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#LettreOuverte M. le Président, ouvrez les données de l’État !

#LettreOuverte : M. le Président, ouvrez les données de l’État ! Photo : Pablo Heimplatz, Unsplash

Bonjour M. le Président, notre startup nation commence ici ! Rappelez-vous le 15 juin 2017 dernier, Viva Technology, 6 000 startups réunies pour représenter la richesse de la scène tech française et vous, notre nouveau président. Vous aviez fait une annonce : un fonds de 10 milliards dédiés aux startups. Mais vous avez surtout pris un engagement fort : la volonté de développer une “startup nation” avec un environnement sain favorisant l’entrepreneuriat et la montée de Licornes Françaises. Ceci avait été très bien accueilli par tout l’écosystème.

Qu’est-ce qui vous bloque ? Qu’est ce que l’on doit améliorer pour vous aider ?

Aviez-vous demandé aux entrepreneurs présents sur le stand de Bpifrance. La liste est longue et nos attentes plutôt élevées ! Mais il y a un point bloquant pour nombre d’entreprises tech.

Depuis plusieurs mois et d’autant plus depuis votre élection, il est question de développer l’État plateforme qui permettra d’agréger les données disponibles de l’État sur une seule et même interface. Gouvernement et startups unis autour d’une même ambition : simplifier la vie des usagers français via le numérique !

Pour ce faire, nous sommes nombreux à demander un accès libre aux données publiques de l’État car tous les secteurs de la vie quotidienne sont concernés.

A titre d’exemples (loin d’être exhaustif parmis les signataires de cette lettre) :

  • Payfit simplifie les processus de paie et RH de nos petites et moyennes entreprises, la startup  facilite leur transformation digitale et comble le fossé avec les grands groupes en récupérant automatiquement les informations des entreprises et les risques associés au secteur.
  • Dans le secteur médical, l’opendata permettrait d’accéder à la liste des besoins en médecin par région, pour éviter les déserts médicaux et afin d’améliorer significativement le recrutement de leur remplaçant, par des acteurs comme Medelse. Il nous semble que c’est en plus un sujet prioritaire pour le ministère.
  • Côté secteur Bancaire, chez Bankin ou Budget Insight, l’Open Data Banking” directement connectée aux banques, permet à ses utilisateurs de mieux gérer leur argent avec une plus grande de liberté.
  • Dans le droit, Doctrine et Predictice permettent d’analyser des décisions de justice à grande échelle, afin de créer des solutions d’analyse de jurisprudence à destination des professionnels du droit. Dans son côté, ADVITAM via un accès à l’état civil des usagers l’autorisant, et aux cadastres des cimetières, simplifie toute la gestion administrative des obsèques partout en France.
  • Côté travaux, l’accès aux données sur l’urbanisme (PLU, zones protégées, etc.) pourraient faciliter les démarches en matière de permis de construire et autres autorisations officielles chez Permettez-moi de construire. En parallèle chez Travauxlib, les données Qualibat vont nous permettrent de simplifier les formalités administratives des particuliers sur leurs rénovations énergétiques. Enfin, on peut citer les données sur la date de construction ou des données d’entrée des Diagnostic de Performance énergétique (DPE) pour affiner le diagnostic énergétique des Français chez Izigloo

Des exemples de startup qui oeuvrent au quotidien pour améliorer la vie des Français mais qui en parallèle rencontrent de grandes difficultés pour récupérer les données nécessaires publiques. Et la liste est longue, nous pouvons en citer des dizaines d’autres…

Il y a cependant des initiatives qui sont menées et qui pourraient être généralisées.
Il est possible de le faire vite et bien !

Quelques acteurs publics ont déjà mis à disposition certaines de leurs données avec des résultats déjà probants. En chef de file : le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur qui est entré pro-activement dans l’open data. Cela pourrait permettre à terme de développer une technologie d’Intelligence Artificielle pour les conseillers d’orientation, en fonction des carrières souhaitées, couplée avec les données de Pôle Emploi. Ce que fait déjà Bob Emploi, mais pas que : LinkedIn est sur le créneau depuis plusieurs années…

Côté collectivités territoriales, la ville de Paris joue bien le jeu y compris avec les données temps réel Autolib, Velib via OpenDataSoft … Les villes de Rennes, Toulouse, Lille, Poitiers, Issy-les-Moulineaux, Agen, sont également entrées de plain-pied dans l’open data. Nous espérons que ce n’est que le début !

Du coup, marchant dans la même direction que le gouvernement, chez Travauxlib nous avons demandé l’accès aux plateformes de données de l’État il y a un peu plus de six mois. Cette requête a provoqué de premiers échanges prometteurs avec des personnes convaincues de la nécessité d’avoir de tels services numériques. Nos clients profitent pleinement depuis peu de la puissance de ces données publiques pour leurs travaux.  

Alors à notre tour de vous demander “Qu’est ce que l’on doit améliorer pour vous aider?”

A présent pour l’ensemble des autres secteurs, l’accès aux “API” publiques reste toujours fermé. Nous nous posons donc la question des causes derrière ces freins. Est-ce une question d’inertie politique ? Une difficulté de mise en oeuvre ? Un véto des lobbies ou des corporatismes ?

Sur le site beta.gouv.fr, reprenant un extrait du texte publié dans la note “Des startups d’État à l’Etat plateforme”, Pierre Pezziardi et Henri Verdier (Fondation pour l’innovation politique, Paris 2017) déclarent: “Dans la révolution numérique, les Français ne sont pour l’instant champions de rien. « Champion », au sens de leader incontestable de son marché mondial.”

Nous sommes plus alarmistes encore, le temps joue contre nous ! En effet, quoi qu’il arrive il y aura tôt ou tard un futur Google, Amazon ou Alibaba international dans chacun de ces secteurs ! D’ailleurs nous avons déjà pris beaucoup de retard… Rendez service aux startups françaises que vous chérissez tant. Tout est déjà en place pour que cela fonctionne. Alors allons-y !

Nous, nous sommes prêts et à votre disposition, celle de votre Premier Ministre ou à celle du Secrétaire d’État du Premier Ministre, Chargé du Numérique pour faire de cet enjeu une réalité.

Make our startup great again !

Matthieu Burin (Travauxlib), Aurélien De Nunzio (Permettez moi de Construire), Firmin Zocchetto (Payfit), Tristan Renoul (Medelse), Philippe Meyralbe (Advitam), Arnaud REBY (Digital deep dive), Joan Burkovic (Bankin’), Clément Coeurdeuil (Budget Insight), Guillaume Laporte (Destygo), Ilias Hicham (Destygo), Matthieu Nicolini (Kowffice), Adrien Signorino (MonWagon), David Princay (hello rebot), Louis Larret-Chahine (Predictice), Nicolas Bustamante (Doctrine), Dania Andreakou (Study&Co), Sylvain Mauger (Izigloo – EP), Gabriel Plassat (FabMob), Ghislain Trabichet (Saftycar), Mugnier Pierre (Side.co)… 

Liste des signataires et leurs secteurs : https://docs.google.com/spreadsheets/d/1MBDoHgEd_unTQArrr0_Xw7GB-cya3Wy94R7Z9FAT1i4/edit?ts=59b79753#gid=0

Mots clés : données, open data
  • PdC

    Bonjour,
    Vous plaidez pour une ouverture rapide et libre des données de l’état (opendata) et cela est une bonne initiative.
    Sachez quand même que dans certain secteur d’activité cela a été fait, car des enjeux financiers pour les collectivités seront importants.
    Nous pensons que l’open data sera débloquée, pour une mise à disposition des particuliers, que lorsque l’état et collectivités territoriales, y verront tout d’abord un intérêt pour leurs propres besoins qui génèreront des revenus.
    Regardons par exemple la libération des données concernant les sociétés (RCS, SIRET, etc…) bien peu de monde s’en est intéressé par manque de solutions pour un tri qui permettrait une exploitation privée et gratuite !
    Les greffes des tribunaux de commerce s’en sont insurgés, mais à ce jour ils dominent toujours le marché quant aux renseignements sur les entreprises, donc l’état !
    Votre demande est légitime, mais les promesses n’appartiennent qu’à ceux qui y croit !

  • Arnaud Martin

    Non, ne répandons pas à tout va des données susceptibles d’être exploitées sans sérieux, sans éthique et surtout, sans sécurité !