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#Tribune Et si on arrêtait d’associer la réussite d’une startup au montant de ses levées de fonds ?

#Tribune : Et si on arrêtait d’associer la réussite d’une startup au montant de ses levées de fonds ?
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Faute de chiffre d’affaires, le développement des startups se mesure de plus en plus au montant de leurs levées de fonds. S’ils sont un indicateur de la confiance des investisseurs, ces tours de tables ne prédisent en rien du succès des jeunes pousses. Pire, ils les empêcheraient de se concentrer sur le seul objectif qui vaille : la rentabilité.

J’ai commencé à travailler à la création de ma première entreprise à l’âge de 19 ans. À l’époque, je voulais créer des logiciels ludiques et éducatifs sur Macintosh, qui venait d’apparaître… On était en 1986. Il y avait déjà pas mal d’aides pour encourager la création d’entreprise, mais on ne parlait pas de levée de fonds.

Depuis l’avènement du web et du digital, les choses ont diablement changé ! Le rêve américain de la réussite “en millions de dollars” a débarqué en France. Aujourd’hui, bon nombre de jeunes diplômés rêvent de devenir de futurs GAFA ou leurs petits frères, parfois avec des concepts économiques qui sont de l’ordre du fantasme digital…

Le complexe de la licorne

Pour faire rêver, certaines personnes pensent qu’il faut absolument parler de millions et si possible de futurs milliards… Les journalistes économiques par exemple. Pour ces startups de rêve, des licornes potentielles, on ne peut évidemment pas parler de millions de CA (elles ne vendent encore rien, la plupart du temps). Alors on parle de millions levés ! Comme si c’était une réussite extraordinaire ! En fait, on se gargarise de leur capacité à dépenser plein d’argent.

Quelque chose sonne faux dans cet émerveillement pour les levées de fonds réussies. Je trouve même qu’il y a un côté malsain dans cette idée que l’argent peut tout acheter, y compris “le temps”, et qu’il suffit de mettre plein de sous pour se développer vite et prendre la place de leader. Et c’est comme si la seule chose qui comptait vraiment était de devenir une licorne ! Une startup qui n’y parviendrait pas serait comme cet homme de 50 ans qui n’a pas de Rolex (spéciale dédicace à Jacques Séguéla). Elle aurait “raté sa vie” ?

Dépenser plus pour gagner plus

Evidemment, l’écueil principal qui attend ces startups, ou plutôt l’éternel problème, dans toute entreprise, ce sont les individus. Devoir recruter en quelques mois toute une équipe, à la fois au niveau R&D, production, marketing, encadrement, alors que l’on était seulement un ou deux fondateurs au départ, c’est déjà une tâche extrêmement risquée. Mais elle est rendue encore plus compliquée par le fait que l’argent qui coule à flot a tendance à attirer des profils qui, comment dire, ne sont pas les meilleurs !

Comme les artistes. Ils ont la fâcheuse habitude d’attirer des personnalités “vampires” qui tentent de récupérer à leur profit un peu d’admiration que l’artiste génère ; admiration qu’ils seraient incapables de susciter eux-mêmes ! Il en va souvent de même avec ces brillants entrepreneurs qui viennent de boucler une grosse levée de fonds.

Le recrutement très rapide est dangereux. Plus on va vite lors de l’embauche des 50 premiers staffs, plus on risque de faire des erreurs qui coûtent très cher. De mon point de vue, la majorité des échecs sont dus à de mauvaises associations, un mauvais management, et au final un mauvais recrutement. À condition bien entendu que l’idée de départ soit viable et le fondateur compétent.

Uber, un modèle économique basé sur le dopage de la croissance

Ce qui me dérange, avec ces grosses levées de fonds, c’est cette idée que gâcher de l’argent, ce n’est pas grave. Une startup qui a levé des millions “a le droit” de faire pleins de pertes aujourd’hui… du moment que l’espoir est immense pour demain. Prenez un jeune diplômé, même super brillant, qui se retrouve à la tête d’une montagne d’euros, parce que des capital risqueurs (les fameux VCs) lui font grassement confiance. Il se trouve alors dans l’obligation de “cramer” rapidement son argent. C’est une très mauvaise leçon de gestion pour un jeune entrepreneur !

J’aime le bon sens qui dit que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Et les grandes rivières, qui font des fleuves. Ou pour le dire autrement, il est nécessaire d’établir les fondations avant de mettre le toit. L’espèce de frénésie, reliée à cette idée que l’on doit foncer sachant que parfois la rentabilité n’est même pas assurée, est illogique et irrationnelle d’un point de vue économique. C’est aussi très irresponsable de repousser “toujours plus tard” la résolution de problèmes.

Le modèle emblématique de ce style de gestion, c’est Uber, dont les pertes colossales, chaque semestre, sont expliquées (justifiées en fait) par ceux qui ne veulent pas perdre tout ce qu’ils ont déjà investi ! D’un point de vue business, il me semble évident que Uber va finir par une grosse faillite. Les paris sont ouverts…

Garder les pieds sur terre

Et si on arrêtait de jeter de la poudre aux yeux des entrepreneurs ? Et si on se libérait du complexe de la licorne ? J’ai de nombreux exemples en tête. Take Eat Easy, qui a fait faillite après avoir levé 16 millions d’euros. Save, placé en redressement judiciaire après avoir levé 15 millions d’euros. Damien Morin, le fondateur, a d’ailleurs reconnu le manque de gestion hallucinant dont sa boîte a fait les frais. Ils ne savaient même pas s’ils étaient rentables ou non et fonçaient en avant, le portefeuille grand ouvert !

À relire : Le destin de Take Eat Easy pourrait-il devenir la norme ?

Dans les coulisses des grandes levées de fonds se cachent des milliers d’entrepreneurs, qui ont peut-être moins le goût des paillettes, mais qui gardent les pieds sur terre. Ceux-là savent ce que valent 1 000 euros gagnés à la sueur de leur front. Christophe Raynaud, le directeur d’ISAI (et ancien entrepreneur) expliquait lors d’une intervention : « Si vous n’êtes pas capables de vous lancer avec rien ou avec 1 euro, et avec 1 euro de trouver une méthode pour en faire 10 euros, à quoi ça sert qu’on vous donne un million d’euros ? »

Je me suis toujours raccroché à une règle en économie. C’est celle qui m’a accompagné dans la création de quatre sociétés. C’est peut-être la seule règle à véritablement connaître et respecter : les dépenses doivent être inférieures aux revenus si l’on veut générer du profit.

Depuis 30 ans, dans mon parcours d’entrepreneur, je n’ai jamais fait de grosse levée de fonds. Je reconnais que je n’ai pas créé de Google ou de Twitter. Certes, les 3 ou 4 millions d’entrepreneurs français ont besoin de rêver et de modèles de réussite. Mais on pourrait parler plus souvent de ces nombreuses PME qui génèrent du profit et qui grandissent grâce à leurs propres efforts, sans vendre leur âme au diable.

Ma vision

Pour moi, une entreprise qui réussit, c’est un bon fondateur, une bonne idée et une bonne équipe. La définition d’une équipe, c’est un ensemble de gens coordonnés autour d’un but commun. Et le but commun, ce n’est PAS de lever des millions !

Notre richesse en France est en fait générée par le génie, le travail et la persévérance de milliers de “petits” entrepreneurs qui réussissent à créer des boîtes rentables dès leur création. Ils se développent avec peu de moyens, en proposant un bon produit qui génère des profits. Ce sont eux qui créent des emplois pérennes dans notre pays. Il y en a mille fois plus que ces startups aux alouettes qui passent leur temps à lever des fonds…

  • http://sellsy.com Alain Mevellec

    Merci de cette intervention, mais elle ouvre pas mal de portes déjà largement ouvertes. “les dépenses doivent être inférieures aux revenus si l’on veut générer du profit” > je pense qu’on le sait tous déjà. En tout cas ceux qui ne le savent pass sont mal partis 😉

    • http://www.videotelling.fr/ Denis Fages

      C’est justement les fondements qui ne sont pas en place ! Quand on voit à quel point les politiciens fixent de mauvaises cibles ! J’en veux pour exemple toutes les polémiques sur faut-il ou ne faut-il pas essayer d’atteindre un déficit de 3% ? Là ou toute personne censée aurait comme objectif de créer un bénéfice ou, au pire, 0% et non pas avoir comme (mauvais) objectif de creuser davantage le déficit alors que le premier poste de dépense de l’état est le remboursement des INTERETS de la dette ! Oui, je maintiens que la gestion, toute gestion, suppose de TOUJOURS gagner plus qu’on ne dépense. Les levées de fonds permettent de s’écarter complètement de ce fondement et c’est justement cela la grosse erreur.

  • RateAndGo

    Tres bonne tribine. Merci. Nous partageons pleinement votre analyse ; 2 remarques complémentaires. Nous sommes au coeur d’une période de rupture portée par un coût de l’argent incroyablement faible permettant des investissements importants qui autorise ces anomalies. Cela ne durera pas et les bonnes règles de gestion, le bon sens, redeviendront les fondamentaux de la gestion d’une entreprise.
    La deuxième porte sur le flot médiatique des levées qui peuvent détourner de l’essentiel les jeunes entrepreneurs. Pourquoi la politique éditoriale de Maddyness, des Échos entrepreneurs et autres journaux et magazines spécialisés donnent ils autant d’importance à ce qui ne reste pour l’entreprise qu’un moyen de financement ?

    • http://www.videotelling.fr/ Denis Fages

      Merci.
      Je pense justement que les journalistes, appliquent malheureusement une (mauvaise) recette qui dit que pour tout bon article il doit y avoir : Argent + Célébrité + Controverse + Sexe (Les 4 cavaliers de l’audimat…) Donc “levée de fonds” plus “startup qui devient une célébrité” ca en fait déja 2…

  • Philippe Lachaise

    Une licorne doit être un monopole de fait. Le monopole n’est pas forcément mauvais car il dispense de dépenser toutes ses ressources en lutte concurrentielle, de s’épuiser à prouver qu’on “lave plus blanc” que l’autre au lieu de créer de la valeur. Devenir une licorne sur une échelle de temps humaine suppose une croissance fulgurante qui ne peut pas s’accommoder d’une gestion en bon père de famille. Vu comme ça, la licorne, gourmande en capital, n’est pas qu’un miroir aux alouettes, c’est juste le mécanisme qui permet d’apporter au monde un service vite indispensable dont on n’avait même pas rêvé encore peu avant. Si Uber tend à devenir modèle de la licorne noire, je proposerai AirBnb comme modèle de réussite.

  • Maxime Blanc

    rigolo que ce post plein de bon sens se lise sur Maddyness, dont l’activité principale consiste précisément à relayer les annonces de levées de fond de start up, à en faire des classements, des palmarès. Ce que dénonce cet post, Maddyness en est le principal artisan, c’est même son fond de commerce !

    • http://www.videotelling.fr/ Mathias

      Cher Maxime, vous oubliez que BMF TV, Les échos business, Challenge, Frenchweb, Usine digitale…font la même chose. Je trouve ça un peu extrême de dire que Maddyness “est le principal artisan”.

      • Maxime Blanc

        ok pour dire qu’il aurait fallu écrire “un artisan”. La plupart des médias qui parlent de start up (print ou on line) fonctionne selon ce même mode. D’un point de vue journaliste, c’est facile, pas cher et ça rapporte. D’un coté, il suffit de reprendre les chiffres des communiqués de presse, d’enrober d’un petit texte de 500 signes et de rajouter un visuel. Un article = 30mn de travail maxi. De l’autre, c’est ce que les lecteurs veulent lire : de belles histoires qui vendent du rêve

        • http://www.videotelling.fr/ Mathias

          Très juste, Maxime. Donc finalement, on est un peu complice 😉
          Il est vrai qu’on désespère d’avoir des médias plus responsables avec une vrai démarche pédagogique.

  • http://www.velobook.net/ Patrick Dupuis

    Parfaitement d’accord.
    D’ailleurs cher Maddyness, ne participez-vous pas chaque jour à la glorification de la levée de fond de nos chères (à tous les points de vue !) startups?

  • fanta Sim

    “Une startup qui n’y parviendrait pas serait comme cet homme de 50 ans qui n’a pas de Rolex (spéciale dédicace à Jacques Séguéla). Elle aurait “raté sa vie” ?”

    La comparaison n’a absolument rien à voir.

    • http://www.videotelling.fr/ Denis Fages

      Je suis d’accord que c’est exagéré mais dans le monde des startuppers, pour résumer : Lever des fonds = réussite, Ne pas lever de fond = être un looser… D’ou la conparaison :)

  • http://www.cogiteo.net Michel Cezon

    Merci Denis de remettre les choses à leur juste place. La raison d’être de l’entreprise est de servir ses clients bien avant de courir après les levées de fonds. Une croissance rapide et souvent vide de sens … pourquoi ? Comment y associer une équipe ? Aligner la raison d’être de l’équipe avec les propositions de valeur de l’entreprise, qui on est avec ce que l’on vend, permet de retrouver le sens. Un outil pour aider dans cette réflexion : http://www.startupfoundercanvas.com

    Cordialement,

  • Pierre G

    C’est un article très bien écrit mais trompeur.
    Celui ci laisse penser que les startups lèvent de l’argent sans n’avoir rien prouvé. C’est faux.
    De plus la levée n’est qu’un accélérateur de croissance mais elle ne creuse pas forcément l’écart entre les dépenses et le profit sur le long terme. Elle permet simplement de passer les caps plus rapidement.
    À propos d’Uber, l’auteur semble avoir négligé les moyens financiers nécessairent à l’effet de réseau qu’ils ont mis en place.

    • http://www.videotelling.fr/ Denis Fages

      Bien entendu que tous les investisseurs ne sont pas stupides a miser sur des doux réveurs. Mais combien de fois j’ai lu que le but était d’engranger un grand nombre “d’utilisateurs” et on verra ensuite pour le business model, comme-ci ce dernier n’était que secondaire et qu’il suffisait d’avoir pleins d’utilisateur gratuits pour valoir des millions. C’est cet équation que je dénonce. 1 milliard de fois zéro, cela fait zéro. Quand à UBER… Je suis conscient de la marque qu’ils ont créé et des efforts necessaires pour y parvenir (et de la valeur que cela à d’être le N°1 sur son créneau…) Mais je réitère mon pari = > Une énorme bulle, sans parler de l’énorme arnaque a avoir fait croire qu’il donnait (généreusement) du travail à des millions de pauvres gens pour arrondir leur fin de mois, alors que le but est d’avoir de la main d’œuvre pas cher, border line, pour ne pas payer de charges et que le but sera de s’en débarrasser dès que les voitures autonome seront dispo…

      • Pierre G

        On est d’accord mais c’est dommage alors que l’article considère cela comme une majorité et non une minorité alors que ce n’est même pas votre point de vue.

        D’ailleurs parmi cette minorité, il s’agit encore d’une sous minorité qui arrive à levée de l’argent avec ce discours car il faut déjà avoir la croissance du nombre d’utilisateurs avec 0€ et ce n’est pas si facile de prendre du temps d’attention des internautes.
        Au final je pense que votre article représente maximum 5% des levées et du coup je trouve cet article trompeur pour les non initiés

  • XB

    Très bien de rappeler cela, je suis tout à fait d’accord, cela me fait rire d’entendre ces millions investis sans avoir de rentabilité dans le business model… En effet cela peut permettre de gagner du temps mais en attendant l’entreprise fait courir de gros risques à ses employés car à trop s’endetter ça ne peut que mal finir… Depuis le temps que je le dis, la deuxième bulle internet arrive et va faire très très mal à ces fameuses licornes. Je suis pragmatique et le bon sens est davantage de développer sa PME en fonction de ses moyens, grâce aux bénéfices réalisés et donc un business model testé et éprouvé…

  • Charles Gal

    Excellente intervention et bravo à son auteur. Gagner plus d’argent qu’en dépenser, telle est la vocation d’une entreprise. Mais derrière les paillettes des levées de fonds, ce principe élémentaire tend à être oublié. Combien de start-up qui ont levé des fonds depuis 5 ans sont rentables aujourd’hui ? Combien arrivent désormais à ne plus vivre sans attendre la prochaine perfusion ? Lever des fonds veut dire convaincre un investisseur. C’est bien. Mais c’est le client qui in fine fera vivre une entreprise.

  • William

    Et pourquoi mettre les deux en opposition ? Pourquoi ne pas faire des bons produits qui en plus d’une levée de fonds aurait une capacité de déploiement hyper forte ? Cela fait aussi des années que l’on sort de la très bonne technologie en France mais qui ne se déploie pas par faute de moyen financiers. C’est article est très médiocre, c’est de l’humeur du subjectif, de la hype car en ce moment cela fait bien de taper sur les levées de fonds. Bref la gloire ou le bonheur, toujours ce même débat.

  • Vincent Bouthors

    Bravo pour cet article utile. Il existe en effet une autre voie dont on devrait parler plus : celle de ces entreprises qui se bâtissent plus lentement mais aussi plus solidement. J’ai co-fondé l’éditeur Jalios en 2001 : après 16 ans de croissance à 2 chiffres et sans aucune levée de fonds, Jalios est le numéro 1 français dans le domaine des Intranets collaboratifs et des réseaux sociaux. Selon l’enquête d’Arctus de l’observatoire de l’Intranet, Jalios est second derrière Microsoft en France mais devant Jive, IBM, Facebook, Google suite,… Aucun investisseur ne nous aurait laissé suivre notre parcours : nous avons investis de nouveaux marchés à 5 reprises alors que les investisseurs exigent du focus, quitte à “pivoter” parfois. Désormais nous avons une stratégie de groupe et nous avons abordé le marché du Social Learning avec une filiale : 1day1learn est bénéficiaire après seulement 18 mois avec 21 clients. A l’inverse, je pourrais établir une longue liste de concurrents bien financés que nous avons vu apparaitre et disparaitre : de Reef et Vignette jusqu’à Bluekiwi…

  • marcwolff
  • marcwolff
  • Fraid

    Je suis d’accord sur le fond de l’article : lever des fonds n’est pas synonyme de réussite. Cela ne doit pas être un but mais un moyen. Cela dit, je ne suis pas en accord avec votre comparaison take eat easy et uber : Le business model de take ait easy était relativement bancal (comme deliveroo et compagnie), trop de frais pour livrer, qui sont à peine couverts par les revenus. Sans parler des sommes investies en acquisition client. A l’inverse, uber, qui certes dépensent des millions en acquisition client, a un business model tout à fait envisageable. Je pense même qu’ils sont déjà rentables dans plusieurs villes. Ensuite, évidemment leur survie dépendra éventuellement des changements législatifs. Mais pour moi la comparaison n’est pas valable.