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Blockchain et vote en ligne : l’avenir de la démocratie ?

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Blockchain et vote en ligne : l’avenir de la démocratie ?

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Par Anais Richardin - 14 avril 2016 / 00H00 - mis à jour le 09 mars 2018

Aujourd’hui, le vote électronique et le protocole blockchain apparaissent comme des solutions séduisantes pour sécuriser et encourager le vote citoyen. Déjà, les initiatives dans le domaine font florès.

Sécurisé, décentralisé, anonyme : ces trois adjectifs rattachés à la technologie blockchain pourraient tout aussi bien s’appliquer au vote démocratique. Quoi de plus naturel, donc, que des startups et citoyens engagés aient pensé à utiliser le protocole blockchain pour le vote électronique. Tous partent du constat d’un taux d’abstention grandissant et préoccupant lors des élections officielles. Or, un sondage de Harris Interactive-Nouveaux Horizons révélait en novembre 2015 que 58% des abstentionnistes voteraient par internet s’ils en avaient la possibilité, et même 79% chez les 18-24 ans.

Sauf que le déploiement du vote par internet se heurte aux craintes sur la confidentialité et les risques de fraude. Et c’est ici  que la blockchain pourrait changer la donne. En l’absence de serveur centralisé stockant toutes les données, il est quasi impossible de truquer le vote à grande échelle. Concrètement, le votant possède une clé cryptographique, avec une partie publique, qui permet de l’identifier comme inscrit sur une liste électorale, et une partie privée, comme un mot de passe, qui lui permet de voter de manière sécurisée. Le vote, équivalant à une « transaction », est enregistré dans la blockchain : l’électeur peut ainsi vérifier qu’il a bien participé et son vote ne peut plus être modifié.

E-elections et démocratie participative

Les initiatives ont fleuri sur ce concept. Aux États-Unis, FollowMyVote met à « disposition » des États son procédé de vote électronique. Pour convaincre, cette société à but non lucratif organise une élection « parallèle » aux présidentielles américaines de 2016. En Australie, Flux se définit comme une sorte de « parti » capable d’influencer les choix politiques grâce à des votes en ligne. PublicVote et V-Initiative espèrent eux aussi imposer le vote par blockchain, et DemocracyOS, une plateforme de débats open source créée en 2012 en Argentine (une filiale française a vu le jour en mai 2015), envisage elle aussi de passer au blockchain.

Le vote électronique ne concerne pas que les gouvernements. Bitcongress veut l’élargir aux universités, aux associations et aux entreprises grâce à son application Axiomity permettant de paramétrer et d’organiser très simplement un scrutin. Une réalité d’ici la fin 2016 en Estonie : les actionnaires de la place boursière de Tallinn (capitale estonienne) pourront bientôt voter en ligne lors des assemblées générales via e-Residency, la plateforme d’authentification numérique des services gouvernementaux. Aujourd’hui, à peine 1% des actionnaires sont actifs sur la gouvernance des entreprises, rapporte le site Coindesk.

6 à 10 centimes par vote

Restent quelques problèmes… de taille. La sécurité, d’abord. Certes, la blockchain contient uniquement la clé « publique », sans l’identité de l’électeur. Mais rien n’empêche un pirate de pénétrer votre ordinateur et d’usurper votre mot de passe pour voter à votre place. « On pourrait stocker la clé privée sur un support physique« , suggère François Dorléans, cofondateur de la startup Stratumn, qui développe des solutions blockchain. Par exemple une clé USB cryptée qui ferait office de « carte électorale ».

Deuxième obstacle : en théorie, toute transaction sur la blockchain publique doit être rémunérée aux « miners ». Cela revient entre 6 et 10 centimes par vote, a calculé François Dorléans, soit 4 millions d’euros pour l’ensembles des électeurs français. Non négligeable, mais cela reste intéressant par rapport au vote physique dans des bureaux.

Troisième hic : le débit limité. « La blockchain peut faire passer au maximum 3 à 7 transactions par seconde« , explique François Dorléans. Des millions de votants dans la même journée feraient donc rapidement saturer le réseau. Là encore, des solutions techniques existent, comme la mise en place d’une blockchain privée, mais il faut alors prévoir des auditeurs chargés de vérifier les transactions.

Pour François Dorléans, l’alternative blockchain pour le vote en ligne n’est donc pas forcément pertinente pour des pays démocratiquement matures comme la France qui disposent déjà d’une organisation électorale bien rodée. « En revanche, pour des pays où il existe un risque de corruption et de fraude, et où l’accès à des bureaux de vote est difficile, le vote électronique via blockchain peut être intéressant« .

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Anais Richardin

14 avril 2016 / 00H00
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