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Innovation

#Business Les startups peuvent-elles bousculer le marché de l’optique ?

#Business : Les startups peuvent-elles bousculer le marché de l’optique ? Les modèles tendance proposés par Guileo
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25 millions de Français présentent des troubles de la vision et 92% d’entre eux portent des lunettes ou des lentilles de contact. Un marché conséquent donc, auquel de plus en plus d’entrepreneurs s’attaquent, à l’image de Marc Simoncini avec Sensee.

12 460. C’est le nombre de magasins opticiens en France, soit 442 nouveaux magasins d’optique ouverts entre 2014 et 2015. Avec un chiffre d’affaires en légère croissance, 6,5 milliards d’euros en 2015, le marché se porte bien. Mais quand est-il du consommateur ? À près de 300 euros en moyenne la paire de lunettes à verres classiques (verres unifocaux), la correction optique représente un véritable budget pour les ménages. Transport, food, finance… Les entrepreneurs ont su rivaliser d’ingéniosité pour disrupter ces marchés traditionnels. Et le marché de l’optique n’est pas en reste. De plus en plus de startups lorgnent sur ce gâteau qui a peu évolué et qui reste majoritairement aux mains des grandes chaines de magasins d’optique. Pour combien de temps ?

Selon l’UFC, une paire de lunettes est vendue en moyenne 3,3 fois son prix d’achat, soit un taux de marge de 233%. Une aberration pour de nombreux startupers, à commencer par Paul Morlet qui a créé Lunettes pour tous, une nouvelle offre qui propose des lunettes accessibles à tous. Avec un prix unique de 10 euros pour des lunettes montées sur place en 10 minutes, Lunettes pour tous devrait se déployer et couvrir le territoire français dans les 3 prochaines années. Aujourd’hui, Lunettes pour Tous affiche déjà 6 millions d’euros de chiffres d’affaires et  compte une centaine de collaborateurs.

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Guileo, fondé par Fabien Lui Wen Hua, propose une plateforme en ligne qui met en valeur le travail de lunetiers-créateurs. La jeune pousse promet d’offrir un prix jusqu’à 30% inférieur pour l’achat de lunettes, solaires ou de vue, chez ses opticiens partenaires. Pour Guileo, petit budget ne doit pas rimer avec optique au rabais. La startup a ainsi imaginé un Sésame, d’une valeur de 15 euros, qui sera intégralement remboursé lors de la commande chez un opticien partenaire, et ce en plus de la réduction de 10 à 30%. “C’est en découvrant un lunetier près de mon domicile que je me suis réellement intéressé à l‘univers optique. J’ai, depuis, voulu rendre accessible au plus grand nombre les lunettes de créateurs, peu connues et à la fois originales et collant au plus près de la personnalité des  acheteurs. J’ai alors réfléchi au Sésame Guileo, vendu directement sur notre plateforme pour 15 euros et qui permet de bénéficier de remises exclusives chez nos opticiens partenaires”, confie Fabien Lui Wen Hua, le fondateur de Guileo.

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polette mise également sur l’argument financier pour tirer son épingle du jeu. Crée en 2011 par par Pierre Wizman et Pauline Cousseau, L’usine à lunettes voit d’abord le jour en Asie. Les deux expatriés veulent casser le monopole de l’optique et mettre un terme à une politique de prix trop élevés en brisant la chaine des intermédiaires traditionnels. Ils ouvrent alors une boutique en ligne qui propose directement aux clients montures et verres provenant de leurs propres usines. Le pari est réussi : un an après la plateforme engrange 2 millions d’euros ! Fort de ce succès, les deux entrepreneurs ouvrent plusieurs boutiques, à Amsterdam, Jakarta et récemment à Lille. Devenu polette, l’entreprise revendique un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros en 2015 et une moyenne de 4 000 paires vendues par jour, pour une entrée de gamme à 19,99 euros pour un ensemble montures et verres.

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Si le prix reste un argument raisonnablement convaincant, la disruption du marché peut également passer par l’offre de services innovants. Et si vous receviez vos lunettes chez vous afin de pouvoir les essayer à votre aise ? C’est l’idée des Lunettes de Louisette, jeune startup nantaise qui profite d’un autre avantage concurrentiel : des lunettes 100% made in France. Maryse Vittecoq a créé le site marchand Les Lunettes de Louisette pour “revaloriser le savoir-faire français qui existe depuis plus de deux siècles” explique-t-elle. Le site propose ainsi des des modèles tendances et 100% made in France : “montures françaises et verres français, réalisés par des lunettiers et verriers de nos régions” apprend-on sur le site. Le fonctionnement est simple : en quelques clics, le client sélectionne 3 montures d’essai qu’il recevra à domicile. Après avoir fait un choix, il renvoie gratuitement les montures. Il informe ensuite la plateforme de son choix et lui transmet son ordonnance. La jeune pousse se charge ensuite de livrer une paire à la vue du consommateur ainsi que les papiers nécessaires pour sa mutuelle.

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Enfin, parmi les potentiels entreprises qui pourraient changer le marché de l’optique, on peut également citer MyBinocle, qui est née en réponse à une question simple : que deviennent les millions de paires de lunettes vendues chaque année une fois remplacées par leurs porteurs ? MyBinocle a décidé de redonner vie aux lunettes oubliées au fond d’un tiroir en développement une plateforme en ligne innovante. En quelques clics, l’internaute peut mettre en vente son ancienne paire tout en bénéficiant des conseils d’un professionnel et peut également s’acheter une nouvelle paire à un tarif préférentiel. La jeune pousse se targue de proposer des remises de prix jusqu’à 80%.

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Le marché de l’optique est de plus en plus attrayant et si les jeunes pousses commencent à être légion sur ce secteur, des entrepreneurs chevronnés s’y intéressent également. C’est ainsi que Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, a lancé Sensee. Ce dernier s’était donné pour mission dès 2011 de diviser par deux le prix de l’optique en France. Mais face à la réglementation peu souple en la matière, son modèle initial de pure player web a évolué pour donner naissance à un réseau de boutiques physiques. Made in France, les lunettes proposées par Sensee sont aussi plus accessibles, avec des montures à 49 euros et un système de tarification à la carte, totalement transparent. À ce rythme-là, les anciens pourront-ils vraiment continuer de cohabiter avec les modernes ?