Portfolio#retail
20 juin 2019

Vestiaire Collective lève 40 millions d’euros et mise sur la tech et la data

Après une précédente levée de 58 millions d'euros, le géant Vestiaire Collective boucle un nouveau tour de 40 millions d'euros mené par son nouveau CEO et Bpifrance. L'objectif : développer de nouveaux pays et investir massivement sur ses technologies.

Deux ans après avoir levé 58 millions d’euros auprès d’Eurazeo, Idinvest et du fonds britannique Vitruvian Partners qui arrivait alors au capital, la plateforme Vestiaire Collective boucle un nouveau tour, moins important que le dernier, de 40 millions d’euros. Mené par Max Bittner, le nouveau CEO, aux côtés de Bpifrance, ce tour de table est l’occasion pour les investisseurs historiques, Eurazeo, Balderton, Idinvest et plus récemment Vitruvian Partners, de remettre au pot.

79% de transactions réalisées à l’étranger

La place de marché dédiée aux vêtements et accessoires de luxe a vu arriver Max Bittner, fondateur d’une société rachetée par Alibaba, à la tête de l’entreprise fin 2018, succédant ainsi à Sébastien Fabre, cofondateur de Vestiaire Collective, aujourd’hui administrateur de la société. Un choix stratégique pour permettre à l’entreprise, qui a beaucoup misé sur l’international depuis sa création en 2009, de se déployer sur de nouveaux marchés et d’accélérer en particulier sur le marché asiatique, où l’appétit pour les marques de luxe est sans commune mesure avec celui d’autres zones géographiques.

Résultat : 79% des transactions effectuées sur le site sont aujourd’hui transfontalières et Vestiaire Collective annonce enregistrer une croissance de 140% de son GMV (gross merchandise volume) au 2ème trimestre 2019 en Asie. Au menu de la plateforme pour ses prochains développements : Taiwan, la Thaïlande, l’Indonésie, l’Inde, la Malaisie, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, Israël, le Brésil et le Mexique.

Miser sur la mode durable et la tech

Le développement international était l’objectif des précédentes levées (116 millions au total, désormais porté à 146 millions d’euros), mais cette fois, en plus d’asseoir son positionnement à l’étranger, l’argent frais permettra à l’entreprise de développer de nouvelles technologies pour « permettre aux marques et aux distributeurs de promouvoir une consommation durable et circulaire« , laisse entendre Vestiaire Collective. Alors que l’industrie de la mode est régulièrement mise au pilori pour sa contribution au désastre écologique en cours, une nouvelle stratégie orientée sur les bénéfices durables de la plateforme serait-elle en préparation ?

Pour Charlotte Corbaz, directrice de participation chez Bpifrance, c’est un des éléments de la recette, qui permettra à Vestiaire Collective de prendre une pole position mondiale avec une forte composante tech, « Vestiaire Collective bénéficie d’un positionnement unique pour tirer parti des évolutions des modes de consommation, de plus en plus orientés vers une économie circulaire et digitale, explique-t-elle dans un communiqué. Nous sommes très heureux d’accompagner Max et son équipe (notamment les cofondatrices Fanny Moizant et Sophie Hersan, NDLR) dans cette transformation de l’industrie de la mode. Nous sommes convaincus que l’approche de Vestiaire Collective, consistant à combiner la data et la tech à son ADN de la mode, leur permettra de devenir le leader mondial sur le marché du luxe de seconde main ».

Et pour miser davantage sur la tech et la data, de nouvelles forces vives devraient rejoindre les rangs des équipes technologiques. Alors qu’elle a déjà accueilli 120 nouvelles recrues depuis le début de l’année, la société continue d’investir massivement sur les talents pour s’imposer.