Le Hardware Club crée un fonds de 25 millions d’euros pour devenir le VC communautaire du hardware

Les startups des objets connectés ont désormais leur fonds dédié ! Le Hardware Club, créé par Barbara Belvisi et Alexis Houssou -auxquels s’est associé Jerry Jang- il y a deux ans pour inciter les startups hardware à collaborer ensemble, pousse plus loin sa stratégie d’accompagnement et lance le Hardware Club Fund I, doté de 25 millions d’euros.

Après avoir bâti une communauté de 265 sociétés hardware au cours de ces deux dernières années, le Hardware Club annonce le closing de son premier fonds : Hardware Club Fund I, doté de plus de  25 millions d’euros et soutenu par le fonds French Tech Accélération de Bpifrance, Crédit Mutuel Arkea mais aussi par des acteurs de premier plan comme le géant de l’électronique taïwanais Foxconn ou encore le fonds japonais Mistletoe. Avec cette somme, le Hardware Club Fund I a vocation à investir des tickets compris entre 150 000 et 1,5 millions d’euros (et jusqu’à 4 millions sur une même ligne) dans des startups françaises mais aussi internationales qui font partie de son club, très sélect.

« Lorsque j’ai quitté le fonds d’investissement pour lequel je travaillais, j’ai vécu pendant un an au contact de tous les écosystèmes startups et j’ai fait le focus sur les startups de l’électronique car ce sont elles qui ont le plus gros besoin d’accompagnement aujourd’hui. Elles ont une vraie problématique commune : elles ont du mal à trouver des usines et du mal à trouver des revendeurs. Pire, quand on parle de financement il n’y a personne »

Barbara Belvisi

Lancé en janvier 2015, le Hardware Club a déjà reçu 3500 candidatures mais n’a choisi que 265 d’entre elles, sur la base de ce qu’elles pouvaient apporter aux autres. Les taux de maturité des sociétés, eux, varient, mais les plus jeunes, qui n’ont pas encore fait leurs preuves sont souvent renvoyées vers d’autres acteurs comme l’Usine IO. Si le taux d’acceptation, compris entre 6 et 8%, est aussi bas, c’est que les bénéfices sont réels et que les profiteurs n’ont pas droit de cité. Le club est gratuit et la monnaie d’échange est le conseil et la bienveillance. Sur Slack comme sur la plateforme dédiée, les bons conseils fusent, tout comme les vives critiques. Une manière de faciliter le travail de tout le monde et de mettre au ban les partenaires (voire même les VCs) les moins fiables.

Faciliter le business

Pour mieux accompagner les jeunes pousses, le club a noué dès ses débuts des relations privilégiées avec la crème de la crème des géants de l’électronique (comme Foxxcon) mais aussi des retailers comme la Fnac ou encore Harrod’s où le Hrdware Club dispose d’un véritable corner pour mettre en avant ses pépites. Au bout d’un an de rencontres, d’émulations et d’enseignements, la recette du Hardware Club est désormais toute trouvée : être un acteur de premier plan qui fédère tout le monde et qui apporte à la fois du financement et de l’accompagnement. Une sorte de VC communautaire qui source en même temps qu’il accompagne.

Chaque startup, passée devant le comité de sélection du Hardware Club lors de son entrée, est jugée sur son apport à la communauté et de nombreuses inconnues sont ainsi écartées d’emblée quand il s’agit d’investir. « Quand les startups de la communauté cherchent de l’investissement, on les connait déjà, on sait comment elles ont utilisé les ressources mises à leur disposition et on a déjà une relation de confiance avec les personnes. », explique Barbara Belvisi. Le Hardware Club a d’ailleurs déjà réalisé plus d’une dizaine d’investissements en amorçage dans des startups comme Prynt, Keecker ou encore Lima.

Si le but est de faire rayonner la France sur l’échiquier de l’IoT, notamment via l’organisation d’un festival en propre où les startups du club seront réunies à Paris d’ici la fin de l’année, le Hardware Club lorgne également sur d’autres horizons. Avec des bureaux à Paris, San Francisco et Tokyo, la société travaille aujourd’hui à résoudre une problématique de taille : scaler la communauté sans qu’elle perde son identité. Il se pourrait également que les États-Unis, d’où sont issues 40% des startups du club, soit le prochain marché à bénéficier d’un fonds Hardware Club.