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25 mars 2019

France Digitale plaide pour une Europe unifiée, qui favorise l’innovation

En publiant un manifeste exposant 15 mesures très concrètes, France Digitale et ses homologues européens espèrent attirer l’attention des candidates et candidats aux européennes.

Une Europe unifiée pour une Europe innovante. Voici le leitmotiv de France Digitale, le lobby qui réunit près de 1 400 startups et investisseurs français du numérique, et de son coprésident, Frédéric Mazzella, le fondateur de BlaBlaCar. Dans un texte intitulé « United Tech of Europe », France Digitale et ses homologues européens interpellent les candidates et candidats aux élections à travers la proposition de 15 mesures concrètes ayant pour but de « faire franchir un palier à l’Europe du numérique et la transformer en “scaleup” sur la scène internationale ».

Pour Frédéric Mazzella, il est urgent de « faire de la digitalisation et de l’innovation une priorité pour l’Europe ». Avec son manifeste, France Digitale demande entre autres la création d’un fonds souverain européen, la mise en place d’un visa de startup européenne, la création d’institutions aidant au développement des startups, la standardisation du cadre fiscal du capital risque et la consolidation des profits et des pertes entre les États membres – les profits générés dans un état pourraient alors être exemptés de taxes s’ils sont contrebalancés par des pertes dans un autre pays membre.

Un obstacle historique à l’innovation

« Le grand message à faire passer c’est qu’il faut uniformiser les dispositifs légaux et réglementaires en Europe », synthétise Frédéric Mazzella. « Le principal écueil à l’innovation et l’entrepreneuriat en Europe est historique, tous les pays ont fait leur sauce et ont rendu la mise en place d’un business européen très complexe. Il faut un cadre qui soit le même partout », explique l’entrepreneur. Un état de fait qui handicape d’ailleurs l’émergence de géants européens, creusant l’écart avec les États-Unis et la Chine. « On a les talents et on a l’argent, mais nous ne disposons pas des mêmes armes qu’eux », regrette le fondateur de BlaBlaCar qui estime que « les Européens sont ralentis par la non-uniformisation de notre géographie ».

Selon lui, rien d’étonnant à ce que les grandes entreprises aient plus de facilités à naître et à se développer aux États-Unis. « Là-bas, elles sont aidées, ici il nous manque clairement un grand terrain de jeux unifié. Les systèmes de taxes, différents entre chaque pays, représentent des coûts étouffants lorsque l’on crée une startup. Si l’on arrive à mettre place des procédures communes, on pourra alors faire émerger des géants européens », estime Frédéric Mazzella. « Le statut d’entreprise européenne existe, mais il n’est pas avantageux et il n’est pas accessible aux startups qui se lancent. On aimerait que cela soit possible, que l’on puisse créer une startup européenne », confie le coprésident de France Digitale, lequel trouve par ailleurs qu’il serait vertueux de ne pas taxer les entreprises tech avant qu’elles ne deviennent profitables. « Aujourd’hui, le numérique est tout petit en Europe, il ne rapporte pas beaucoup. Il sera toujours temps de taxer ces entreprises quand elles engrangeront des bénéfices. Ne les tuons pas dans l’œuf », plaide l’entrepreneur.

Le 2 avril 2019, France Digitale, l’ACSEL, France Invest et le Syntec Numérique organisent un grand événement consacré à l’agenda numérique européen des cinq prochaines années. Un dispositif qui aura d’ailleurs lieu simultanément dans six autres grandes villes européennes. En France, Hacking 2019, de son nom, réunira ainsi de nombreux entrepreneurs et acteurs de l’écosytème au Théâtre des Variétés à Paris et leur permettra d’interpeller directement les têtes de listes françaises aux élections européennes sur les sujets qui les concernent. C’est à cette occasion que sera présenté le manifeste « United Tech of Europe ».