Jeunes ou plus âgés, artisans ou commerçants, dirigeants de petites entreprises ou de grands groupes : qui sont ceux qui dirigeaient les 50 000 entreprises liquidées judiciairement l'année dernière ? L'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs, réalisé par l’association GSC et la société Altares, apporte quelques éléments de réponse.

Si certains entrepreneurs deviennent des machines à succès, d'autres n'ont pas la même chance... ou le même talent. L'année dernière, quelque 50 011 entrepreneurs sont passés par la case liquidation judiciaire. Point positif : ce nombre est en baisse depuis deux ans. "Le recul du nombre d’entrepreneurs en situation de chômage ces trois dernières années est un indicateur du dynamisme entrepreneurial français, se réjouit Élodie Warnery, directrice générale de l’association GSC, qui a consacré une étude à la perte d'emploi des entrepreneurs. Cependant, le risque d’être confronté à une perte d’emploi n’est pas le même suivant le secteur, la région et la taille des entreprises."

Les moins de 30 ans, relativement épargnés

Chance des débutants ou enthousiasme de la jeunesse ? L'histoire ne le dit pas mais les plus jeunes entrepreneurs sont ceux qui sont le moins touchés par la liquidation judiciaire, selon les chiffres présentés par l'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs, réalisé par l’association GSC et la société Altares. Ainsi, seulement 2,5% des dirigeants ayant liquidé leur entreprise l'année dernière avaient moins de 26 ans et 7,3% entre 26 et 30 ans. Au contraire, les choses se corsent après 30 ans. Près d'un quart des liquidations (24,9%) ont concerné une entreprise dirigée par un entrepreneur de 31 à 40 ans, 23,9% de 41 à 50 ans et 35,7% de plus de 50 ans.

Ce constat donne une nouvelle dimension à l'échec entrepreneurial : avant trente ans, la liquidation judiciaire concerne principalement l'entrepreneur mais celui-ci peut envisager de se lancer dans une nouvelle création d'entreprise ou de se reconvertir ; après trente ans et a fortiori après quarante ans, la liquidation judiciaire a non seulement un impact sur le dirigeant d'entreprise mais aussi sur ceux qui l'entourent, notamment sa famille. "Lorsqu’un homme ou une femme perd son entreprise et par là même son emploi, il n’est pas juste question de perte de revenu mais de perspectives d’avenir pour lui et sa famille, souligne Élodie Warnery. Il y a là une problématique sociale." De quoi appuyer la demande de nombreux entrepreneurs de pouvoir cotiser à l'assurance-chômage tout en étant dirigeant d'entreprise.

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Plongeoir

Les petites entreprises, logiquement plus touchées

Représentant la très grande majorité des entreprises françaises, les petites entreprises sont également surreprésentées parmi celles qui mettent la clé sous la porte. Près des trois quarts des entreprises en liquidation judiciaire (74%) avaient ainsi moins de 3 salariés, alors que les entreprises de plus de 10 salariés ne représentaient l'année dernière que 5% des liquidations. Le risque est relativement élevé aussi pour les entreprises de 3 à 5 salariés, qui représentaient 15% des liquidations, contre seulement 6% pour les structures comptant entre 6 et 9 salariés.

Sans surprise, ce sont donc les artisans du bâtiment (25,8%, soit 12 441 entrepreneurs) et les commerçants (24%, soit 11 592 entrepreneurs) qui représentent le gros du peloton des entrepreneurs concernés par une liquidation judiciaire. Le bâtiment a toutefois connu une embellie par rapport à 2016, avec une baisse de 11,3% des liquidations judiciaires dans le secteur. Une amélioration qui a également concerné les services aux entreprises (-13,8%), les activités financières et d'assurance (-11,3%) et, dans une moindre mesure, l'industrie (-5,6%) et les services aux particuliers (-5%). Seul laissé pour compte de cette embellie, le secteur des transports et de la logistique a, lui, connu une hausse des liquidations de 6,5%...