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Transfert d’argent : ces fintechs qui cassent les prix

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Par Celine Deluzarche - 05 avril 2018 / 14H00

Immigrés, expatriés, travailleurs transfrontaliers… 250 millions de personnes vivent en-dehors de leur pays d’origine et envoient chaque année 460 milliards d’euros vers l’étranger. Un marché juteux capté jusqu’ici par les banques et les organismes spécialisés comme Western Union ou MoneyGram. Mais depuis quelques années, des startups viennent grignoter leur pré carré avec des frais divisés par dix et des services innovants.

Sur 340 euros envoyés de la France vers Madagascar, 24,46 euros sont engloutis en moyenne en frais de transfert. D’après la Banque mondiale, ces différents frais (fixes, commission, surtaxe sur les taux de change…) s’élèvent en moyenne à 10,44% dans le monde en passant par une banque. Des taux qui s’apparentent à du « racket » pour les nouvelles startups du secteur qui entendent bien disrupter les « vieilles » institutions comme Western Union ou MoneyGram.

TransferWise, le leader de ces nouveaux entrants, a atteint le stade de licorne avec une valorisation estimée à 1,6 milliard de dollars. Fondée par un Estonien en 2011, la société basée à Londres compte parmi ses prestigieux investisseurs Peter Thiel et Richard Branson. Elle revendique deux millions d’utilisateurs dans 67 pays et 1,5 milliard de transferts par mois. La méthode est simple : pour virer 1000 euros de la France vers l’Angleterre par exemple, l’argent transite via un compte britannique de la société et il est converti en livres sterling. La somme est ensuite reversée au bénéficiaire, moyennant des frais de 0,5% (4,98 euros dans ce cas). « Jusqu’à huit fois moins cher que les banques », se vante le PDG Kristo Käärmann.

Des pépites françaises sur les rangs

Les Britanniques sont particulièrement en pointe sur ce marché, avec plusieurs autres startups très dynamiques comme Revolut, Azimo, Circle Pay ou WorldRemit. Mais on trouve aussi quelques pépites françaises. La petite dernière s’appelle Ditto. Se présentant comme une véritable banque en ligne, elle est disponible uniquement via une application smartphone ou tablette. Moyennant un abonnement de 9,90 euros par mois, le client dispose d’une carte bancaire Gold MasterCard permettant de payer sans frais dans différentes monnaies et peut ouvrir autant de comptes en devises qu’il souhaite. « Nous souhaitons avoir plusieurs dizaines de milliers de clients français d’ici à la fin de l’année », avance Sylvain Pignet, le patron de la fintech installée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). L’autre Français, Paytop, fournit ses solutions techniques en «marque blanche». Il est derrière le site Monisnap et a récemment conclu un contrat avec une grande banque.

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Une transparence sur les prix incomplète

L’argument phare de ces nouveaux acteurs : des frais défiant toute concurrence. Mais pour le consommateur, difficile d’établir une véritable comparaison. « Lorsque certains organismes vous font miroiter des frais de transfert ou de commission nuls, ce n’est tout simplement pas vrai », met en garde TransferWise. « Ils procèdent à une majoration du taux de change pour vous faire payer plus que ce que vous devriez », ajoute la startup, qui met en avant la transparence de ses tarifs. « Nous utilisons le taux de change réel, celui que vous voyez sur Google ». Un écueil qu’a décidé d’exploiter Moneytis, un comparateur de prix spécialisé sur l’envoi d’argent vers l’étranger. La startup française compare en temps réel 308 services et prend une commission lorsque quelqu’un utilise la plateforme retenue. Reste que l’offre demeure incomplète : nous n’avons par exemple pas trouvé de solution pour virer de l’argent vers le Mali, alors que plusieurs sites disposent d’offres vers ce pays.

Cap sur l’Afrique et l’Asie

Pour toutes ces fintechs, la course à la croissance est engagée. L’expansion géographique est une priorité, avec notamment l’Asie et l’Afrique, deux énormes marchés potentiels. L’Afrique a ainsi reçu 65 milliards de dollars en 2016, alors que les frais d’expédition demeurent assez élevés dans ce continent (plus de 10% de la somme envoyée contre 7,4% en moyenne dans le monde), d’après le Fonds International de Développement Agricole. La plupart des virements passent encore par des agences physiques ou les acteurs traditionnels comme Western Union. Un quasi monopole qu’entendent justement casser les jeunes pousses, grâce à l’accès croissant aux outils numériques de la population (le taux de pénétration du mobile atteignait 43% en 2016, en croissance de 6,1%, d’après l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile, GSMA). WorldRemit, pionnière sur le continent, est présente aujourd’hui dans 140 pays dont 40 africains. Wizall, Mergims et Afrimarket ont quand à eux introduit un modèle de cash-to good (envoi d’argent récupéré sous forme de biens de consommation et de services). Mergims, une startup rwandaise, permet par exemple de payer ses factures d’électricité ou ses frais de scolarité grâce à son application.

Les géants de la tech à l’attaque

Ces startups ont toutefois intérêt à ne pas s’endormir. Car la concurrence grandit, avec les pure players du net qui revendiquent eux aussi une part du gâteau. En 2015, PayPal a racheté Xoom, une société américaine spécialisée dans le transfert d’argent vers l’étranger, pour près de 900 millions de dollars. Skype s’est lancé l’an dernier vers 22 pays (principalement Europe et Etats-Unis). Des plateformes qui sont aussi de nouvelles opportunités. En février 2017, TransferWise a ainsi créé un bot sur Facebook Messenger permettant le transfert d’argent directement dans l’application.

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Les cryptomonnaies vont-elles ringardiser les devises traditionnelles ?

Mais il y a surtout le bitcoin, une monnaie par nature sans frontières et qui permet de contourner entièrement le système bancaire. Plusieurs startups ont récemment investi ce créneau pour proposer des transferts d’argent sans commission. Le startup américaine Abra, par exemple, convertit la somme à virer en bitcoin puis passe par la blockchain pour l’envoyer sur un nouveau compte dans la devise demandée. Les Asiatiques sont particulièrement actifs sur cette technologie, avec notamment Bitspark, à Hong Kong, ou CoinPip, à Singapour. Un modèle très intéressant pour les pays peu concurrentiels, où les frais sont traditionnellement élevés.

À tel point que les cryptomonnaies intéressent de près les géants du secteur : Western Union et Moneygram testent depuis quelques semaines les transferts via Ripple (XRP), une cryptomonnaie moins volatile et plus centralisée que le bitcoin. « XRP est l’actif numérique le plus efficace pour les paiements, avec des frais de transaction de seulement quelques fractions de centimes, contre 30 dollars par transaction avec le bitcoin », explique le PDG de Ripple. « De même, le temps moyen de transaction s’élève à peine à 2 à 3 secondes, contre 15 minutes à une heure avec d’autres cryptomonnaies », ajoute-t-il. Des dizaines de banques à travers le monde font déjà appel à l’entreprise.

Toute cette frénésie a déjà abouti à une baisse massive des frais de transfert : entre 2008 et 2017, ils ont diminué de 2,58 points en moyenne.

Par

Celine Deluzarche

05 avril 2018 / 14H00
mis à jour le 05 avril 2018
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