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#Tribune L’hologramme, cette méthode de communication en vogue qui ne date pourtant pas d’hier

#Tribune : L’hologramme, cette méthode de communication en vogue qui ne date pourtant pas d’hier Quel est le point commun entre Jean-Luc Mélenchon, Claude François, et Christian Nibourel ?

Selon vous quel est le point commun entre Jean-Luc Mélenchon (député français), Claude François (chanteur), et Christian Nibourel (président d’Accenture France & Benelux) ? Ils ont tous les trois fait des apparitions en hologramme ! Des jolis coups de comm avec une techno pas si novatrice.

Jean-Luc Mélenchon se gargarisait il y a quelque mois, de réitérer l’exploit technique de son hologramme dans sept villes simultanément. Un superbe coup de communication, oui. Une prouesse technique, pas vraiment. Redéfinissons exactement ce qu’est un hologramme.

Définition d’un vrai et d’un faux hologramme

Scientifiquement, un hologramme est une matière lumineuse présente dans l’air, sans aucun support ou dispositif d’illusion, visible à 360°. C’est le résultat d’une maîtrise d’onde lumineuse qui relève encore du domaine expérimental. Il s’agit d’une technique compliquée à mettre en place. Cela coûte extrêmement cher, et, pour l’instant l’hologramme en couleur n’est pas possible. Même si le consortium ETRI, qui rassemble 16 laboratoires d’optique dirigés par LG, a présenté un protoype de vidéo projection ultra rapide (en couleurs donc) comme une hologramme.

La plupart des hologrammes que vous avez pu apercevoir lors d’événements (Web Summit, CES, VivaTech, etc…) sont également en réalité générés par un dispositif d’illusion d’optique. Une source lumineuse (écran de projection ou moniteur vidéo) est réfléchie par l’intermédiaire d’un miroir qui possède deux caractéristiques : il est réflectif et transparent. Ainsi, nous pouvons voir le reflet de l’image généré par l’écran, et le décor derrière ce miroir, puisque celui-ci est transparent. Mais il ne s’agit pas d’une véritable image en 3D.

Peut-on parler d’une innovation ?

La première fois que ce système d’hologramme par réflexion a été réalisé, ce fut par un certain Charles-Émile Reynaud en 1879. Il y a donc près de 140 ans ! Alors peut-on parler de dispositif innovant ? non, c’est indéniable.

Mais Il y a tout de même eu une petite révolution ses dernières années : les outils de conceptualisation 3D n’existaient pas il y a 140 ans (à l’époque, c’était un acteur, camouflé dans un faux plancher, qui était réfléchi dans le miroir).

Aujourd’hui, c’est une image entièrement numérique, calculée par des ordinateurs capables de générer des images en 3D temps réel, ou à partir d’un tournage en studio sur fond vert.

Cette maîtrise des outils de graphisme informatique redéfinit les possibilités de conception d’hologramme. Alors même si on ne parle pas en réalité d’hologramme dans des termes scientifiques, les hologrammes par illusion d’optique réinventent des moyens de communication innovants.

L’innovation n’est pas que technologique, ce sont les usages qui sont innovants.

Les nouveaux usages

Lors d’une convention avec les managers du groupe, le président d’Accenture France, Christian Nibourel, a choisi d’apparaître en hologramme en introduction pour « avoir un impact supplémentaire avec une technologie numérique et qui fait wouhaou devant ses collaborateurs ».

Jean Luc Mélenchon à indiscutablement réussi un grand coup de communication en utilisant à deux reprise la technologie l’hologramme lors de ses meeting politique. « Je suis présent à deux endroits » disait le député de la France insoumise. Démonstration d’un nouvel atout qu’apporte cet outil. Christian Nibourel le disait aussi, c’est la « possibilité d’intervenir à plusieurs endroits simultanément ».

Le spectacle mettant en scène Claude François, Sacha Distel, Dalida et Mike Brant, produit par David Michel fait apparaître un bémol : « on annonce Claude François, Claude François rentre en hologramme sur la scène du palais des congrès, il y a des applaudissement mais, une sensation bizarre, Claude est là, en hologramme, est ce qu’il faut applaudir ? Hurler ? Est-ce qu’il faut se lever pour une image ? C’est quelque chose qui n’est pas dans les codes, qui n’est pas dans la nature humaine de se lever pour un hologramme. »

Les hologrammes ont tous eu pour objectif de capter l’attention d’un public, de le surprendre. Finalement, les usages de la technologie hologramme sont multiples, il s’agit tout d’abord d’analyser la problématique : célébrité disparue que l’on souhaite faire réapparaître sur scène, dirigeant de grande entreprise souhaitant capter l’attention et donner une image de haute technologie, ou encore personnage politique souhaitant faire plusieurs meetings simultanément, tout en créant un buzz médiatique.

Même si la technique ne date pas d’hier, les nouvelles technologies de création d’image offrent une nouvelle vie aux hologrammes, permettant maintenant à chaque responsable de communication d’utiliser un outil pour se démarquer, capter l’attention, ou enfin, répondre à des problématiques qui jusqu’à aujourd’hui n’avait pas de solution.