Outils et conseils
15 octobre 2012

TimeToSignOff raconté par son fondateur, Romain Dessal

Romain Dessal, le fondateur d’une des belles réussites du moment : Time To Sign Off (TTSO pour les intimes), nous livre ses conseils et son expérience du lancement de son média. La newsletter intelligente que vous allez découvrir et dont vous allez sûrement devenir rapidement accros se livre dans son plus simple appareil : 

#1 Comment l’idée de TTSO est née?

L’idée est née d’une analyse très rationnelle et très marketing: sur le marché profondément renouvelé des newsletters hyper affinitaires (DailyCandy, Thrillist, etc…), quelles sont les niches non exploitées… le concept d’une newsletter conçue comme une anti-sèche de l’actu, arrivant au moment ou la journée des cadres bascule du pro au social (vers 19h00) et leur permettant non seulement d’être remis à niveau sur l’info de la journée mais d’avoir les munitions pour dominer les conversations du soir, est arrivé très rapidement

#2 Le marketing doit être présent à tous les aspects de la conception d’une entreprise selon toi ?

En ce qui concerne la conception, encore une fois, si j’en juge par l’exemple de TTSO, il s’agit d’une idée 100% marketing… mais ce qui me semble intéressant, c’est qu’en ce qu’en ce qui concerne l’exécution on est là dans une démarche totalement inverse… il n’y a pas une once d’analyse dans le produit qui sort tous les soirs. C’est une newsletter totalement personnelle conçue comme une conversation que je (je suis et resterai le directeur de la rédaction) pourrais avoir avec mon cercle social (famille et ami). Nous ne n’essayons jamais d’adapter le produit à ce que nous pensons être notre lecteur moyen. Tous les soir nous sortons un produit qui, encore une fois, décline en 6 sujets d’actualité (dont un réservé aux adultes) le thèmes, informations et les manières de voir, que nous pourrions aborder dans cette phase sociale de la journée qui s’ouvre à partir de 19-20h00.

#3 Il me semble que les débuts de TTSO ont été plus qu’impressionnants, quels relais as-tu utilisé pour avoir autant de succés ?

Je suis tout à fait convaincu que c’est justement cette personnalisation qui a fait et continue de faire notre succès (nous croissons uniquement par viralité et avons 100 à 200 nouveaux abonnés quotidiens, le taux d’ouverture de nos emails est proche de 100% et ne faiblit pas). Ma conviction profonde est qu’en ouvrant les vannes du contenu, l’internet n’a pas libéré l’utilisateur mais l’a contraint: impossible de s’y retrouver (que ce soit en matière de musique, de vidéo, ou d’actualité). En recréant du filtrage, de la sélection et de le personnalisation… pour peu qu’on trouve une forme agreable (notre parti pris est 1) une ironie légère 2) donner des info/souvent des chiffres qui permettent de faire la différence dans les conversation), on récréé de la valeur et on assouvi une demande toujours plus submergée de contenu et qui en fait cherche des voix amies qui défrichent à leur place: c’est ce que fait TTSO tous les soirs en matière d’actu.

#4 Alors que la lettre a d’abord été lancée aux USA, tu as choisi de te concentrer sur la France c’est ça ? Pourquoi ?

A dire vrai ma concentration est surtout due à mon lieu de résidence, TTSO US continue à bien se développer, mais il est vrai que j’ai choisi de ne piloter directement que la version française. Là encore cela tient au fait que je pense que mon regard est plus pertinent sur ce périmètre et que donc, ma conversation du soir y est plus intéressante (ahahahah). Je pense aussi que cette conception de TTSO comme le fournisseur de munitions pour les dîners en ville, tient à une sociologie et un usage assez typiquement français et que le concept ou du moins l’exécution française du concept à un potentiel au moins aussi prometteur ici qu’aux US.

#5 Tu penses qu’il faut arrêter de rêver aller de l’autre côté de l’Atlantique ? Comment expliques-tu cet attrait d’ailleurs chez les français ?

Vaste question ! Ayant vécu et travaillé longtemps aux US je être assez conscients des forces (inouies) du modèle ainsi que de ses faiblesses (réelles et rarement discutées), in fine cela dit le caractère fondamentalement constructif de le business attitude des américains me semble être leur atout le plus distinctif et le plus formidable… à cet égard je ne peux que comprendre la fascination de tous les entrepreneurs pour ce modèle, tant il me paraît clair qu’en France, ce dont nous souffrons le plus est cette attitude fondamentalement critique (et stérile) à l’égard des projets et de la prise de risques en général.

#6 Quels conseils tu pourrais donner aux entrepreneurs ?

Au risque du cliché mon conseil est de n’entreprendre que dans un domaine qui correspond fondamentalement à leur talent et à leurs aspirations. Croire que la construction de valeur et (la très hypothétique) sortie suffiront pour faire déployer le niveau d’enthousiasme, de créativité et d’énergie suffisant pour mener à bien une entreprise est, j’en suis persuadé, une illusion totale / Au contraire se rendre maitre de son destin, ce qui est le cas de l’entrepreneur, dans le secteur est porteur de satisfactions immenses et sans cesse renouvelées (je deviens lyrique, donc je m’arrête là!).