Retour en haut
Entrepreneurs

#Argonaute Veronique Di Benedetto, une vision de l’entrepreneuriat solidaire

#Argonaute : Veronique Di Benedetto, une vision de l’entrepreneuriat solidaire
par

Vice-présidente France d’Econocom, présidente de Femmes du numérique, Véronique Di Benedetto fait aujourd’hui figure de véritable pionnière dans le secteur digital. Elle nous raconte son parcours, et expose ses ambitions pour 2016.


A 55 ans, Véronique Di Benedetto ne ménage pas son implication dans le monde numérique. Vice-présidente France d’Econocom et présidente de Femmes du numérique, elle s’engage également à mettre en avant les femmes et les jeunes dans le secteur. Son crédo : aider les autres à grandir pour s’élever soi-même.

Le numérique comme une évidence

Dès la fin de ses études, déjà, véronique Di Benedetto se tourne vers l’économie numérique en intégrant IBM. Une expérience formidable appuyée d’une excellente formation, comme elle l’a décrit, qui la poussera en 1985 à créer sa première entreprise IT. A cette même époque, elle part quelques mois en Inde comme bénévole pour le développement et le suivi de parrainages et de projets dans le centre de fin de vie de Mère Teresa. Elle s’y forge alors l’idée d’un business très intégré, avec le modèle des 3P : Profit, People, Planète.”

Le profil économique (profit) est indispensable puisqu’il est celui qui permet à l’entreprise d’être perenne, c’est le moteur qui alimente la machine. Il permet d’embaucher, de créer de nouvelles offres. Le profil social (planète) représente quant à lui l’impact qu’à l’entreprise sur la société, par exemple par sa manière de réduire son empreinte énergétique ou d’être plus inclusive. Le troisième volet (people), représente la façon dont l’entreprise fait grandir les gens autour de soi, ses collaborateurs et indirectement tout l’écosystème qui gravite autour.

“Ça a influencé cette vision très business que j’avais avant, je suis devenue beaucoup plus inclusive et globale, et ça en dégage du positif. J’ai construit ma carrière avec cette vision”.

Au début des années 90, elle intègre le groupe ECS, racheté depuis par Econocom. Elle y évolue alors en occupant plusieurs positions, de commerciale à la direction de la même branche, jusqu’à la direction générale, en 2009. Le groupe, spécialiste de la transformation digitale, regroupe aujourd’hui 9000 collaborateurs en Europe dont 6000 en France.

“Je ne me suis jamais posé de questions tout au long de ma carrière, j’ai demandé quand j’étais intéressée, j’ai pris des positions par rapport à des postes qui me plaisaient. Il faut aller chercher ce que l’on veut”.

Un engagement pour les femmes et les jeunes

Alors qu’elle intègre le conseil d’administration du Syntec Numérique, Veronique Di Benedetto prend conscience qu’il y a peu de femmes dans le secteur. Elle entre alors dans la commission Femmes du Numérique, créée en 2011 afin de valoriser les métiers et l’attractivité de la profession auprès des jeunes femmes et de promouvoir l’égalité entre femmes et hommes dans le numérique. Un engagement qui lui aura valu de remporter le prix « la Tribune Women’s Award » dans la catégorie Techno & Médias.

“Mon crédo, c’est que demain tout le monde puisse avoir une composante techno et à la fois business et créative. Il faudra savoir jouer avec le digital, s’intéresser aux objets connectés, s’intéresser à toutes les composantes du digital, alors que les femmes malheureusement se désintéressent de tout ça. Il faut absolument qu’elles soient présentes dans cet écosystème”.

Une évolution qui va passer par l’éducation des jeunes au numérique et au milieu entrepreneurial, le plus tôt possible. Pour Véronique Di Benedetto, les jeunes doivent impérativement être embarqués dans le système numérique, et doivent comprendre ce que veut dire le mot entreprise.

“Aujourd’hui je vais témoigner dans des classes, et je suis assez surprise de voir le peu de connaissances que les jeunes ont de l’entreprise, qui a plutôt une image négative et qui fait un peu peur, ce que je peux entendre. Mais il y a quand même dans le milieu entrepreneurial une capacité à dégager des énergies positives, à travailler autour de projets communs et à participer à la construction de la vie économique qui est quand même nécessaire”.

En d’autres termes, plus l’éducation au numérique démarrera tôt, plus le sujet sera démystifié, notamment chez les femmes. Il faut que les jeunes aient une culture entrepreneuriale très tôt, afin de comprendre ce que représente le fait d’être porteur de projets.

Des projets entrepreneuriaux dans les cartons

Outre sa place de présidente de Femmes du Numérique, Véronique Di Benedetto devient alors membre du conseil d’administration de Passerelles numériques, qui offre à des jeunes défavorisés d’Asie du Sud-Est un accès à des formations tech. Plus récemment, elle s’est engagée à participer à la journée nationale du « RDV des Jeunes », qui propose aux adolescents et jeunes adultes de rencontrer des acteurs du monde du travail, sur le terrain.

Mais aujourd’hui, un nouveau tournant de sa vie est en train de se jouer. La directrice générale d’Econocom projette de se relancer cette année dans l’aventure entrepreneuriale, mais côté usager cette fois. Au programme : des sujets B2C autour de l’éducation et de la culture, qui vont être profondément bouleversés par le numérique. Si elle ne nous en dit pas plus pour le moment, elle partage cependant avec plaisir son secret de réussite : voir grand pour soi et pour les autres, et construire sur la confiance.

“Je donne assez facilement ma confiance, et ça m’a toujours porté chance. Evidemment, j’ai eu des déboires vis à vis de ça, mais j’ai beaucoup plus gagné avec cette philosophie que perdu”.