Décryptage
11 décembre 2018

Les technologies médicales, nouveaux fleurons de l’écosystème français ?

Le panorama 2018 des technologies médicales réalisé par France Biotech présente un secteur en plein essor mais miné par des difficultés de financement.

Happytal, Stilla Technologies, Padoa… pour ne citer que les levées les plus marquantes récemment. Mais les tours de table des technologies médicales se multiplient. Medtech et Biotech sont en pleine effervescence, bénéficiant de certaines avancées réglementaires, à l’instar de la généralisation du remboursement de la téléconsultation, et de l’intérêt des investisseurs.

Dix ans après sa première enquête, France Biotech a remis à jour son portrait des technologies médicales françaises, sur la base d’un panel de 365 répondants – sur quelque 1343 entreprises françaises recensées dans le secteur. Premier constat : les dispositifs médicaux et les technologies de diagnostic concentrent plus de la moitié des sociétés (886), devant les biotechs (720). Les acteurs de la e-santé (200) et les biocleantechs (73) sont, elles, bien moins nombreuses.

La Bourse et les dispositifs publics, principales mannes financières

D’autre part, le secteur est clairement polarisé. D’un côté, une pléiade d’acteurs relativement modestes, plutôt des TPE, plus d’une entreprise sur deux (53%) ayant 10 salariés ou moins. Ce qui s’explique notamment par la jeunesse d’un certain nombre d’entreprises : 41% des répondants ont moins de cinq ans. Cela a une incidence sur la manière dont ces sociétés envisagent leur avenir. Trois répondants sur quatre estiment ainsi que le partenariat est le moyen de financement du futur. L’open innovation a donc de beaux jours devant elle et la consolidation devrait s’accélérer dans les années à venir.

Mais, d’un autre côté, le secteur cristallise également les poids lourds. Ainsi, plus de 60% du financement des entreprises du secteur proviennent… des marchés financiers. Les entreprises cotées drainent donc la majorité des fonds alloués au secteur, alors qu’une Medtech sur deux dit avoir du mal à lever des fonds. Un goulot d’étranglement financier qui laisse une grande responsabilité aux dispositifs publics de financement. Avec 960 millions d’euros investis dans les technologies médicales en 2017, bpifrance reste un acteur incontournable pour les entreprises du secteur. Ces dernières se tournent également massivement vers le crédit impôt-recherche – 93% des répondants y ont recours – et, dans une moindre mesure (53% des répondants), vers le statut de jeune entreprise innovante, plus contraignant.