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#Étude David avec Goliath, les startups devraient-elles s’appuyer sur les grands groupes ?

#Étude : David avec Goliath, les startups devraient-elles s’appuyer sur les grands groupes ?
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Bain & Company et Raise viennent de dévoiler une nouvelle étude sur les relations entre les grandes et les jeunes entreprises en France. Intitulée “David avec Goliath”, celle-ci a pour objectif d’approfondir les enseignements de leur première étude « Accompagner les Jeunes Entreprises de Croissance », publiée en 2015.


Cette nouvelle étude de Raise (société d’investissement et fonds de dotation) et Bain & Company (cabinet de conseil en management), basée sur 50 entretiens approfondis auprès d’une quarantaine de grandes entreprises françaises et groupes internationaux, et d’un sondage OpinionWay auprès de 126 fondateurs et dirigeants de startups qui ont eu ou qui ont des relations partenariales avec les grandes entreprises, fait le point sur les avantages et les inconvénients des partenariats entre grandes entreprises et startups.

Un rapprochement inévitable

Premier constat : les partenariats entre grandes et jeunes entreprises se sont multipliés ces dernières années. Une tendance qui fait écho à la hausse constante du nombre de jeunes pousses créées en France (320 000 par an, sur les cinq dernières années), dans tous les secteurs d’activités. Au final, toutes les grandes entreprises françaises du CAC 40 ont des partenariats avec les jeunes entreprises cette année.

Si les avantages de ces rapprochements sont nombreux pour les grandes entreprises (développement sur de nouveaux marchés, approcher de nouveaux clients, etc.), ils le sont également pour les startups qui profitent de financements, d’un accès à de nouveaux marchés, ou encore d’un gain de notoriété.

« Le principal intérêt de ces investissements est l’effet de levier : en achetant seulement 10% d’une entreprise, nous avons accès à 100% de ses compétences et de sa technologie. Cela coûte donc 10 fois moins cher et prend souvent moins de temps que de développer soi-même » , explique le directeur d’un fonds de Corporate Venture d’un industriel du CAC 40.

Ainsi, les alliances seront différentes selon les objectifs de chacun, mais également l’âge de la startup. Une jeune pousse en phase de création privilégiera plutôt des initiatives RH tandis qu’une autre, plus avancée, préfèrera des partenariats commerciaux.

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La France encore en retard

Si les entreprises françaises commencent à comprendre l’importante de telles alliances, elles sont encore bien loin derrière leurs homologues américaines. L’étude explique ainsi que sur les 40 plus grandes capitalisations boursières des deux pays, le nombre d’entreprises qui ont des fonds de corporate venture en propre serait plus de deux fois supérieur aux États-Unis qu’en France.

Les montants d’investissements du corporate venture sont, de leur côté, 24 fois plus élevés aux États-Unis qu’en France, avec 6,9 milliards d’euros pour le premier, contre 0,3 milliards pour le second en 2015. Une différence impressionnante, puisque le PIB des États-Unis est seulement 7 fois supérieur à celui de la France.

Une différence qui s’expliquerait pas le manque de maturité de certains groupes français sur le sujet. Seules 15% des entreprises interrogées auraient ainsi une expérience importante des partenariats avec les jeunes entreprises, qui s’inscrit dans leur stratégie. Parmi ces entreprises impliquées, on retrouve Total avec “l’usine 4.0” ou encore Orange avec son “Orange Fab”.

« Les relations entre grandes et jeunes entreprises progressent, mais il faut passer à l’étape d’après. Ce n’est pas l’hébergement de startups qui va créer de la valeur : il faut prendre des participations ou faire des acquisitions » , déclare Paul-François Fournier, Directeur exécutif de l’innovation de Bpifrance

Les jeunes pousses, de leur côté, manquent de confiance vis-à-vis des grands groupes. Si 20% d’entre elles recommanderaient très fortement une alliance avec une grande entreprise, une autre part (10 à 30% selon le seuil retenu) ne le feraient pas en raison d’une mauvaise expérience de partenariat. En cause : un échec, un déséquilibre entre les deux parties, une lenteur dans les procédures ou encore l’importance de l’investissement requis.

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Les clés de la réussite

Enfin, Raise et Bain & Company précisent qu’il n’existe pas de recette miracle pour qu’un partenariat entre une grande entreprise et une startup soit un succès. Certains facteurs, cependant, peuvent faire pencher la balance :

  • Adopter une approche stratégique, en pensant sur le long terme et en acceptant un niveau de risques parfois élevé.
  • Définir des objectifs précis et mettre en place des outils de suivi, en trouvant avant tout des partenariats adaptés, et en visant des résultats atteignables.
  • Etablir une gouvernance lisible et efficace et créer une communauté de « startup champions », en communiquant d’avantage sur le calendrier mis en place, sur les différents projets, et en établissant une proximité entre les intervenants.
  • Mettre en place des structures dédiées et une approche adaptée de gestion du risque et de l’innovation, en multipliant par exemple les expérimentations, en encourageant la prise de risque par les différentes équipes dépêchées, ou encore en externalisant certaines équipes afin de protéger leur indépendance.

 

Crédit photo : Shutterstock