Retour en haut
Finance

#FinTech Comment Natixis va s’offrir la startup PayPlug et restructurer ses activités

#FinTech : Comment Natixis va s’offrir la startup PayPlug et restructurer ses activités Antoine Grimaud, cofondateur de PayPlug
par

Natixis, banque de financement, de gestion et de services financiers du groupe BPCE, est entrée en négociations avec la FinTech PayPlug. Un rachat qui se fera pour un montant encore inconnu. 

Depuis le début de l’année, la jeune startup PayPlug et la banque Natixis, du groupe BPCE, sont en pourparlers en vue d’un rachat. À l’issue des négociations, les fondateurs conserveraient une partie minoritaire du capital ainsi que la direction opérationnelle. Qu’est-ce qui a motivé une telle discussion ? Selon Antoine Grimaud, qui a confondé PayPlug en 2012 aux côtés de Camille Tyan, ce rachat est possible car les deux parties ont la même compréhension de leur secteur. “Nous partageons la même lecture du marché au sens où nous pensons que le monde du paiement en ligne est en train d’être désintermédié, avec des solutions comme Stripe ou PayPlug”, explique-t-il à Maddyness.

Depuis sa création, PayPlug est devenu un acteur majeur de cette tendance à “désintermédier” le paiement en ligne. La startup développe une solution de paiement en ligne destinée aux e-commerçants et qui intègre une palette d’outils servant à augmenter les ventes en ligne. La solution PayPlug sert également à sécuriser les transactions grâce à une technologie de prédiction de fraude basée sur le machine learning. Conscient du potentiel de la fintech, qui a été agréée Établissement de Paiement européen, il a semblé pertinent à Natixis d’envisager un partenariat. De plus, les PME sont d’un intérêt stratégique primordial pour le groupe BPCE.

Si Natixis deviendra bien actionnaire majoritaire de PayPlug, il n’est pas question de fondre la startup au sein du groupe financier. Lors d’un tel rachat, on peut en effet craindre que la culture d’entreprise d’une startup ou PME s’efface au profit de celle du grand groupe, plus traditionnel. Il n’en sera rien. “Je suis très confiant. Nous allons garder nos locaux, notre style vestimentaire, nos apéros, nos babyfoots… tout ce qui fait la culture de la vie de tous les jours chez PayPlug”, confie Antoine Grimaud. Le cofondateur de PayPlug insiste sur la “survie” de son entreprise, qui gardera son identité distincte.

Nous sommes respectueux de l’ADN agile des startups et des hommes et femmes qui la composent, c’est une approche qui a fait ses preuves au sein de notre groupe avec S’Money et ses filiales. En matière d’engagement, les fondateurs de PayPlug conserveraient une partie du capital et la direction opérationnelle à l’issue de la transaction. Mais le plus important est l’alignement d’intérêts pour le développement de PayPlug

Catherine Fournier, directrice générale de Natixis Payment Solutions

payplug

Ces négociations vont à terme permettre à Payplug de se développer. En effet, en plus de la prise de participation majoritaire, Natixis prévoit d’injecter 7 millions d’euros dans la fintech. Déjà présent en Espagne et en Italie, PayPlug souhaite continuer son développement à l’international et étoffer son équipe.

” Nous sommes heureux de cette opération qui se construit. Notre ambition pour 2017 est de poursuivre notre développement en Europe, ce pourquoi nous allons recruter de nouveaux collaborateurs 

Antoine Grimaud

Ce projet illustre la forte volonté du groupe BPCE et de Natixis d’investir significativement dans un domaine en pleine transformation et en particulier d’être le partenaire de FinTechs innovantes. Catherine Fournier explique que “le paiement en ligne est une composante clé pour adresser le développement du commerce avec de nouvelles offres digitales, d’où notre intérêt pour Payplug dont la solution de paiement en ligne de nouvelle génération pour les e-commerçants intègre une gamme d’outils permettant de démarrer facilement une activité de paiement, d’augmenter les ventes en ligne, mais aussi de sécuriser les transactions grâce à une technologie de prédiction de fraude basée sur le machine learning”.

En effet, Natixis poursuit une stratégie de renforcement de son offre sur les métiers d’acceptation du paiement en ligne. La banque a pour projet de constituer une ligne de métier Paiements au sein du groupe BPCE. Ainsi, S-Money, filiale de BPCE, qui a racheté lepotcommun.fr, Depopass et e-cotiz, va être déplacé dans Natixis comme PayPlug. Au terme de cette opération, Natixis regroupera autour de Natixis Payment Solutions l’ensemble des activités de paiement du groupe y compris Natixis Intertitres.