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10 janvier 2017

Le French-American Digital Lab, une aubaine pour les startups ?

Le French-American Digital Lab a récemment permis à quatre startups américaines et six startups françaises « d’échanger » de pays le temps d’un accompagnement business. L’occasion pour Maddyness de sonder les participants sur leurs expériences respectives, à New York pour les Français, et à Paris pour les Américains. 

Créé en 2015 par les services culturels de l’ambassade de France à New York et co-produit avec Business France, le French-American Digital Lab est un programme d’échange pour les startups des industries culturelles et créatives. L’événement, organisé dans le cadre du Tandem Paris-New York 2016, mis en œuvre par la Ville de Paris et l’Institut français, a permis à quatre jeunes pousses américaines de pitcher leurs projets devant le public français, au Hub de Bpifrance (Holojam, Emerging Market Media, Bluecadet, DreamAI) tandis que six startups françaises ont de leur côté fait le déplacement à New York, en octobre dernier : Wonda VR, 44screens, INDUO, Wakatoon, Augmented Acoustics, et Wellcut.

DigitalLab

Mais les échanges ont-ils été profitables aux jeunes pousses ? Quels-ont été leur ressenti à la suite du programme ? Interrogées par Maddyness, deux des six startups françaises nous ont livré leu ressenti vis-à-vis de l’offre proposée par le French-American Digital lab, à l’image de Artips, fondée en 2013 par Coline Debayle et Jean Perret.

Celle-ci, qui ambitionne de rendre l’histoire de l’art fun et accessible à tous en en diffusant des anecdotes décalées et mémorables, a profité du voyage pour découvrir le rapport qu’entretenaient les Américains avec l’art et les musées, notamment de New York. Consciente que le marché américain est ambitieux et peut potentiellement multiplier son business par dix, Coline attendait ainsi de ce programme de pouvoir rencontrer des acteurs du monde culturel ainsi que de potentiels lecteurs pour tester l’adaptation des contenus de Artips. 

«  Notre retour sur le programme est qu’il est incroyable, très bien ficelé, à la fois adapté à chacun et capable d’élargir nos horizons. Excellent accompagnement et l’ouverture de nombreuses portes ! « 

Coline Debayle, cofondatrice de Artips

Wellcut, lancé par Hélène Fromen et Nicolas Silberman, voyait quant à lui en New York une opportunité de s’immiscer dans l’écosystème média et AdTech, mais également de valider la pertinence de sa proposition et les opportunités de croissance. La solution, dédiée aux médias et diffuseurs de vidéos, permet à leurs « fans » de réagir sur un instant précis de leurs vidéos, avec un « tweet-video » ou un GIF avec du son. 

«  J’attendais essentiellement du Digital Lab des rencontres avec des acteurs majeurs basés à New York. La bonne nouvelle est qu’ils valident ! Un responsable de la distribution d’une chaîne de TV me parle de « Social Obsession ». De belles opportunités donc. « 

Hélène Fromen, cofondatrice de Wellcut

Si les deux fondateurs doivent encore faire leurs preuves pour percer outre-Atlantique, ils ont profité durant ces dix jours de l’énergie de l’écosystème tech, et du programme intense d’intervenants et des sessions avec différents « mentors » concocté par le Digital Lab.

 » Par exemple, une spécialiste du Growth Hacking a comparé Wellcut à Boomerang et depuis nous « signons » tous les extraits vidéos créés d’un « Made with Wellcut » qui communique sur l’outil et l’app naturellement. C’est comme une évidence ! Et en fait, j’en reviens « boostée » par l’enthousiasme des américains à notre pitch ! Sa puissance s’était sans doute émoussée à force de rendez-vous et discussions en France. Les Américains sont les rois du story-telling ! et c’est tellement bon d’entendre un « Start-up Guru » new-yorkais me dire « WoW, you are the new GIF ! « , se réjouit Hélène Fromen.

french american digital lab

Des Américains à la conquête de l’Est

Côté américain, les jeunes pousses semblent tout aussi ravies de leur expérience. Holojam, qui veut rendre l’expérience de réalité virtuelle non plus individuelle mais partagée, attendait du programme la possibilité de créer un pont entre l’écosystème VR américain et l’écosystème VR français et sa communauté. 

«  Les échanges avec les créateurs de contenu et les grandes entreprises comme Orange, Havas et Vivendi ont été extrêmement utiles. J’y ai trouvé un certain nombre de possibilités de partenariats potentiels « 

Michael Gold, Holojam

Brad Bear, fondateur de Bluecadet, avait quant à lui entendu parler du marché technologique français comme l’un des plus respecté pour sa rapide croissance. Intéressé également par la qualité du contenu proposé par les musées, les universités et les ONG, l’entrepreneur voulait sonder le marché culturel français. Pour lui, les discussions préliminaires entamées avec les différentes parties rencontrées permettront d’introduire leur approche, qui a fait ses preuves, « auprès de nombreuses entités et de donneront naissance à de prochaines opportunités de collaborations. Historiquement,  il y a eu quelques hésitations quand au fait d’introduire une offre numérique, surtout dans les musées parisiens les plus conservateurs, mais sous sommes confiants dans le fait que notre technologie sera bientôt aussi répandue dans les musées en France qu’elle l’est au travers des États-Unis« . 

«  Nous avons été enthousiasmés par l’opportunité de travailler directement avec l’Ambassade de France et Business France pour identifier plusieurs organisations qui pourraient être de bons partenaires potentiels et pour découvrir les possibilités d’intégrer notre technologie dans leurs institutions « 

Brad Bear

L’entrepreneur, qui déplore malgré tout ne pas avoir eu assez de temps pour profiter de Paris, repars aux États-Unis avec la ferme conviction que le programme, qui a selon lui dépassé ses attentes, lui permettra de mettre en place des partenariats avec plusieurs musées français dans les années à venir.