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« La longévité humaine sera le double de ce qu’elle est aujourd’hui » , Jean-Louis Touraine

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Par Louis Carle - 14 juin 2016 / 00H00 - mis à jour le 09 mars 2018

Jean-Louis Touraine, professeur de médecine, député de la troisième circonscription du Rhône et notamment ancien président du Haut comité médical de la Sécurité sociale de 1992 à 1996, revient sur le futur du transhumanisme et de la place qu’occupe la France dans un domaine qui ne cesse de faire fantasmer (ou cauchemarder) les Français. Envie d’en savoir plus et de savoir de quoi l’homme d’après-demain sera fait ?

Comment voyez-vous l’homme de demain ?

Permettez-moi de vous parler de l’homme d’après-demain, dans le domaine de la santé, plutôt que de l’homme de demain. À un horizon qu’il est impossible de définir précisément, mais probablement dans un futur pas très éloigné, la longévité humaine sera le double de ce qu’elle est aujourd’hui. Surtout, ce temps supplémentaire sera un temps de vie en bonne santé, sans handicap ni dépendance. 95 % des cancers auront disparu, surtout par le fait d’une prévention et d’un dépistage à un stade extrêmement précoce, au niveau cellulaire, avant l’apparition de symptômes quelconques.

Le traitement assurera une guérison avant même que le sujet n’ait conscience de sa tumeur. Beaucoup d’autres maladies seront également identifiées très tôt et traitées avec efficacité. Les maladies chroniques qui, au XXème siècle, avaient supplanté des maladies mortelles, laisseront la place à des maladies totalement guéries, pratiquement sans séquelles.

«  La longévité humaine sera le double de ce qu’elle est aujourd’hui «  

Une médecine prédictive et préventive se développera, avec beaucoup de traitements empêchant les premières manifestations de maladies auxquelles certains d’entre nous sont exposés. Tout cela aura un coût significatif et il sera important de s’assurer d’un égal accès de tous à ces avancées médicales. Ceci devrait pouvoir être maintenu dans notre pays mais il conviendra aussi d’œuvrer en faveur des populations des pays à plus faibles ressources. Plus qu’un transhumanisme effrayant, il importe que nous développions un hyperhumanisme appliqué à la santé.

Existe-t-il des barrières législatives au progrès dans ce domaine ?

Les problèmes législatifs et de bioéthique seront légions. Chaque avancée suscite des questions nouvelles. La bioéthique n’est pas aussi universelle dans le temps et l’espace que les droits de l’homme. Les questions et les solutions dépendent de l’état de la science. Comment revoir l’aménagement des temps de vie pour des bicentenaires ? Prévenir le conflit des générations ? Revoir les décisions concernant la fin de vie ? Comment gérer l’annonce des prédictions de susceptibilité à des maladies diverses et l’organisation des traitements en anticipation ? Que dire des différences de position philosophique et éthique entre notre pays, divers pays anglo-saxons, asiatiques, africains, etc. ?

L’augmentation de la longévité sera obtenue grâce aux progrès en génétique. Ajouter des gènes dans le noyau des cellules d’une personne est déjà une réalisation presque quotidienne pour le traitement de certaines maladies dans les pays développés. Envisager de le faire non plus sur les cellules somatiques mais sur les cellules germinales, pour provoquer la disparition de maladies dans l’espèce humaine ou pour augmenter la durée de vie de tous les humains, pose des problèmes éthiques autrement plus complexes.

«  La France, et encore plus l’Allemagne, ne seront vraisemblablement pas parmi les pays s’engageant précocement dans cette aventure  » 

Cela revient à modifier définitivement l’espèce humaine et cela comporte des risques inconnus sur le long terme. Une telle attitude est actuellement prohibée mais cet interdit sera peut-être un jour levé dans certains pays anglophones ou asiatiques. Espérons que toutes les précautions auront été prises préalablement, que les expériences in vitro ou sur l’animal auront défini les conditions d’innocuité et que rien ne sera fait dans la précipitation. Les débats bioéthiques seront ardus et certains refuseront ces modifications pour des raisons de conviction. La France, et encore plus l’Allemagne, ne seront vraisemblablement pas parmi les pays s’engageant précocement dans cette aventure.

Au-delà des barrières législatives, y a-t-il surtout des barrières culturelles concernant l’évolution technologique de la médecine ?

Une médecine bénéficiant des progrès de la technique ne doit pas être une médecine devenant déshumanisée. Au fil des prochaines années, les objets connectés seront de plus en plus présents, à l’hôpital comme au domicile. Il importe que cela ne diminue pas le dialogue nécessaire entre patient et médecin ou soignant. Les lits des malades deviendront « intelligents » au sens anglais du terme, c’est-à-dire aptes à recueillir et fournir des informations précieuses.

«   Les objets connectés seront de plus en plus présents, à l’hôpital comme au domicile  »  

Tous les progrès seront, dans le futur comme dans le passé, susceptibles d’être retardés dans leur application par une inertie, une réticence culturelle mais une telle attitude, lorsqu’elle n’est pas indûment bloquante, permet de définir les éléments de précaution, de limitation des risques, d’adaptation de tous aux nouvelles pratiques.

Comment l’innovation peut-elle s’inscrire dans le système de santé français ?

L’innovation dans le numérique, les objets connectés, la e-médecine apportera des solutions aux inégalités de répartition des médecins sur le territoire et aux disparités dans l’accès à des diagnostics et des soins de la meilleure qualité sans délai pénalisant. La circulation immédiate des informations à partir de tous les secteurs vers les centres d’excellence se multipliera mais le contact entre patient et médecin de proximité restera, heureusement, accessible à tous.

La France est-elle en pointe dans les medtechs ?

La France occupe une bonne place parmi les pays développés dans l’innovation technique, dans le développement de medtechs et de startups. Il importe de prolonger les incitations non seulement à leur création mais aussi à leur croissance, à leur organisation en réseau, à leur conquête de marchés extérieurs. Davantage de liens entre ces structures de taille petite ou moyenne, ainsi qu’entre elles et de grandes entreprises, offrira aux medtechs et aux startups plus de visibilité internationale et aidera à leur plus rapide développement.

Par

Louis Carle

14 juin 2016 / 00H00
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