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Que Font Les Fonds : le portrait de Truffle Capital

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Que Font Les Fonds : le portrait de Truffle Capital

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Par Geraldine Russell - 02 juillet 2018 / 18H00

Dans le paysage de plus en plus foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et surfer sur une bonne occasion de communiquer, nous avons décidé de brosser le portrait des fonds français pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour de Truffle Capital !

L’art de l’investissement mêle une connaissance suffisamment pointue des technologies pour ne pas tomber dans le discours marketing du premier entrepreneur venu et un soutien opérationnel précieux pour des entrepreneurs en pleine ascension de leur Everest. Ou, comme le résume Bernard-Louis Roques, cofondateur de Truffle Capital : « nous sommes des technologues avec l’expérience d’entrepreneurs« . « Pour qu’une entreprise décolle, il faut bien sûr un entrepreneur talentueux mais aussi une bonne gouvernance, rappelle-t-il. Cela nécessite une certaine expertise à chaque moment de vie de la boîte.« 

Et l’investisseur sait de quoi il parle : après une carrière dans le trading, il a lui-même créé ABN Amro Capital France avant de se lancer dans l’aventure Truffle Capital en 2001. Ce dernier était alors l’un des premiers fonds d’investissement technologique, alors que la bulle Internet était en train d’éclater. Son associé, Philippe Pouletty, est non seulement docteur en médecine mais est lui aussi passé par les fourches caudines de l’entrepreneuriat puisqu’il a notamment fondé Carmat, Deinove ou encore Pharnext.

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Aller chercher les innovations à la source

C’est cette double casquette d’entrepreneurs et d’investisseurs qui permet à l’équipe de Truffle Capital d’être aussi prolifique : en un peu moins de vingt ans, ce sont plus de 65 investissements qu’a réalisé le fonds. Une petite quinzaine d’entre eux sont depuis entrés en Bourse, seize entreprises ont été vendues et le fonds a cédé ses parts dans plus d’une trentaine d’autres. Un track record impressionnant, soutenu tambour battant grâce à « une à deux introductions en Bourse par an« .

Le fonds se concentre sur les secteurs de la santé, son coeur de métier, mais aussi de la Fintech et de l’Assurtech, sur lesquels il s’est lancé en 2013. « Ce sont des domaines dans lesquels une innovation de rupture peut tout bouleverser : la finance pèse 7 à 8% du produit national brut« , rappelle Bernard-Louis Roques. Pour détecter les innovations radicales dès leur naissance, la fonds « travaille étroitement avec les laboratoires de recherche« . Certaines des startups accompagnées sont d’ailleurs des spin-off de projets de laboratoire, co-créées par Truffle Capital. « Nous voulons être à la pointe de l’innovation, pas être des suiveurs« , martèle l’investisseur.

Créer des succès pérennes

Ce mantra, le fonds l’a adopté comme thèse d’investissement. Pas question de « saupoudrer de l’argent dans des participations minoritaires« . L’idée est d’être « l’investisseur de référence » de futurs « leaders sectoriels« . C’est à coup d’investissements de 10 à 15 millions d’euros que Truffle Capital tisse sa toile pour « accompagner les entreprises jusqu’à un certain stade : une entrée en Bourse, une grosse levée, une ICO ou la revente à un industriel pour perdurer« .

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Fort de « bonnes relations avec l’ensemble des investisseurs potentiels : laboratoires, banques et assurances« , le fonds d’investissement a développé deux stratégies sensiblement différentes pour chacun des domaines dans lesquels il s’illustre. Côté médecine, il exploite les brevets des plus grandes universités, Harvard et MIT en tête et construit des sociétés « autour de ces brevets« . Mais délaisse volontairement les biotechnologies, aux cycles de développement trop longs pour correspondre à ses attentes de retour sur investissement. Côté finance, Truffle Capital a créé en 2015 le Truffle FinTech Incubator, un incubateur dédié aux projets financiers.

Car c’est en allant chercher les innovations à la source et en leur donnant les moyens opérationnels et financiers de grandir que Truffle Capital souhaite faire bourgeonner « des entreprises qui perdurent« . Et Bernard-Louis Roques le souligne : « pour diriger, il faut être un soldat« . Les associés du fonds sont suffisamment montés au front en tant qu’entrepreneur pour anticiper les tirs croisés sur leurs protégés.

Par

Geraldine Russell

02 juillet 2018 / 18H00
mis à jour le 13 novembre 2018
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