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Comment la blockchain peut sauver les artistes du piratage sur internet

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Par Céline Deluzarche - 25 avril 2016 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

Photos volées, chansons piratées, reproductions illégales d’oeuvre d’art… internet est une lessiveuse géante en matière de droits d’auteur. Grâce à l’authentification par la technologie blockchain, ces dérives pourraient bientôt tourner court.

En 2015, l’artiste américain Richard Prince a vendu une de ses photos 100 000 dollars lors d’une exposition à New York. Une photo dont il n’est pas l’auteur, mais qu’il a simplement reprise de son fil Instagram. Le véritable auteur n’a lui été ni informé ni rémunéré d’aucune façon. Et voilà bien le drame de l’art numérique. Aujourd’hui, n’importe quelle photo, chanson, vidéo ou fichier peut être copié et récupéré par des internautes. Charge pour l’ayant-droit de traquer sur le Net les copies illégales. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

« Nous sommes un peu dans la situation d’un supermarché qui laisse tranquillement le voleur partir avec des pommes dans ses poches pour ensuite tenter de le retrouver et lui réclamer leur paiement », se lamentent Trent McConaghy et David Holtzman, auteurs du livre blanc « Pour une propriété légale sur internet ». « Le système de copyright n’est plus du tout adapté à l’heure d’internet où les idées se propagent dans le monde entier à la vitesse de la lumière », renchérit Bruce Pon, l’un des cofondateurs d’Ascribe. Cette startup berlinoise est la première à avoir eu l’idée d’utiliser la technologie blockchain, celle utilisée pour le Bitcoin, à des fins de propriété intellectuelle.

Graver irrémédiablement son droit d’auteur dans la blockchain

« Grâce à notre plateforme, vendre une oeuvre digitale est désormais aussi facile et aussi sécurisé que vendre une oeuvre physique », se félicite Ascribe, la startup pionnière. L’artiste enregistre ses photos, vidéos ou fichiers audio sur la plateforme et son travail est alors « marqué » par une authentification électronique et irrémédiablement liée à son auteur. A chaque fois que le fichier est utilisé ou copié, la manipulation est enregistrée sur le registre de la blockchain. Si l’oeuvre est achetée, un simple courriel suffit à transférer le droit de propriété. Ainsi il est possible de retracer informatiquement le parcours de chaque oeuvre.

L’artiste peut également créer des éditions limitées et numérotées. En effet, dans une base de données simple, une photo en 10 exemplaires sera comptée comme « Photo » x 10. Grâce à la blockchain, chaque exemplaire – même identique – possède sa propre URL. Dernier avantage : tout est entièrement gratuit pour le créateur. Ascribe prend juste une commission de 3 % lorsqu’une oeuvre enregistrée sur sa plateforme est vendue. Plus de 10 000 créations sont déjà enregistrées sur la plateforme.

D’autres startups se sont récemment lancées. Verisart, à Los Angeles, est encore en phase de test. Mais elle affiche des énormes ambitions et peut compter sur le soutien de l’un des cofondateurs du Bitcoin, Peter Todd. Elle a déjà développé une application smartphone et pour son fondateur, la blockchain va devenir le nouveau « standard » pour les transactions internet.

Monegraph, une autre plateforme d’authentification, a récemment lancé sa « place de marché » baptisée « Monegraph Everywhere » où les acheteurs (médias, éditeurs, publicitaires…) peuvent directement acquérir une photo auprès de son propriétaire. La startup prend des frais de 0,60 dollar par transaction plus 9,5 % du prix de vente. « Chaque auteur peut ainsi créer son propre e-catalogue sécurisé », explique Chris Tse, cofondateur et directeur technique de la startup.

Après la photo, la musique en streaming, les droits sportifs ou les peintures

Ces startups ont toutes démarré dans le domaine de l’art numérique, où les artistes sont déjà sensibilisés à la technologie. Mais toutes entrevoient un marché bien plus large. Le paiement des droits d’auteur dans la musique, pour les radios et les plateformes de streaming type Weezer ou Spotify serait directement effectué via une transaction blockchain. Une chaîne de télévision pourra utiliser des images de compétitions sportives filmées par une ligue professionnelle ou un journaliste, sans demander une permission préalable ou négocier des contrats complexes. La plateforme d’impression 3D de bijoux Stilnest se sert elle déjà du système pour rémunérer ses designers. Et même lorsqu’aucune transaction financière n’est en jeu, l’authentification est un moyen d’être sûr que son travail sera correctement attribué. Ascribe a ainsi conclu un partenariat avec Creative Commons France.

Les institutions elles-mêmes commencent à comprendre le potentiel des applications possibles. Le musée d’art contemporain de Vienne en Autriche a ainsi eu recours au service pour acheter un fond d’écran numérique de l’artiste hollandais Harm van den Dorpel en 2015. Sur la galerie virtuelle Cointemporary, toutes les oeuvres sont authentifiées par Ascribe et payables en bitcoin.

Un marché de 2,64 milliards de dollars

Le marché de l’art en ligne pèse 2,64 milliards de dollars, presque autant que celui du jeu vidéo. Aujourd’hui seules 2,5 % des transactions passent par internet mais ce chiffre est en croissance de 25 % par an selon le livre blanc évoqué plus haut. En plus des nouvelles créations, Verisart espère convaincre experts et assureurs d’enregistrer sur blockchain des peintures et sculptures déjà authentifiées. Ascribe vise également l’archivage électronique de documents scannés.

Néanmoins, il faudra du temps pour que ce mode d’authentification prenne réellement son envol. Le monde de l’art est encore très attaché aux traditions, à ses cercles fermés d’experts et à sa discrétion. Or, le technologie blockchain est à l’opposé de toutes ces valeurs. Pas moyen par exemple de négocier le prix de la photo, publiquement accessible et non modifiable. D’autre part, les artistes dépendent souvent de leur galleriste pour se faire connaître. A l’instar d’un auteur qui s’autopublie sur internet et qui ne dispose pas de la force marketing d’un vrai éditeur. Enfin, la blockchain telle qu’utilisée pour le Bitcoin reste lente, limitée et coûteuse : quelques transactions par seconde et une dizaine de giga-octets. Impensable si l’on veut par exemple mettre en pratique des enchères sur internet. La solution réside dans la blockchain semi-privée, à condition de rendre le contrôle suffisamment transparent. Faute de quoi ce outil prometteur restera au rayon des rendez-vous manqués.

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Céline Deluzarche

25 avril 2016 / 00H00
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