Goût du risque, créativité, motivation : qu’est-ce qui définit l’esprit d’entreprise ?

L'institut Ipsos s'est intéressé aux qualités généralement citées pour définir l'esprit d'entreprise et leur répartition dans la population mondiale. Si l'éthique et la discipline sont communément partagées, le goût du risque est, lui, l'apanage de quelques uns seulement.

PARTAGER
SIGNALER UNE ERREUR ENREGISTRER PDF / EXPORTER

Vous réfléchirez peut-être à deux fois avant de dire que vous avez l’esprit d’entreprise. Si beaucoup y font référence, peu savent vraiment le définir. C’est pourquoi l’institut Ipsos s’est penché sur ce fameux esprit dont seraient dotés les entrepreneurs et qui expliquerait leur appétence pour la création d’entreprise. Et l’étude recèle quelques surprises…

Ainsi, la première question de l’étude exigeait des répondants qu’ils disent quelles qualités leur correspondaient dans celles qui sont censées définir ce fameux esprit d’entreprise. Et les résultats interpellent : point de goût du risque ou de volonté de changer le monde dans les premières réponses. 70% des répondants leur préfèrent « une solide éthique du travail », 69% la discipline et 65% la planification. Derrière, on trouve également dans un mouchoir de poche l’ingéniosité, la flexibilité ou encore la motivation.

Au contraire, la réponse « j’aime prendre des risques calculés » a été choisie par moins d’un entrepreneur sur deux (46%) ! La compétition (51%), l’ambition (54%) et l’innovation (55%) font elle aussi partie des qualités les moins citées. Et le fait d’avoir de bons contacts est la qualité qui fait le plus défaut aux répondants (seulement 45% des réponses).

La France loin de la moyenne

Ipsos a ensuite classé la force de l’esprit d’entreprise en fonction du nombre de propositions retenues par chacun : plus de six items correspond à un esprit entrepreneurial très élevé, tandis que moins de trois items correspond au contrait à un esprit d’entreprise faiblement développé. L’indice de l’esprit entrepreneurial révèle que la Nouvelle-Zélande est le plus disposant de l’esprit entrepreneurial le plus prégnant : 32% des Néo-Zélandais ont un esprit d’entreprise très élevé, 43% élevé, 21% modéré et seulement 5% faible. Les États-Unis et la Pologne complètent le podium. D’autres pays arrivent loin devant (Mexique, Inde, Arabie Saoudite…) mais l’échantillon de répondant ne représente qu’une partie de la société, plus aisée et connectée que la moyenne.

La France se situe loin de la moyenne, avec seulement 21% de répondants qui possèdent un esprit d’entreprise très élevé (contre 29%). Dans le bas du classement, on retrouve les pays asiatiques, la Corée du Sud et surtout le Japon, qui se distingue par un esprit entrepreneurial faible particulièrement marqué (35% contre 11% en moyenne), tandis que les répondants disposant d’un esprit d’entreprise très élevé ne sont que 3%…

La création d’entreprise intéresse plus qu’elle ne stresse

L’étude s’est aussi penchée sur les émotions que ressentent ceux qui pensent à créer une entreprise. « Intéressé(e) » (55%) et « déterminé(e) » (50%) sont celles qui arrivent en tête. Dans l’ensemble, les cinq qualificatifs les plus cités sont tous positifs (l’exaltation, la fierté et l’inspiration complétant le groupe). Au contraire, la culpabilité (13%) et la contrariété (19%) ne semblent pas faire partie des préoccupations des futurs entrepreneurs.

En la matière, la France se distingue par une attitude très ambivalente vis-à-vis de la création d’entreprise. Ainsi, 77% des répondants ressentent des émotions autant positives que négatives à l’idée de créer une société (contre 67% en moyenne) alors que seulement 15% des répondants disent ressentir davantage d’émotions positives que négatives (contre 27%). L’esprit d’entreprise ne fait pas rêver tout le monde…

Article écrit par Geraldine Russell
PARTAGER
SIGNALER UNE ERREUR ENREGISTRER PDF / EXPORTER