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#MaddyREX Liquidation de stokkly : “une vraie plantade pour une vraie expérience de vie”

#MaddyREX :  Liquidation de stokkly : “une vraie plantade pour une vraie expérience de vie” Photo : Simson Petrol, Unsplash

Voilà stokkly c’est fini, presque ironique, le spécialiste de la liquidation (de stocks) qui part en liquidation (judiciaire). On pourra dire que nous sommes allés  au bout de notre concept ! Les raisons de l’arrêt de stokkly ? Simples. Limpides. Nous n’avons pas réussi le prochain tour de financement – la fameuse Series A pour les initiés – qui nous aurait permis de sortir du mode prototype et de mettre en place une tactique de go-to-market adéquate..

Avec Daniele et Laurent – on avait une vision : disrupter le marché du déstockage B2B, qui reste très archaïque dans son fonctionnement.

Pourtant nous avions réussi à cocher toutes les cases réclamées par les grands fonds qui ont regardé le dossier – taille du marché, besoin client, modèle économique, gestion rigoureuse, équipe – toutes à l’exception du niveau d’activité…

Traction oui mais avec beaucoup de patinage

Oui, on avait de la traction… mais seulement certains mois. On avait réussi notre premier pari, à savoir dépasser les 5 millions d’euros de stock disponible et des dizaines de milliers de références sur la plateforme. La réponse du marché côté fournisseurs a été hyper positive… Tout le monde rame pour revendre ses invendus, avec stokkly on apportait une vraie réponse.

Mais, malgré des paniers moyens très élevés, c’est un marché fait d’opportunités. Ceci rend les acheteurs plus volatiles et par conséquent nécessite de recruter toujours plus pour parvenir à lisser l’activité de mois en mois.

On ne va pas s’en prendre aux “autres”

Tout le monde a fait sa part de boulot, nos investisseurs en nous suivant aux limites de leurs possibilités, nos partenaires qui ont tous cru dans notre vision du marché et même notre banque qui a joué le jeu jusqu’au bout (c’est à souligner).

Un seul regret, ne pas avoir trouvé l’investisseur qui aurait eu la même vision que nous : Croire qu’il était possible de retourner un marché de plusieurs milliards de dollars.

“Think big, Start small”, on nous avait dit. Difficile de réécrire l’histoire. On s’est posé la question dans l’équipe et le débat est toujours ouvert. Fallait-il se focaliser sur  la rentabilité quitte à sacrifier le modèle et les ambitions futures ? Ou fallait-il au contraire lever plus d’argent et plus vite ?

La réponse n’est pas tranchée, cependant sur un marché valorisé à quelques dizaines de milliards de dollars, notre conviction est qu’il aurait fallu lever très très gros pour disrupter le marché de l’overstock B2B.

Et maintenant la suite

La suite de stokkly, nous y travaillons activement avec le liquidateur. On a vraiment bon espoir de trouver un repreneur. La plateforme, développée à partir d’une base Magento, est pleinement opérationnelle. Les bases de données sont là et 90% des erreurs ont déjà été faites… mais surtout les problématiques d’invendus sont toujours présentes. Donc oui on pense (on espère) qu’il y aura une suite pour stokkly car le dossier devrait être regardé par un certain nombre d’acteurs.

Une vraie plantade pour une vraie expérience de vie

Si j’ai une seul conseil à donner à tout futur entrepreneur c’est de se trouver de “vrais” associés et d’appliquer la théorie du “zero asshole”. En trois années de stokkly, avec mes deux “business partners”, on s’est serrés les coudes dans la tourmente, on s’est battus ensemble, on s’est plantés ensemble. Pas une seule engueulade en 3 ans. Un vrai esprit d’équipe.

Pour finir, je ne cacherai pas ma souffrance de voir le projet s’arrêter, surtout que nous aurons le regret de ne pas avoir tout tenté, mais je sais qu’on y a gagné une formidable expérience de vie.

Fin (de la saison 1 ?) (pour les invitations aux Failconf, c’est par là)

Mots clés : MaddyREX, Stokkly
  • Olivier Levy

    Vous êtes tous les deux de grands entrepeneurs pragmatiques. On va vous revoir arriver très vite, je n’ai (vraiment) aucun doute.

    • François-Xavier Morre

      Merci Olivier ! Entrepreneur un jour, entrepreneur toujours