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Bootstrapper VS lever des fonds, quelle stratégie adopter ?

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Bootstrapper VS lever des fonds, quelle stratégie adopter ?

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Par Geraldine Russell - 05 octobre 2017 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

Non, lever des fonds n’est pas obligatoire. Ça peut aider, certes mais ce n’est pas un passage obligé. Certaines startups préfèrent « bootstrapper », c’est-à-dire construire leur succès sur leurs fonds propres et leurs revenus. C’est le cas de Welmo. Charles Collas, cofondateur de la startup, explique pourquoi il a choisi de ne pas procéder à un tour de table.

Pour bien lancer son entreprise, il est nécessaire de se poser les bonnes questions afin de définir vos objectifs. Pour cela, il faut partager une vision commune entre associés et choisir une stratégie de financement adaptée : bootstrapper (c’est-à-dire développer sa boîte à partir de fonds propres et de l’argent gagné par celle-ci) ou lever des fonds ?

Quand un entrepreneur monte une startup, il peut avoir en tête divers objectifs, fondés sur :

  1. la vision : vouloir faire évoluer un marché
  2. l’argent : gagner davantage que s’il était salarié; envisager de revendre sa boîte dans quelques années
  3. l’apprentissage : devenir un expert dans son domaine et / ou acquérir de nouvelles compétences en sortant de sa zone de confort
  4. le lifestyle : améliorer son cadre de vie, être indépendant géographiquement, organiser lui-même ses journées

La problématique, c’est qu’il est indispensable d’avoir des objectifs alignés entre cofondateurs pour ne pas risquer d’évidents clashs qui pourraient faire couler la boîte. Si l’un souhaite créer une muse à la Tim Ferris et optimiser sa qualité de vie alors qu’un autre veut lever des fonds, se concentrer sur la croissance et devenir leader dans son secteur, forcément ça va poser problème.

De plus, en early stage, les cofondateurs ont tendance à avoir le nez dans le guidon : la boîte est petite et ils doivent exécuter beaucoup de tâches très variées, parfois en dehors de leurs compétences premières. Ils risquent alors d’oublier de se poser ces questions pourtant fondamentales pour créer des bases saines et solides à leur business.

Quelle est la vision de l’entreprise ? Jusqu’où l’emmener ? Quels objectifs (nombre d’employés, CA, taille de marché, lifestyle…) ? Pourquoi est-ce qu’on fait ça, en fait. C’est en se posant ces questions qu’ils pourront choisir une stratégie de financement adaptée à cette vision.

Quand bootstrapper et quand lever des fonds ?

On cherche à lever des fonds dans certains cas précis :

  • on est encore à la recherche de son business model
  • on a un business model mais il ne nous permettra pas de devenir rentable à court terme
  • on est rentable et on cherche à attaquer un nouveau marché

Le souci, c’est que les startuppers ont l’impression que startup rime avec lever des fonds, donc que lever des fonds est la stratégie à adopter dans 100% des cas. J’imagine que c’est principalement dû à la médiatisation des levées mais ça fausse un peu la donne parce qu’ils ont l’impression que levée de fonds = réussite.

Alors bien évidemment, c’est très bien de lever des fonds, c’est avoir du capital pour croître, embaucher et exécuter sa vision. Mais, d’abord, ce n’est en aucun cas une fin en soi ! D’ailleurs, de nombreuses boîtes, même ayant levé des sommes importantes se sont plantées derrière. Et, ensuite, lever des fonds ça peut être aussi pas mal d’inconvénients :

  • ça prend beaucoup de temps (6 mois à 1 an !) et c’est limite un job à temps plein pour l’un des cofondateurs. Évidemment, pendant ce temps-là, il ne peut pas se concentrer à 100% sur le coeur de son business
  • la pression de la part des investisseurs (généralement davantage si ce sont des fonds d’investissement que des business angels) quant à votre croissance est intense
  • le risque de perdre votre concentration : on a de l’argent donc on est cool. Au lieu de se concentrer sur le produit, on fait des reportings aux investisseurs et on prépare la levée de fonds suivante…

Le but ici n’est absolument pas de faire du bashing de levée de fonds, certaines boîtes s’en sortent très bien et bravo à elles ! Maise ce n’est pas la voie unique. Selon moi, si vous pouvez vous en passer (business model permettant des rentrées d’argent rapides), il vaut mieux bootstrapper !

Bootstrapper pour mieux décoller

  • Vous êtes forcé de vous concentrer sur les rentrées d’argent et donc de créer quelque chose pour lequel les gens sont prêts à payer en priorité
  • Vous restez indépendant et maître du navire, pas de comptes à rendre ni de dilution des parts de la société
  • Vous pouvez toujours aller lever des fonds pour accélérer votre croissance une fois votre business model établi et la rentabilité atteinte. Vous serez alors en bien meilleure position pour décrocher un super deal !

C’est ce qu’on a choisi de faire chez Welmo, la startup que j’ai cofondée il y a maintenant un peu plus d’un an. On aide les propriétaires à vendre leurs biens immobiliers et on se positionne comme une alternative aux sites entre particuliers et aux agences immobilières. On scale en recrutant et formant des agents immobiliers indépendants responsables d’un secteur.

Après plusieurs (longues) réunions à se poser ces questions, on a finalement choisi de bootstrapper notre boîte. D’après notre expérience, voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté et réussir votre bootstrap :

  • avoir un business model qui permet de rentrer de l’argent rapidement
  • avoir une équipe avec des compétences complémentaires pour ne pas avoir besoin d’embaucher/payer un freelance pour certaines tâches. Dans la mesure du possible, apprendre les compétences manquantes
  • pouvoir ne pas se payer pendant un moment (argent de côté, rupture conventionnelle ? chômage, …) et laisser l’argent gagné sur la boîte pour le réinvestir
  • faire le radin – première version : diminuer ses dépenses liées au business et ne payer que pour ce qui est réellement nécessaire (on vire les outils SaaS facturés chaque mois qu’on a oubliés), négocier tous les contrats
  • faire le radin – deuxième version : pareil avec ses dépenses personnelles..

Au final, quelle que soit la stratégie pour laquelle vous optez, il faut bien se rendre compte que le succès n’arrive pas du jour au lendemain. Il faut être patient et persévérant, la route est longue, donc choisissez bien la voie qui vous correspond !

Par

Geraldine Russell

05 octobre 2017 / 00H00
mis à jour le 22 mars 2018
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