Décryptage#Interview
28 juillet 2014
wizbii

Benjamin Ducousso revient sur l’aventure Wizbii et l’importance d’un board

Wizbii, qui se déclare être le plus grand réseau professionnel des étudiants et des jeunes diplômés, annonce une croissance record de ses membres sur le dernier trimestre. Ce succès s’accompagne par l’arrivée de deux éléments majeurs :  Michel Meyer (serial entrepreneur, mais aussi ex DG de Viadeo) et de Laurent Metzger (ex VP engineering CRITEO et CTO kelkoo/yahoo). Benjamin Ducousso, le co-fondateur et le président de Wizbii a accordé à Maddyness une interview où il revient notamment sur l’importance du « board » dans une entreprise. 


Wizbii a bien grandi, quels sont les chiffres à connaître ?

Wizbii est une jeune société en pleine expansion devenue en à peine plus de deux ans le tout 1er réseau social professionnel des étudiants et jeunes diplômés avec 170 000 inscrits. Nous nous occupons de l’emploi et de l’entrepreneuriat des 18-30 ans en permettant gratuitement à nos membres de trouver un stage, une alternance, un CDI, ou de monter un projet ensemble.

Les chiffres à connaître :

  • une équipe de 17 personnes (moyenne d’âge = 24 ans) qui va passer à 30 personnes fin 2014
  • 500 nouveaux utilisateurs/jour depuis début 2014
  • + de 3000 entreprises partenaires (dont SFR, Unilever, Leroy Merlin, Banque populaire, Crédit agricole
  • 700 projets de start-up d’étudiants et jeunes diplômés
  • 60 contributeurs étudiants et jeunes diplômés investis sur le blog la ruche (http://laruche.wizbii.com)

Vous accueillez 2 nouvelles personnes dans votre board. Qui sont ces personnes et que vont-elles apporter?

En effet, nous avons la chance d’accueillir deux nouvelles personnalités au capital qui vont venir renforcer la structure de Wizbii et apporteront leur expérience mais aussi leur réseau :

Michel Meyer est un serial entrepreneur qui a une parfaite connaissance du marché des PSN (Professional Social Network), du développement de business en B to B et de l’implémentation d’une stratégie mobile. Laurent Metzger, qui possède lui une vraie connaissance de la montée en puissance des problématiques et des effectifs de développement technique.   Ils rejoignent ainsi Olivier Heckmann (Multimedia, Kewego), Veronique di Benedetto (Econocom), Vincent Gentil (Leroy Merlin) et nos investisseurs historiques.

Quels conseils pourrais-tu donner à toutes les startups qui souhaitent construire un board?

Il y a quatre raisons principales qui nous ont poussé à construire un board chez Wizbii :

– La structure 

Pour avancer correctement, tout décider seul n’est pas la bonne solution. Créer un board hétérogène qui possède un regard ou un pouvoir de vote sur certaines décisions est sain pour la société et permet d’optimiser sa gouvernance.

– La connaissance/l’expérience

Nous avons entrepris en sortant de l’école. Nous avions donc besoin d’apprendre d’autres entrepreneurs. Olivier Heckmann et Frédéric Serre (Delta Drone) ont par exemple joué un grand rôle de mentor pour nous.

– Le marché

Lorsque que tu commences une aventure, deux courbes s’enclenchent au même moment mais dans le sens inverse. Alors que la connaissance de ton marché s’accroit, l’énergie des fondateurs diminue. Et le but est donc d’apprendre le plus vite possible de ton marché, de tes clients, tes fournisseurs, tes méthodes. Ce que nous mettrions 6 mois à découvrir, certains le maîtrisent déjà de part leur vécu, nous avons été chercher les gens qui nous semblaient pertinents pour apprendre le plus vite possible.

– Le développement 

Des personnes comme Véronique Di Benedetto, Olivier Heckmann, et les autres, possèdent un double avantage pour une start-up en développement : ils connaissent d’une part les problématiques de développement de business en B to B (les modèles commerciaux par exemple) et apportent une crédibilité supplémentaire à la structure vis à vis de l’extérieur, des clients, des banques, des fonds, et de l’écosystème.

[quote]A relire : [Accompagnement] Startups: Quels associés choisir, pour quelle répartition du capital?[/quote]

Pour choisir ces personnes, il faut bien sûr une parfaite adéquation de leurs profils avec les ambitions de la société, mais je pense qu’il faut aussi :

Oser. Tout le monde est accessible, il suffit de s’en donner les moyens. Frédéric Serre m’a donné deux conseils que j’ai beaucoup utilisés. Le premier c’est «Coche une liste de 10 noms sur une feuille, ceux que tu voudrais dans ton idéal, et fais tout pour avoir les 5 premiers, en passant par ton réseau, les réseau de tes amis, ne te dis jamais qu’ils sont inaccessibles.» Le deuxième c’est qu’une fois que j’ai les coordonnées, je montre ma motivation en proposant un e-mail très court qui explique l’ambition ( très court, leur temps est précieux ) en proposant une rencontre autour d’un café, où ils le souhaitent, à l’heure qu’ils souhaitent, même dans une rame de métro si c’est le seul créneau disponible de leur agenda (et je l’ai déjà fait d’ailleurs).

Avoir un vrai bon feeling. Toute « star » ou personnalité qu’il soit est avant tout un homme, et réagit comme tout le monde, avec son coeur et sa raison. C’est autant à eux qu’à vous de choisir si vous pouvez faire un bout de route ensemble, et il faut pour ça un excellent feeling avec ces personnes pour poursuivre une aventure commune.

Intéresser les membres du board. Tout travail mérite salaire. Personnellement nous ne prenons dans le board que des actionnaires investis dans la société, mais il me semble normal que des personnes qui apportent de l’expérience, de la connaissance, et de leur temps soient rémunérés. C’est donc le moment de sortir BSA et actions gratuites pour encourager des gens à s’investir et à créer des conditions d’entrées privilégiées au capital.