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7 décembre 2020

Emmanuel Macron pousse l’Europe à réellement agir pour créer des alternatives aux GAFA

À l'occasion du rapport d'Atomico sur l'Etat de la Tech en Europe, qui sera dévoilé mardi 8 décembre, Emmanuel Macron prendra la parole pour appeler ses voisins à favoriser financièrement l'émergence de géants européens du numérique et pousser pour plus de diversité dans cet écosystème si homogène.

Chaque année, Atomico publie son fameux rapport State of European Tech sur les performances de la tech européenne. Le président de la République, Emmanuel Macron, va profiter de l’occasion pour dévoiler sa propre vision de l’avenir de cet écosystème européen si particulier dont il s’est fait l’un des chantres depuis 2017, jusqu’à voir sa formule de « startup nation » souvent détournée et moquée. Cette prise de parole interviendra dans le cadre d’un échange vidéo enregistré avec Niklas Zennström, fondateur d’Atomico et co-fondateur de Skype, qui sera diffusé ce mardi 8 décembre à 17h.  Maddyness peut d’ores et déjà vous dévoiler les grandes lignes de sa présentation, selon l’entourage du Président de la République.

La régulation des GAFA, un projet enfin porté par l’Europe 

Depuis son arrivée à la tête de l’État, Emmanuel Macron a toujours soutenu l’entrepreneuriat et la tech. Au cours de l’entretien donné à Niklas Zennström, le Président reviendra donc sur ce qui constitue les deux piliers de sa politique technologique depuis 2017, explique un proche de l’Elysée, à savoir « la régulation et l’émergence de leaders européens ». Vent debout pour faire payer les GAFAM, avec la taxe que Bercy commence à collecter, le gouvernement français tente depuis trois ans de convaincre ses voisins de le suivre dans cette bataille. La signature de l’Appel Tech for Good lancé en 2018 par plusieurs dizaines de structures (entreprises, associations, ONG) et la présentation le 15 décembre prochain des très attendus Digital Services Act et Digital Market Act, sont plutôt de bon augure pour Emmanuel Macron. Si cette approche vise à davantage sécuriser les utilisateurs·rices, elle n’est clairement pas un moteur pour faire émerger des leaders européens.  

Mi-septembre, Emmanuel Macron concédait ainsi que « la bataille du cloud était perdue ». Il n’imagine pas revivre une telle défaite. Les États-Unis ont les GAFA, les Chinois les BATX, l’Europe doit-elle se contenter de licornes et de scale-ups ?

Il est temps de passer à l’échelle 

Le message porté par Macron avec cette interview est donc un appel à agir. « Il faut donner une impulsion et la France souvent été précurseur dans les politiques publiques à pousser au niveau européen » , souligne l’entourage du Président. Le FrenchTech Bridge aurait ainsi inspiré nos voisins britanniques, allemands et hollandais. 

Mais c’est surtout une initiative comme le rapport Tibi qu’Emmanuel Macron souhaite voir éclore à l’échelle européenne afin de financer les opérations late-stage. Après plusieurs mois de discussion, le gouvernement a, en effet, réussi à récolter une enveloppe de 6 milliards d’euros apportés par de grands groupes d’assurance et le capital-risque pour investir dans les startups. L’autre point à régler pour faciliter le développement d’un marché tech européen est la réduction des « frottements réglementaires afin de créer un marché unique de la tech beaucoup plus fluide » . L’ouverture du BSPCE aux startups étrangères est un premier pas dans ce sens. Pour que cette ouverture soit effective, il faut qu’elle s’adresse à tous les secteurs frappés par la tech : la santé, l’agriculture…

Pour renforcer l’attractivité de la France, le président a décidé de donner une dimension européenne au Scale-Up Tour en le transformant en Scale-Up Europe. Le Président de la République devrait ainsi recevoir, le 4 mars prochain, plus de 200 entrepreneurs et investisseurs pour « discuter des solutions à mettre en oeuvre pour faire émerger des leaders de la tech en Europe et les pousser à investir en France » , détaille une source proche de l’Elysée qui prévoit également « quatre IPO d’ici 12 à 18 mois parmi les startups du Next40« . Reste à savoir de quelles entreprises s’agira-t-il — Believe fait partie des prétendantes pour une valorisation de 2 milliards d’euros — et si leur entrée en Bourse se fera à Paris ou ailleurs.

Infuser la culture startup et la tech for good auprès des jeunes

Innovant, résilient, flexible, le monde des startups fait aussi face à quelques écueils comme son manque de diversité. Le Président a déjà pris des engagements dans les zones prioritaires comme l’obligation de l’école à partir de trois ans ou le doublement des classes de primaire. Aujourd’hui, il est temps d’aller plus loin et d’infuser l’esprit entrepreneurial partout en France. « La tech est normalement un secteur où tout le monde peur apprendre seul, de chez lui » , soutient un proche de l’Elysée. Si les propos sont justes, les faits démontrent encore le contraire. En France, la culture du diplôme et des grandes écoles reste encore très prégnante auprès des entrepreneurs et entrepreneuses. « Il faut plus de role models » , prône ainsi l’Elysée pour pousser les jeunes, quelque soit leurs milieux, leurs couleurs de peaux, leurs niveaux d’étude ou leurs genres à postuler dans des startups comme développeurs mais aussi comme sales ou autres.

Enfin, Emmanuel Macron insistera sur le rôle de la tech dans la réduction de notre impact environnemental, avec le covoiturage ou les circuits courts par exemple…À la fois problème et solution, la tech a une réelle introspection à faire sur elle-même pour réussir à proposer des idées réellement responsables et durables.