Giroptic, le surdoué de la photo, ferme finalement ses portes

Rideau. La startup lilloise Giroptic a annoncé lundi soir qu'elle fermait définitivement ses portes et cessait toute activité, n'ayant pu trouver un fabricant de smartphones à qui s'adosser après 8 mois de discussions.

« C’est dur de dire au revoir ». C’est en ces mots que s’est exprimé Richard Ollier, le fondateur de Giropticdans un message publié sur le site de la marque. Celui-ci annonçait hier la fermeture de sa startup, dix ans après sa création : « Je savais que l’aventure ne serait pas simple, que tout devait être réinventé« , a-t-il reconnu.

À relire : Giroptic, la caméra made in France, pourrait faire de l’ombre à GoPro

La startup développait depuis 2008 une caméra 360 degrés haute définition qui se fixait sur un smartphone. Une innovation qui avait d’abord convaincu les pontes de la Tech, parmi lesquels Mark Zuckerberg, avant de convaincre le grand public : en 2014, la startup avait rassemblé plus d’1,4 million de dollars (environ 1,1 million d’euros) auprès de plus de 3000 contributeurs lors d’une campagne de financement participatif sur Kickstarter.

giroptic

Forte de ce succès, la startup avait bouclé un tour de table de 4,5 millions d’euros l’année suivante auprès de Partech Ventures, son investisseur historique Finorpa et plusieurs autres investisseurs, dont le chanteur Aloe Blacc. La startup se voyait alors détrôner celui qui était encore le roi du secteur : GoPro. Avec plus de 20 000 exemplaires de sa micro-caméra vendus l’année dernière, la startup se rassurait alors que GoPro licenciait à tour de bras et perdait de sa superbe.

À relire : Giroptic, créateur de la caméra 360°, lève 4,5 millions de dollars et séduit l’artiste Aloe Blacc

Mais force est de constater qu’aujourd’hui, c’est bien Giroptic qui rend son dernier souffle. La startup avait tenté le tout pour le tout en ouvrant l’année dernière un bureau à San Francisco pour envisager un rapprochement avec des géants de la Tech qui lui aurait permis de solidifier son activité. « Nous étions sur le point de conclure un accord avec l’un des plus grands constructeurs de smartphones, ce qui nous aurait aidés à grandir et déployer notre vision, explique Richard Ollier. Malheureusement, à la dernière minute, cela ne s’est pas fait. » Malgré l’accueil initial très positif d’Apple et Facebook, les discussions ont finalement tourné court, tout comme l’aventure de la startup nordiste.

Si son fondateur ne précise pas ce que vont devenir les 45 salariés de l’entreprise, qu’il décrit comme « 45 talents créatifs, 45 personnes extraordinaires, 45 amis », il ne cache pas sa reconnaissance envers ces derniers : « Giroptic a été toute ma vie pendant 10 ans et je n’aurais pas pu travailler avec de meilleures personnes », conclut-il.