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Innovation

#FinTech Les cartes de transport, moyen de paiement du futur ? L’exemple de l’Asie

#FinTech : Les cartes de transport, moyen de paiement du futur ? L’exemple de l’Asie iStock by Getty Images
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Les cartes de transports pourraient-elles demain remplacer nos moyens de paiement traditionnels ? En Asie en tout cas, les smartphones sont relégués au fond des poches depuis que de nombreuses cartes de transport ont muté en cartes de paiement et innovent en collaboration avec des startups.

L’Asie est à l’avant-garde en matière d’innovation financière, en particulier quand il s’agit d’inclure les personnes qui n’ont toujours pas accès à des services financiers. Ils sont 2 milliards dans le monde d’après les données de la Banque Mondiale. On a ainsi assisté au cours des dernières années à l’émergence :

  • d’un score de solvabilité lié au profil du client sur les réseaux sociaux,
  • au lancement de nombreux portefeuilles mobiles,
  • ou encore, plus récemment, au lancement de l’Unified Payment Interface (UPI) en Inde, qui est probablement la solution la plus disruptive depuis Paypal et qui pourrait éliminer le besoin de Visa ou Mastercard.

Si le téléphone mobile est souvent au coeur de ces nouveaux moyens de paiements, le smartphone fait face dans les grandes villes asiatiques à la concurrence des cartes de transport. En effet, en Asia, de nombreuses cartes de transport ont muté en cartes de paiement et collaborent avec des startups afin de créer un nouvel écosystème de paiement favorable à leur croissance.

Suivant l’exemple de la carte Octopus à Hong-Kong et la carte coréenne Upass, pionniers mondiaux des systèmes de cartes de transport sans contact, l’équivalent singapourien EZ-Link et son homologue thaïlandais Rabbit ont étendu leur utilisation au paiement en supermarchés, restaurants, cinémas et autres magasins de détail.

Le développement d’EZ-Link en carte de paiement interopérable

La carte EZ-Link, détenue par une filiale de Land Transport Authority de Singapour, a été la première carte à puce utilisée pour le paiement des transports en commun à Singapour depuis son lancement en 2001, deux ans avant le lancement de la carte Oyster à Londres dont l’utilisation est encore limitée au transport. Elle est en compétition depuis 2009 avec la carte NETS FlashPay, détenue par les plus grandes banques de Singapour.

Outre sa fonction de paiement, EZ-Link a développé son interopérabilité dans d’autres pays, par exemple avec Guangdong, en Chine. Le SINO Visitor Pass permet ainsi de stocker aussi bien des dollars de Singapour que des renminbi chinois. Grâce à un partenariat avec la compagnie aérienne low-cost Tigerair, EZ-Link offre également des promotions à ses utilisateurs.

En avril dernier, la carte de transport s’est associée à Perx, une startup basée à Singapour qui offre un système de fidélisation et a réussi à lever un financement de série A en décembre dernier avec Golden Gate Ventures et le cofondateur de Facebook Eduardo Saverin. En liant leurs cartes EZ-Link à leurs comptes Perx, les utilisateurs peuvent gagner des points à chaque voyage dans les transports publics qu’ils peuvent ensuite échanger contre des offres exclusives via l’app Perx. D’après les chiffres publiés en décembre 2015, Perx compterait plus de 400.000 utilisateurs et des partenariats avec plus de 200 marchands à Singapour.

Un système de paiement à la fois online et offline en Thailande suite à la collaboration de Rabbit et LINE

L’homologue de EZ-Link en Thaïlande est la carte Rabbit, lancée en mai 2012 et appartenant à la société Transit System Bangkok Mass qui exploite le Skytrain de Bangkok. Actuellement, il y a plus de 5 millions de détenteurs de cartes Rabbit.

Rabbit se distingue par son succès en marketing digital. La carte fournit non seulement une plateforme de contenus en ligne mais possède également ses propres écrans numériques dans le système ferroviaire de Bangkok. Ainsi, pour encourager l’adoption des marchands au système de paiement Rabbit, l’entreprise les attire avec du marketing gratuit sur sa plateforme digitale.

Son récent partenariat avec le réseau social japonais LINE, extrêmement populaire en Thaïlande, sert de tremplin supplémentaire permettant à Rabbit de déveloper le plus grand système de paiement à la fois off-line et online du pays. Les deux entreprises ont créé la joint-venture Line Pay, qui a vu son nombre d’utilisateurs croître à 1,5 million en moins d’un an et le nombre de marchands participants à plus de 300 dans tout le pays.

Si EZ-Link et Rabbit se sont fait une place dans le secteur des payements, elles rencontrent tout de même un défi de taille, qui est le même que celui des innombrables portefeuilles mobiles : la nécessité de recharger régulièrement, qui reste peu commode.

Pour inciter les utilisateurs à recharger de plus gros montants, elles offrent une valeur ajoutée aux recharges, tels que des points bonus, des remises en espèces, ou encore des Miles. Mais cela suffira-t-il ?

Mots clés : Asie, banque, chine, Fintech, futur