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Comment Facebook m’a empêché de communiquer sur mon app à un moment crucial

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Par Anais Richardin - 31 mai 2016 / 00H00 - mis à jour le 09 mars 2018

Je suis un entrepreneur, comme des millions d’autres. Avec des rêves démesurés, une ambition parfois dure à contenir, et des journées de boulot beaucoup plus longues que mes courtes nuits. Et j’adore ça.  J’ai toujours pensé que la chance n’existait pas, et que seuls l’obstination et le travail bien réalisé pouvaient mener à de grandes choses. Puis j’ai eu quelques doutes.

Il y a quelques mois, nous avons sorti la première version publique de notre application de rencontre, Swish. Le principe est très simple, et alors inédit : proposer  de la rencontre contextualisée, autour d’envies communes, pour permettre aux utilisateurs de dépasser le cadre du mobile, et se rencontrer dans la « vraie » vie. Notre idée était simple, et partie d’un constat clair : les gens matchent plus que jamais, mais se rencontrent de moins en moins. La promesse des applications de dating n’est pas tenue.

Avec Swish, il vous est donc possible de rencontrer tous les gens autour de vous, comme ailleurs, mais aussi de ne rencontrer que des gens ayant envie de boire un café, de faire la fête, de « Netflix and chill », de faire du sport, etc. Bref, le pitch est simple : « si nous avons envie de faire la même chose, pourquoi ne pas la faire ensemble ».  Nos amis sont très enthousiastes, les premiers tests se passent à merveille, les filles sont très intéressées par le concept et s’inscrivent nombreuses, naturellement, sur l’application, et nous sommes ravis.

Facebook : une régie avant tout

Puis vient le sacro-saint moment de faire connaître l’application au grand public, et donc de se lancer sur les réseaux sociaux. La page Facebook est créée, les premiers visuels postés et, pour une raison que j’ignore, il est impossible de les « booster » (de payer pour les rendre plus visibles). Après 45 minutes avec notre CTO, nous décidons  d’écrire à Facebook. Quelques jours plus tard, nous obtenons une réponse : Nous ne pouvons pas promouvoir notre application, parce que nous ne sommes pas partenaires de Facebook. Contrairement à Tinder, Happn, etc. Et Facebook ne compte a priori pas avoir de partenaires supplémentaires.

Nous sommes un peu abasourdis, et nous demandons comment Facebook, réseau social prétendument ouvert, libre, et démocratique, peut-il décider de qui est en mesure, ou non, de promouvoir un produit, et sur quels critères. Quelques échanges de mails plus tard, et après une série de réponses vagues et concises, politiquement correctes, Facebook nous explique que l’une de nos catégories de rencontre ne leur convient pas : « do it », et que c’est l’une des raisons pour lesquelles l’application n’est pas acceptée. Cette catégorie vise en effet à proposer aux gens désireux de vouloir griller les étapes de se rencontrer pour une bataille d’oreillers nocturne. Ils nous demandent donc de faire des modifications pour pouvoir rendre la promotion possible. Si je résume, Facebook nous demande de modifier notre produit car il ne leur plaît pas. Et nos échanges durent plusieurs jours.

Notre communication est largement handicapée par ces temps morts, et nous avons besoin d’avancer. Nous acceptons donc de faire les changements nécessaires. Les semaines passent, rien ne change, impossible de « booster » nos posts, ce qui est un énorme manque à gagner en termes de visibilité. Nous payons le prix fort de ces partenariats avec Facebook, et organisons une communication physique, plus chronophage et plus coûteuse, alors que nous n’avons pas encore opéré de levée de fonds. Quelques semaines après, alors que rien n’a changé, nous découvrons, via une publicité Facebook, qu’Happn vient de lancer une nouvelle fonctionnalité, absolument identique à la nôtre. La possibilité de se rencontrer autour d’envies communes. Comme c’est étrange. Nous sortons un produit moderne et novateur. Facebook nous bloque. Et l’un de ses plus gros partenaires français dans le monde du dating apparaît un mois plus tard avec un contenu identique et promeut sans problème. Sans le « do it », certes. Mais alors qu’en penser ?

  • Que Facebook choisi qui peut parler, et de quoi, sur leur site ? Ne serait-ce pas une forme de censure ?
  • Que Facebook peut refuser la promotion de certaines marques ? Pour assurer le monopole d’autres ?
  • Si Facebook est un média, de quel droit m’interdit t-il de communiquer ?
  • Si Facebook est un réseau social, de quel droit m’empêche-t-il de partager ?

Cela semble s’expliquer par le fait que Facebook est une régie, une plateforme publicitaire géante, recyclant nos données, la moindre de nos informations, et les vendant à des annonceurs désireux de se faire connaître. Nous le savons, et si nous l’utilisions, nous l’acceptons.

Mais si Facebook est un lieu « où les gens se rencontrent », et s’il est possible de (se) promouvoir via le site, tout le monde devrait pouvoir le faire. Facebook ne devrait refuser personne, aucune personne, sous prétexte d’être taxée de racisme, et aucune marque, sous danger d’être perçu comme lobbyiste. Mais qu’en est-il alors ? Si le bien-être de ses usagers est réellement sa priorité, Facebook devrait leur proposer tout contenu susceptible de leur plaire. A moins, évidemment, que cette personne, ce contenu, cette marque, ne présente un danger, puisse choquer, ou soit trop controversé. Ce n’est évidemment pas le cas de Swish.

Je ne nous victimiserai pas, en disant que que nous sommes les laissé-pour-compte de lobbies visant à limiter la concurrence. C’est une position qui ne m’intéresse pas, et qui tend à ôter de l’espoir là où nous en avons plus besoin que jamais. Mais le sentiment d’injustice que j’ai pu ressentir, après avoir travaillé deux ans sur le développement de Swish, et tout financé moi-même, avait un petit goût amer. Malheureusement pour Facebook, ou Happn, Tinder and co, ou pour ma paranoïa entrepreneuriale, qui sait, je ne suis absolument pas sur le point de baisser les bras. Je crois en mon produit, je crois en les messages de nos utilisateurs qui se rencontrent enfin vraiment et qui nous remercient, je crois en la force du travail et suis intimement persuadé qu’en travaillant beaucoup, et en allant dans le sens de nos utilisateurs, nous saurons voler au dessus des obstacles qui se dressent sur notre chemin.

Swish, c’est dépasser l’unique ressort du critère physique pour donner l’occasion à des rencontres qui peuvent apporter plus, c’est une porte ouverte sur le « sortir de chez soi », le partage, l’authentique, le fun. Et surtout l’humain. Alors oui, c’est un peu David contre Goliath, et notre fronde ne sera pas facebookienne. Mais nous ne comptions heureusement pas que là dessus. Que le meilleur gagne. Mais avec des règles claires, cette fois.

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Anais Richardin

31 mai 2016 / 00H00
mis à jour le 09 mars 2018
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