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Disruption du droit : de quoi parle-t-on vraiment ?

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Disruption du droit : de quoi parle-t-on vraiment ?

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Par Louis-Marie de Langlois, cofondateur d'Editioneo - 27 juillet 2016 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

L’automatisation juridique et la dérégulation toute relative amorcée notamment par la loi Macron en 2015 (concernant la « libre installation » des huissiers et les notaires par exemple) rebat les cartes du secteur du conseil juridique. Les professionnels du droit peuvent ainsi de plus en plus imiter notamment le secteur de la santé afin d’assurer un service plus abordable.

L’expression d’ « ubérisation du droit » semble à y réfléchir assez malheureuse, car elle suggère que les startups et nouveaux acteurs du droit proposent un meilleur service en tous points, et pour moins cher, que les institutions et acteurs déjà en place, ce qui est la promesse d’Uber par rapport aux taxis…

On se rend compte en réalité qu’un avocat par exemple sera bien entendu toujours nécessaire pour apporter son conseil ; ce qu’on doit « uberiser », c’est d’abord les tâches à moindre valeur ajoutée telle que récolter les informations et pièces nécessaires à un dossier, et répondre à certains questions qu’on pourrait grouper dans une « FAQ du droit ».

Santé et droit : le besoin d’un premier contact informel

Le recours à un avocat ou un médecin doit répondre à un vrai besoin d’expertise très pointue ; l‘expérience et le bon sens aidant, on évite de déranger un médecin et de régler une consultation si l’on pense qu’un tour par la pharmacie ou qu’un remède de grand-mère suffira pour se remettre sur pied.

Ainsi la première étape en cas de pépin de santé est de bien s’orienter ; c’est assez facile en France, puisque nous avons la chance d’avoir un système de santé très généreux et de pouvoir demander un premier avis gratuitement et de manière fiable dans une pharmacie ; si l’on a finalement recours à un médecin aux honoraire contrôlé, la note ne sera pas salée, que son expertise ait été nécessaire ou non.

Si l’on transpose ce besoin dans le secteur du droit, c’est tout de suite moins évident ; certains professionnels permettent une première consultation ou un premier avis gratuit, mais peu d’entre eux ont pignon sur rue comme une pharmacie, et le grand public ne sait bien souvent pas comment demander ce premier avis.

Les ressources accessibles en ligne et compréhensibles par le grand public sont par ailleurs naturellement moins nombreuses que dans le domaine de la santé, car elles concernent moins de particuliers, et un grand nombre d’entre elles sont probablement tout aussi peu fiables que les plus belles pages de Doctissimo et consorts …

Répartition de la valeur ajoutée dans le secteur de la santé

De même si l’on finit par aller voir, par exemple, un dentiste ou un ophtalmologue, il n’est pas rare de passer d’abord par les bons soins d’un assistant ou d’un professionnel moins diplômé et donc (le plus souvent) moins bien rémunéré… Ce dernier vous posera des questions, vous fera remplir un formulaire, prendra des mesures ou fera un premier diagnostic.

De manière naturelle (ou plutôt, « libérale »), le cabinet qui vous accueille tente d’user au mieux possible du temps de ses équipes, selon leurs compétences et leur niveau de salaire.

La valeur ajoutée dans le secteur du droit

Filons la métaphore ; ce qui paraît manquer à la plupart des professionnels du droit, c’est une antichambre permettant un premier avis ou proposant des ressources juridiques fiables sur lequel le particulier peut se baser, s’il n’a pas les moyens ou l’envie de faire appel immédiatement à un professionnel hautement qualifié, pour mieux identifier les solutions possibles à son problème. Certaines solutions relèveront d’une simple formalité, d’autres d’un document pré-rédigé à compléter ; d’autres enfin nécessiteront un entretien avec un professionnel et des recherches plus poussées.

En l’absence d’un tel lieu ou, à défaut, de services web de la « Legaltech » jouant ce rôle d’antichambre, certains tenteront l’automédication plus ou moins éclairée pour faire des économies, ou se passeront de remède, comptant sur la chance et croisant les doigts.

Il suffit de chercher les conditions générales de vente pour boutique en ligne sur les sites de petits entrepreneurs pour constater qu’un grand nombre d’entre eux, par manque d’informations sur le sujet ou par souci d’économie, s’en privent ou les bricolent eux-mêmes… Et pourtant, dans un très grand nombre de cas, leur besoin est très cadré et peut être traité très rapidement (et donc à faible coût) par un avocat armé d’un modèle, de la liste des informations de son client et d’un bon outil de rédaction ; par conséquent l’avocat s’épargne le processus laborieux de récolte des informations et des allers-retours concernant les éventuelles pièces justificatives nécessaires, et le client fait des économies !

Par

Louis-Marie de Langlois, cofondateur d'Editioneo

27 juillet 2016 / 00H00
mis à jour le 22 mars 2018
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