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Idée Business

#IoT B-Sensory, la première application d’ouvrages érotiques connectée à un sex-toy

#IoT : B-Sensory, la première application d’ouvrages érotiques connectée à un sex-toy
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C’est grâce au boom des objets connectés, à la banalisation de l’usage des sextoys et au succès croissant des livres érotiques que Christel Le Coq a eu l’idée de mixer les trois pour créer B-Sensory. Ce qui en fait la première application de lecture d’ouvrages érotiques connectée à un sextoy. Son projet à séduit le jury du Web2day en juin dernier, qui lui a décerné le prix du crowdfunding. La créatrice de B-Sensory a accepté de se confier sur l’origine de son projet et de nous en dire un peu plus sur ce secteur d’avenir. 


A première vue, se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en s’intéressant à l’érotisme peut paraître futile, voire risqué. Pourtant, le potentiel est considérable lorsque l’on sait que le marché des sextoys est estimé à 22 milliards de dollars, que l’on prévoit 50 milliards d’objets connectés et que l’on connaît le succès aujourd’hui du best-seller “Fifty Shades of Grey”. Livre qui s’est écoulé à plus de 50 millions d’exemplaires et a séduit de nombreux femmes et hommes à travers le monde!

La startup naissante a déjà un bel avenir devant elle puisque B.Sensory soutient la candidature Brest Tech et participera au Startup Contest de la première édition du Web West Festival qui se déroulera les 17 et 18 juillet prochains pendant les Vieilles Charrues.

Une campagne de crowdfunding est d’ailleurs prévue pour avant la fin de l’année dans l’optique de pré-vendre la première série de coffrets. Si tout fonctionne comme prévu, l’équipe aura besoin de trouver des investisseurs pour produire des séries plus importantes, les commercialiser, communiquer à plus grande échelle, intégrer de nouveaux services dans l’application et entamer l’internationalisation du service.

5 questions à Christel LeCoq, la fondatrice de B-Sensory

Comment vous est venue l’idée de relier le marché des objets connectés à celui des sex-toys ?

En 2009 je me suis associée à Sophie Deniel créatrice de bookBeo. Son idée était d’intégrer des contenus vivant dans les livres. Nous avons beaucoup travaillé sur les nouveaux usages de lecture, de découverte, de partage, liés aux mobiles, aux liens entre le réel et le virtuel. En 2012, nous avons publié la première BD coquine imprimée/animée “Samedi soir, Dimanche matin”. Cette expérience m’a donné envie d’aller plus loin dans la “coquinerie” et le développement des interactions “physiques” avec les livres. Je me suis alors intéressée au cybersexe, aux recherches menées sur les interfaces haptiques, sur les livres sensoriels… La connexion textes érotiques/sex-toys est alors devenue évidente.

Quel est votre business model ?

Mon business model est basé sur la commercialisation d’une gamme de sex-toys et mais surtout sur la vente des contenus et services proposés dans l’application B.Sensory. L’idée est aussi de revendre notre techno sous forme de licences pour que d’autres fabricants d’objets ou de vêtements rendent leurs produits “vibrants”.

Est-ce que vous pensez que l’érotisme est un secteur prometteur pour les entrepreneurs qui voudraient tenter l’aventure ?

J’en suis persuadée, mais tant que je n’ai pas réussi, je ne peux rien dire ! Le projet B.Sensory reçoit un très bon accueil de la part des journalistes, des auteurs, du public rencontré lors de nos présentations au NUMA ou au Web2day mais, pour être honnête, le mot “sex-toy” bloque parfois certains interlocuteurs institutionnels ou financiers. Tous savent que le projet a un fort potentiel de développement mais ce n’est pas politiquement correct de soutenir, aider, financer un projet “érotique”. Alors j’imagine que pour des projets qui vont au-delà des livres coquins connectés l’aventure peut rapidement devenir très compliquée !

Quels conseil pourriez-vous leur donner pour ne pas tomber dans le cliché du “porno vulgaire” ?

Aucun ! André Breton a écrit “la pornographie, c’est l’érotisme des autres”. Ce qui est “soft” pour certains, peut s’avérer déjà très “hot” voir “hard” pour d’autres. Personnellement, j’aime la définition qui dit que la pornographie se définit par ce qui est montré, tandis que l’érotisme se définit par ce qui est ressenti. Ce qui explique en grande partie le fort potentiel érotique des mots qui stimulent notre imagination !

En tant que femme et en tant qu’entrepreneuse, quelle a été votre plus grande difficulté ?

Je pense sincèrement qu’être une femme est un avantage pour porter ce projet ! En 2009, au démarrage de bookBeo, j’ai parfois eu l’impression que certains interlocuteurs auraient préféré discuter avec un ingénieur du potentiel des QR Codes, des applications mobiles… Ils pensaient – souvent à tort – “techno” et pas “usages”. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, le marché a mûri et sans doute moi aussi ! Reste à affronter les mêmes difficultés que tous les entrepreneurs, avec en prime la partie “objets” qui est particulièrement complexe à gérer.

Mots clés : b-sensory, iot