« Nec Mergitur », un hackathon symbolique pour mieux gérer les situations d’urgence

Ce week-end se tenait le hackathon Nec Mergitur, une initiative née au lendemain des attentats du 13 novembre.  A l’école 42, 400 personnes ont planché sur des solutions à destination de  la police, des hôpitaux et des pompiers en situation d’urgence.


Pas de piscine ce week-end à l’école 42 mais une émulation au moins toute aussi intense qu’en période de recrutement. Du vendredi 15 au dimanche 17 janvier, 400 personnes ont participé au hackathon « Nec Mergitur » co-organisé par la ville et par la préfecture de police de Paris en réponse aux attentats du 13 novembre.

Au lendemain des tragiques événements qui ont coûté la vie à 130 personnes, Jean-François Pillou, fondateur et patron du site Comment ça marche lançait un appel sur les réseaux sociaux :  « et si nous disruptions la lutte contre le terrorisme avec la technologie ? ». Deux mois après, développeurs, ingénieurs, graphistes mais aussi fonctionnaires se sont retrouvés pour tenter d’apporter une réponse technologique aux grands « défis » identifiés par la mairie de Paris. Prévention de  la radicalisation, aide aux plateformes de réception d’appels d’urgence en cas d’afflux massif d’appels, détection et lutte contre les rumeurs en temps réel, meilleure circulation de l’information citoyenne, etc. 38 équipes ont saisi à bras le corps un sujet qui leur tenait à coeur pour tenter d’y apporter une solution. Au final, 10 projets ont été sélectionnés pour être creusés et suivis.

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10 projets pour répondre aux défis identifiés lors des attentats du 13 novembre

SOMs et Navarro Hotline, ont imaginé à quoi pourraient ressembler un service d’appel d’urgence par SMS. Et si on pouvaoit désormais contacter le 17 par texto ? En un message, il serait possible de géolocaliser la personne, de l’identifier et de déterminer le type de situation d’urgence à laquelle elle fait face avant de pouvoir lui faire parvenir des consignes adaptées en attendant l’arrivée des secours.

En cas d’urgence, la foule trouve rapidement les ressources pour s’unir et s’entraider. Preuve en a été faite avec le hashtag #PorteOuverte initié par le journaliste Sylvain Lapoix pour inciter les parisiens à ouvrir leurs portes aux gens qui en avaient besoin. Pourquoi dès lors ne pas imaginer plus de solutions qui reposent sur le crowdsourcing ? C’est le cas d’OpenEvacMap et de Repaire qui permettent de collecter et de faciliter la recherche de plans d’évacuation des bâtiments publics. Des informations essentielles pour les forces d’intervention notamment.

L’évaluation des risques et des situations était également un sujet majeur. Pour soulager les plateformes d’appel, Lemon Tree a ainsi misé sur la technologie pour analyser la voix des individus appelants et déterminer leur niveau de stress pour hiérarchiser les besoins. Etaonis est un outil de traitement automatique des flux de données issues des réseaux sociaux, précieuses sources d’information, pour apporter rapidement une information pertinente et géolocalisée et ainsi permettre aux forces de l’ordre d’avoir une meilleure vision d’ensemble d’une situation et donc de prendre les meilleurs décisions.

Etaonis

Crédit : compte Twitter #VISOV1

Alert me est une plateforme de diffusion (à l’instar du compte de la préfécture de police de Paris), qui s’appuierait sur des comptes partenaires, comme la SNCF ou les FAI pour diffuser une information vérifié et localisée. Dispatch Victim quant à elle permet de fludifier le transport des blessés vers les différents hôpitaux en fonction de l’urgence de la situation et du taux d’occupation des établissements hospitaliers.

Nec Mergicur (Net Merge Cure) répondait au défi de prévention de la radicalisation et de la conception et diffusion de contre-discours. La solution permettrait de rechercher les abonnés aux comptes Twitter de Daesh afin de leur délivrer un discours adéquat (pédagogique, désintox, humour, détournement). Chasseurs de rumeurs se baserait lui aussi sur Twitter pour permettre la détection de crises et la détection de clusters d’utilisateurs pour contrer les rumeurs et éviter qu’elles ne se propagent.

« Il n’y avait finalement qu’1/3 de développeur, c’est étonnant pour un hackathon, mais cela a donné un intérêt supplémentaire à l’événement. Car de toutes façon on allait pas faire en un week-end une application qui allait tout solutionner. Ce rendez vous a donc plutôt été l’occasion d’échanges de connaissance, de conseils, qui ont permis de structurer la réflexion.Car au delà de la technique, le sujet exige d’autres compétence qu’uniquement la technique. L’éthique, la protection de la vie privé, la psychologie sont des aspects très importants du problème. Si on les oublie on peut vite arriver à un système qui génère plus de dangers que de protection.  » , témoigne sur son site Hubert Wassner, data scientist chez AB Tasty.

Pour consulter le descriptif de la plupart des projets présentés, c’est ICI.