Fondée en 2009 par Miguel Valdés Faura, Charles Souillard et Rodrigue Le Gall, l'entreprise Bonitasoft affiche une croissance insolente. Avec 26 millions de dollars levés en 3 tours de table, la startup s'est taillée une place de choix sur le marché ultra porteur de la gestion des processus métiers. Retour avec ses fondateurs, sur les raisons d'un tel succès.


Lorsque les co-fondateurs se lancent dans l'aventure Bonitasoft il y a 6 ans, le marché du Business Process Management (BPM) était à l'époque assez concentré. L'ensemble des acteurs sérieux étaient sur un business model classique et donc peu accessible au plus grand nombre. Les entrepreneurs flairent alors très vite l’opportunité considérable que le BPM représentait pour les applications métiers, et décident d'entrer sur ce marché avec un modèle en rupture, celui du modèle open source, leur permettant de démocratiser le BPM et de se différencier face à leurs concurrents.

Un long travail d'évangélisation

"Lorsque nous avons fondé Bonitasoft, notre but était de démocratiser le BPM, afin de sortir l'amélioration des processus du cercle des initiés à l’IT. Ces six dernières années d’efforts et d’échanges avec des clients de grandes entreprises reconnues, de construction d’une croissance forte et stable, démontrent que notre entreprise est un succès. Le marché recherchait une solution telle que nous l’avons développée, et nous sommes fiers des résultats que nous avons obtenu : nous aidons chaque jour plus de 1 000 entreprises à atteindre leur ROI sur leurs projets BPM en seulement quelques mois, alors qu’auparavant cela se faisait sur plusieurs années" indique Miguel Valdés Faura

La mission la plus compliquée, qui est vite devenue la plus chronophage pour les fondateurs de la startup, a été d'évangéliser et de faire comprendre les bienfaits de la gestion dématérialisée des processus métier. En essuyant les plâtres de la construction d'un secteur d'activité, la société s'est pourtant construite une image de référence du marché. Avec 1 000 clients et une communauté de plus de 120 000 membres, l'entreprise a maintenant la preuve que son acharnement a payé.

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Le cash, le nerf de la guerre

"En tant que PDG d'entreprise, il faut absolument faire gonfler sa trésorerie. Cela implique de faire des levées de fonds, rencontrer régulièrement des investisseurs potentiels, et s’assurer que votre stratégie générale est compatible avec une stratégie produit viable. Il me semble également assez naturel que le PDG d’une société IT soit issu du milieu des développeurs. Vous connaissez ainsi le produit de fond en comble, tout en comprenant les enjeux et barrières techniques, ce qui joue sur votre stratégie corporate." explique Miguel Valdés Faura

Selon le co-fondateur de Bonitasoft, il est également vital d’avoir un bon instinct "anti bullshit. Vous devez tout le temps échanger avec un nombre incalculable d’interlocuteurs à tous les niveaux, alors que vous n’avez que peu de temps et d’énergie à y accorder. Dans l’environnement de l’open source, on apprend à construire des relations en fonction de ce que vos interlocuteurs font plutôt que ce qu’ils disent, ce qui peut s’avérer réellement utile plus tard."

D'ailleurs, lorsqu'on demande à Miguel Valdés Faura un conseil pour les jeunes entrepreneurs, il indique tout de suite qu'il est nécessaire de "chercher en permanence à s’entourer des meilleurs talents". Selon lui, il ne s'agit pas forcément de la personne le plus intelligente de la salle, mais celle qui sera positionnée comme expert. Le véritable trésor de guerre d'une entreprise technologique sont tous ces gens qui vont contribuer au succès de l’entreprise et même la façonner.

Les projets sont nombreux pour Bonitasoft dans les prochains mois. Entre l'accroissement de ses effectifs et le lancement de Bonita BPM 7, les équipes de la startup ne devraient pas chômer. Souhaitons leur bonne chance dans leur développement avec, pourquoi pas, une place de leader mondial du secteur à la clé d'ici 2020...