre davantage en compte leurs aspirations en répondant « aux besoins de liberté et de responsabilités des salariés et en laissant plus de place à l’intrapreneuriat et aux idées des collaborateurs et collaboratrices » , souligne Harmony Roche. Ou en leur donnant l’occasion de s’épanouir en se formant à d’autres disciplines par exemple. “Aborder le sujet de la formation n’est pas un luxe mais une nécessité pour réengager les salariés” et les faire monter en compétences rapidement, estime de son côté Philippe de Chevasnerie, fondateur de Papernest. Le secteur de la formation en ligne a d’ailleurs connu un grand boom qui ne devrait pas s’estomper en 2021 malgré l’arrivée d’un vaccin. Le confinement a permis de passer un cap et d’accélérer les prises de décision et le passage à des formations à distance et plus flexibles. 

L'obésité des GAFAM mobilise l'Union européenne

Si le confinement a mis à l’arrêt une partie des entreprises et de leur production, il a aussi boosté un certain nombre de secteurs, notamment dans la tech. Confinés chez eux, parfois au chômage partiel, les particuliers ont usé et abusé des réseaux sociaux – Yubo a connu une croissance incroyable – et de plateformes comme Netflix.

Pour continuer à travailler et collaborer avec leurs équipes, les managers ont dû passer aux échanges via Slack, Slite et surtout Zoom et aux réunions par Google Meet ou encore Zoom. Le chiffre d’affaires de cette dernière a d’ailleurs subi une envolée, passant de 90 millions de dollars au troisième trimestre 2019 à 777 milliards au 31 octobre 2020. Et ce, malgré des critiques sur ses nombreuses failles de sécurité. Les GAFAM ne sont pas en reste. Tous ont connu une croissance en 2020 et leur valorisation collective explose à 8000 milliards de dollars – contre 2000 milliards de dollars en 2015 – ce qui équivaut à trois fois le PIB français. 

Si l’année a été prolifique niveau croissance et chiffres pour ces géants, elle l’a également été du côté des réglementations mises en place pour les contrer. Si 2020 n’a pas vu naître une législation aussi forte que souhaitée par le gouvernement français, qui a tout de même commencé à collecter la taxe dite GAFA, la Commission européenne a élaboré deux textes, le digital services act et le digital market act pour limiter l’hégémonie des GAFAM et faire un peu de place aux pépites européennes. Les États-Unis aussi commencent à se lever contre les pratiques de Google ou de Facebook et à demander des comptes à leurs dirigeants, évoquant par la même occasion la possibilité d’un démantèlement qui reste encore peu probable à ce stade. 

L'État au chevet des entreprises

Dans une étude très récente, Legalstart révèle qu’un entrepreneur sur deux a envisagé de mettre la clé sous la porte en 2020. Face aux difficultés rencontrées par les sociétés françaises, le gouvernement n’a pas hésité à mettre la main aux portefeuilles pour élaborer un plan de sauvetage afin d’éviter les faillites et les licenciements en série. Plusieurs mesures ont été prises pour redonner un peu d’air aux entrepreneur·euse·s français·es.

Le Prêt garanti par l’État et le chômage partiel font partie des plus sollicitées par les entreprises. En juin dernier, près d’un quart des salarié·e·s du privé bénéficiaient du chômage partiel (environ 4,5 millions de personnes), leur évitant ainsi la case Pôle emploi.

« Le PGE a été une très bonne initiative dans cette situation d’urgence. Beaucoup d’entreprises que nous accompagnons ont pu en bénéficier » , concède Eva Sadoun même si « cela a dû être plus compliqué pour les startups car on ne fait pas un prêt comme on lève des fonds » . Si les investisseurs sont réapparus avec le printemps, il est vrai qu’ils ont quelque peu hiberné en mars et début avril. L’absence de rentabilité à court terme et le cash out des startups n’ont pas toujours joué en leur faveur. « Les entreprises résilientes, affichant une rentabilité ont été valorisées pendant cette crise » , poursuit la co-présidente du Mouves.

Elle reconnaît néanmoins que certains modèles nécessitent de gros investissements au départ pour une rentabilité plus tardive : « il ne faut pas non plus arrêter de financer l’innovation mais se tourner davantage vers des projets qui répondent à des enjeux écologiques et sociaux »Cette perfusion du gouvernement français n’est toujours pas terminée. Les mesures de chômage partiel et de soutien aux secteurs les plus sinistrés comme la restauration ou le tourisme vont se poursuivre en 2021 tandis que les indépendants craignent pour leur survie.

Malgré la multiplication des aides, l’État n’a pas pu empêcher les licenciements. Rien que depuis septembre, on décompte déjà 35 000 suppressions de poste dans l’Hexagone selon les données compilées par Trendeo pour le Monde.

La Tech For Good se structure

Au début du mois de décembre, à quelques jours de la fin de l’année, 75 entreprises ont signé une tribune aux côtés d’Emmanuel Macron dans laquelle elles s’engagent et appellent à « mettre la technologie au service du progrès humain » . Mais en réalité, derrière cette volonté affichée ne se cache aucune contrainte. « Je pense qu’il y a une prise de conscience, estime Eva Sadoun, mais leurs actes ne sont pas à la taille des enjeux. Des entreprises capitalisées plusieurs centaines de milliards de dollars dépensent moins de 50 millions pour répondre à ces problématiques » . Amazon s’est engagée à être zéro carbone d’ici 2030 mais passe sous silence le bien-être et les conditions de travail de ses salarié·e·s. Chaque société choisit ses combats et les délivre en éléments de langage. En réalité, « ces entreprises ne sont pas encore prêtes à repenser leur modèle d’hypercroissance et à mettre sur la table les investissements nécessaires pour développer des sociétés plus inclusives, respectueuses du droit du travail et moins polluantes » , poursuit-elle.  

Pour aider les entreprises à se positionner sur ces enjeux, prouver qu’une relance responsable est possible et renforcer le poids de l’ESS face à des syndicats comme le Medef, le Mouves a de son côté décidé de fusionner avec Tech For Good France. « Nous étions très dissouts jusqu’ici alors que l’économie classique est très fédérée. Il n’y a personne pour faire face à France Digitale et au Medef. Pour peser auprès des pouvoirs publics et développer de nouveaux marchés, nous avions besoin de nous structurer » , détaille Eva Sadoun. Autre fusion également actée, celle de Sista et de StartHer, bien décidées à faire entrer plus de femmes dans le milieu de la tech et à des postes hauts placés.

Deux nouvelles à noter cette année sur cette thématique : la requalification des anciens chauffeurs Uber en France en tant que salariés (pour ceux qui le souhaitent) et la mise en place du Parental Act, octroyant 4 semaines de congés paternité aux futurs papas. 

L’année qui vient de s’écouler a demandé aux entrepreneur·euse·s et aux salarié·e·s de relever de nombreux et lourds défis. Elle a aussi permis l’accélération de certains sujets et vu émerger une réelle prise de conscience sur les défis environnementaux, sociaux et sociétaux qui nous attendent.

Par

Anne Taffin

28 décembre 2020 / 09H00
mis à jour le 30 décembre 2020
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