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La France doit-elle copier sur d’autres pays pour espérer prospérer ?

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Par Maud Petitgars - 22 décembre 2017 / 00H00

Et si, pour se développer au maximum de son potentiel, la FoodTech française s'inspirait de ses concurrents étrangers ? C'est en tous cas la proposition de Digital Food Lab, un organisme qui oeuvre pour le secteur.

L’objectif de DigitalFoodLab est d’accélérer la FoodTech en France en donnant de la visibilité aux startups et en favorisant les relations entre les startups, investisseurs et grands comptes. Cela nous conduit inévitablement à nous intéresser à l’écosystème de startups alimentaires à l’étranger pour y chercher de bonnes pratiques. Nous nous intéressons notamment à ce qui se passe aux Etats-Unis, en Israël et en Asie (Inde et Chine en particulier).

La FoodTech est par bien des aspects moins développée en France que dans ces pays. Nous avons ainsi remarqué que beaucoup de « bonnes idées » qui semblent fonctionner à l’étranger ne sont pas importées, copiées et adaptées au marché français. Le domaine de la FoodTech se prête pourtant très bien à des stratégies de copycat intelligentes. C’est un des paramètres qui contribuera à la création d’un écosystème plus actif, plus riche et permettra de financer les futures innovations de rupture.

Qu’est-ce qu’un copycat et pourquoi copier ?

Alors que beaucoup d’entrepreneurs se demandent si leur idée est « unique », il est souvent possible de trouver une idée qui fonctionne bien à l’étranger et de l’adapter localement aux spécificités de son marché. Cela est particulièrement vrai dans le domaine FoodTech, à l’opposé des marchés basés sur une plateforme facilement internationalisable. Un produit distribué dans des supermarchés, une offre de paniers repas ou même de delivery intégrée comme Frichti (très inspiré de Munchery) ne peut pas s’internationaliser rapidement.

Pourquoi serait-ce une bonne idée de copier ?

Tout simplement parce que cela réduit les couts et les délais de mise en place du projet. Faire une startup, c’est faire des erreurs qui coutent du temps et de l’argent ; or, quoi de mieux que d’avoir ces erreurs faites par quelqu’un d’autre ailleurs ? Vous n’avez qu’à regarder son historique et observer son évolution pour comprendre sa démarche et vous en inspirer.

Alors que les temps de mise sur le marché des produits et services se réduisent dans tous les domaines, celui de l’alimentaire reste règlementé et particulièrement lent, il faut du temps pour pénétrer un marcher, le comprendre, trouver des partenaires pour produire, etc. Tous ces arguments ont encore plus de poids pour un primo-entrepreneur. Premièrement parce que cela lui fournit une ligne directrice à suivre et réduit les questions existentielles inhérentes à la création d’une première entreprise. Second point non négligeable, cela peut aider à convaincre tôt des investisseurs qui seront séduits par la réussite du produit ou service copié (l’argument tient moins, à la surprise de certains, quand on copie un produit qui a échoué une ou plusieurs fois ailleurs).

Copier avec style

Innover ne veut pas nécessairement dire inventer, au contraire. Les plus belles startups et les plus belles réussites des dernières années étaient pour la plupart d’entre elles des adaptations d’un concept déjà existant. Il n’y a pas de mal à copier, parfois sans vergogne, et à améliorer. Copier ne veut pas dire plagier, cela ne suppose pas de voler un logo, une marque ou un brevet mais au contraire adapter ce que l’on a vu.

Tout le succès du copycat réside évidemment dans la façon dont on saura adapter l’idée aux besoins locaux. Feed, avec son offre de boissons et de barres se substituant à un repas s’inspire de l’américain Soylent et doit son succès depuis à des goûts beaucoup plus diversifiés (13 contre 2) dont la moitié en salé contre une offre exclusivement sucrée.

Quelques idées

Voici 2 startups foodtech parmi d’autres que nous trouvons intéressantes et qui nous semblent mériter d’être « copiées » : Regrained et Provenance.

Regrained propose des barres protéines à partir des co-produits issus du brassage. Ces restes, dont les brasseurs doivent payer l’évacuation sont peu valorisés alors qu’ils présentent un intérêt nutritionnel évident. Une startup sur cette double thématique anti-gaspillage et d’aliments locaux et sains aurait pour elle l’intérêt du public et des médias.

Provenance développe des solutions utilisant la blockchain pour le suivi des produits (en particulier alimentaires) le long de la supply chain. Les bénéfices sont nombreux pour le consommateur et les industriels : transparence, réduction des coûts d’audits, sécurité des données, etc. Alors que Walmart met en place des tests sur plusieurs produits, bénéficier de la proximité des distributeurs et industriels français serait un avantage pour avancer sur cette thématique.

Le copycat n’est pas un objectif, mais une étape

Copier n’est pas un objectif en soit, cela peut donner une idée, une base, sur laquelle bâtir une entreprise. Chaque entreprise créée, surtout si elle connaît le succès et se développe, construit sa propre identité. Les entreprises qui se créent ainsi permettent de développer un réseau de compétences et d’entrepreneurs qui pourront contribuer au succès futur de projets totalement nouveaux et qui nécessiteront plus de temps et de moyens. La stratégie de copycat est une étape nécessaire dans le développement de  notre écosystème FoodTech.

Article initialement publié en juillet 2017

Par

Maud Petitgars

22 décembre 2017 / 00H00
mis à jour le 26 septembre 2018
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