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Innovation

#EdTech École numérique : la France est-elle vraiment prête ?

#EdTech : École numérique : la France est-elle vraiment prête ? Crédit photo : Shutterstock
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L’école française fait sa révolution numérique. Le plan numérique pour l’éducation prévoit d’équiper 40% des collèges en tablettes d’ici la rentrée 2016. Un projet qui ne sera pas viable sans la formation des enseignants, la refonte des programmes et la sécurisation des données.

Annoncé en mai 2015 par François Hollande, le plan numérique pour l’éducation prévoit d’équiper 738 « collèges numériques » de tablettes et d’ordinateurs portables pour leurs élèves de cinquième. Le projet, qui tend à réduire le retard accusé par la France face à d’autres pays qui ont déjà introduit le numérique à l’école, prévoit également d’ajouter de nouveaux enseignements dans les programmes scolaires et de former les enseignants au numérique.

Si une telle révolution semble aujourd’hui inévitable, plusieurs acteurs du secteur craignent aujourd’hui que l’intégration du numérique à l’école soit plus difficile qu’elle n’y parait. En cause, la mise en place d’outils bien avant la formation des professeurs, la refonte des programmes et la sécurité des données des élèves.

Une refonte de l’enseignement nécessaire ?

Premier constat : L’intégration des tablettes dans les classes va permettre d’individualiser l’enseignement, en adaptant les exercices aux besoins et aux difficultés de chaque élève. Une activité d’apprentissage moins stressante, qui va permettre à l’élève d’avancer à son rythme, mais également d’accéder à d’importantes bases de données, ou encore d’avoir des repères pour visualiser ses performances à tout moment.

Le projet c’est de savoir comment le numérique va pouvoir accélérer les apprentissages, dans toutes les étapes de l’éducation

Jean-Yves Hepp, président de Unowhy

L’intégration des tablettes à l’école va également favoriser l’autonomie des élèves, qui pourront accéder à d’importantes bases de données et visualiser leurs performances seuls. Un avantage qui devra cependant être utilisé avec parcimonie, afin que ces derniers ne s’enferment pas dans une forme de « robotisation », qui les empêchent d’interagir avec les autres, de débattre, et d’aller plus loin que les réponses proposées par la tablette.

Si la tablette a aujourd’hui bien sa place à l’école, elle ne remplace pour autant ni l’enseignement, ni les outils. Si l’un de ses principaux objectifs est d’enrayer l’échec scolaire par la ludification de l’apprentissage, elle est également mise en place afin d’accompagner l’enseignant dans ses démarches.

« Le plus grand challenge de ce projet, c’est de former les enseignants au numérique. Ça va changer leur stature, ils vont avoir un véritable rôle de guide, pour accompagner les élèves dans le tri des informations. Aujourd’hui on ne peut pas se permettre de passer à côté de l’enseignement numérique, c’est un avantage compétitif », explique Jean-Yves Hepp.

Les enseignants, acteurs essentiels de la numérisation de l’éducation

Les tablettes numériques utilisées comme outils pédagogiques ne trouveront ainsi leur efficacité que dans l’implication des enseignants, et surtout dans leur accompagnement dans la mise en place de nouvelles méthodes de travail collaboratif.

Il y a énormément de choses à faire aujourd’hui avec le numérique, et c’est aux enseignants de l’inventer

Serge Tisseron, psychiatre et docteur en psychologie, lors du salon Educatis

Plusieurs enseignants se sont déjà impliqués dans l’intégration de ce type d’outils dans leurs classes. C’est le cas de Céline Coulpier, enseignante au collège Charcot de Neuilly. Après deux ans aux États-Unis, ou elle est arrivée novice en la matière, l’institutrice a pris conscience de l’importance du numérique dans l’enseignement.

« On s’adapte très vite, c’est devenu un outil dans ma pratique de tous les jours. La tablette aide pour la flexibilité pédagogique, en faisant des groupes de progression. ça permet vraiment de ne plus être sur un mode d’apprentissage au même jour, au même moment pour les élèves », explique-t-elle lors d’une table ronde organisée pendant le salon Educatice.

Un état d’esprit que ne partagent pas tous les enseignants. Certains sont ainsi réfractaires à ce nouveau système, en majorité à cause d’un manque de connaissances et de maitrise de la technique du numérique, dont l’arrivée représente un grand chamboulement. Plusieurs organismes proposent ainsi des formations dédiées à l’intégration du numérique à l’école.

« Dans un premier temps, la formation est de décomplexer les enseignants sur le numérique, ensuite on axe le programme sur la prise de conscience d’un fonctionnement différent du professeur de la IIIe république qui était seul face à ses élèves, mais sur la mutualisation du savoir », explique Christophe Laskowski, formateur aux usages du numérique éducatif.

Une formation que dispense également Unowhy, qui fournit une solution éducative intégrée, disponible sur une tablette tactile fabriquée en France et conçue spécialement pour l’univers de l’enseignement. En plus de proposer une tablette entièrement assemblée en France, cet conçue spécialement pour le milieu scolaire (résiste à l’eau et aux chocs, possède un pied, etc.), la société  propose un véritable accompagnement de la mise en place des tablettes auprès des professeurs, des formations, ainsi qu’un assistanat lors des premiers cours. Son logiciel intégré offre quant à lui un « hub de contenus », qui met à disposition toutes les ressources numériques pour travailler dans toutes les matières.

Et la sécurité des données dans tout ça ?

Autre enjeu important de l’arrivée du numérique à l’école : la sécurisation des données des élèves. La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, annonçait ainsi lors du salon Educatec-Educatice, le lancement avec la CNIL d’une « charte de confiance » dédiée à l’intégration des outils numériques à l’école.

Les entreprises de services numériques amenées à fournir des contenus ou des outils pour les élèves dans le cadre scolaire devront ainsi signer cette charte, afin de garantir la protection de la vie privée et des données des élèves pour éviter que celles-ci soient exploitées à des fins commerciales. Une promesse que semble déjà faire Unowhy avec sa solution d’e-éducation Sqool « étanche », qui n’ira pas envoyer de données.

La ministre a également signé avec Isabelle Falque Pierrotin, Présidente de la CNIL, une convention sur « les usages responsables et citoyens du numérique à l’École », afin d’éduquer davantage les enfants au numérique et à la sécurisation de leurs données, sur les réseaux sociaux en particulier.