Portfolio#deeptech
27 mars 2019

Cosmian lève 1,4 million d’euros pour ouvrir les données de façon responsable

Cosmian a su trouver une oreille attentive auprès d’Elaia Partners, qui a mobilisé ses deux véhicules d’investissement pour l’opération, mais aussi d’Acequia Capital, de la Financière de Blacailloux et de plusieurs business angels de renom.

Carton plein pour Cosmian ! Créée il y a seulement quelques mois, en juillet 2018, la startup passe (déjà) par la case levée de fonds. Elle vient d’annoncer avoir rassemblé 1,4 million d’euros auprès d’Elaia Partners, d’Acequia Capital, de la Financière de Blacailloux (Fiblac) et de plusieurs business angels dont Florian Douetteau (directeur général de Dataiku) et Julien Lemoine (directeur de la technologie d’Algolia). Une opération qui a presque surpris les cofondateurs et la cofondatrice. « Quand nous avons commencé notre campagne de levée de fonds, en octobre dernier, nous n’étions pas certains que les investisseurs nous écoutent, se rappelle Sandrine Murcia, directrice générale de la jeune pousse. Mais nous avons eu la chance de rencontrer des VC et des business angels qui ont une véritable expertise en matière de deep tech et ont compris notre projet. »

 

La startup a en effet développé une technologie de chiffrement des données qui permet d’exploiter et d’analyser ces dernières sans entamer leur confidentialité. « Il était déjà possible de chiffrer la donnée lorsqu’elle était stockée ou lorsqu’elle était transférée, comme sur les applications de messagerie, par exemple. Notre technologie permet de chiffrer également la donnée lorsqu’elle est en cours d’utilisation, pour qu’elle puisse rester chiffrée de bout en bout », explique Sandrine Murcia.

Utiliser la donnée… sans la dévoiler

Une technologie pointue et porteuse. En effet, le « paradoxe de la donnée » est de plus en plus tangible pour bon nombre d’entreprises : l’exploitation des données permet d’accélérer leur activité et de rendre leurs produits ou services plus efficients, mais la demande de protection et de confidentialité des données ne cesse de croître. Cosmian s’est donc engouffrée dans la faille pour parvenir à réconcilier les deux notions. Or Cosmian permet justement « de partager l’information liée à la donnée… sans partager ladite donnée », précise Sandrine Murcia.

« C’est notamment utile pour des entreprises qui opèrent dans des secteurs où la donnée doit être partagée pour être traitée efficacement », souligne la directrice générale de la jeune pousse. Les secteurs financier (banques, assurances…) et médical se montrent tout particulièrement intéressés. Et la tendance devrait s’accélérer avec l’ouverture prochaine des données médicales, que le gouvernement appelle de ses vœux. Mais les industries commencent également à s’intéresser à la solution de Cosmian. « Comme les particuliers, les industriels produisent des données à forte valeur, concernant leurs rythmes de production, par exemple. » Sans compter que les entreprises technologiques, de plus en plus vigilantes quant au traitement responsable des données qu’elles récupèrent, représentent elles aussi un marché en croissance.

Cette opération financière devrait permettre à la jeune pousse d’étoffer son équipe, pour l’instant seulement constituée de ses deux cofondateurs et de sa cofondatrice, afin de répondre à une demande qui promet d’être toujours forte dans les mois à venir. Et, à terme, cette somme leur offrira la possibilité d’affiner le produit, fonctionnel, mais dont l’interface devrait devenir plus accessible au fil des prochaines versions.