43 étudiants, 16 projets et 3 startups : 
l’EPITA Startup Lab fête sa première promotion

Un an après le lancement de l’EPITA Startup Lab, le startup studio de l’école d’ingénieurs EPITA, trois startups ont vu le jour. Un bilan encourageant pour une structure qui cherche encore son rythme de croisière.

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Notre objectif est de pousser les étudiants à passer à l’acte en leur permettant de réaliser leur stage de fin d’études de six mois dans leur propre entreprise et se payer le même salaire que ce qu’ils auraient obtenu ailleurs.” Il y a un an, l’objectif était clair pour l’EPITA Startup Lab, le startup studio de l’école d’ingénieur EPITA. Alors, pari tenu ? Alors que la première promotion vient d’achever son pré-incubation, l’heure est au bilan.

Sur le papier, l’objectif est rempli : six étudiants ont créé trois startups et réalisent donc bien leur stage de fin d’études dans l’entreprise qu’ils ont créée. Une vraie fierté pour Daniel Jarjoura, directeur de la structure, qui rappelle que le premier obstacle à l’entrepreneuriat des ingénieurs est… leur taux d’emploi à la sortie de l’école. Faire une croix sur la sécurité d’un CDI bien rémunéré pour préférer se lancer dans la grande inconnue de la création d’entreprise n’est pas donné à tou·te·s ! Et les six courageux qui ont sauté le pas valident l’appétence des étudiants de l’EPITA pour l’entrepreneuriat.

Cette première “cuvée”  témoigne également de leur besoin d’être accompagnés. Ainsi, si deux groupes avaient débuté le programme avec une idée en tête, le troisième a pleinement bénéficié du concept de startup studio en travaillant sur un concept qui lui a été proposé. “Cela montre bien que même les étudiants qui n’ont pas d’idée précise peuvent se lancer” , tient à souligner Daniel Jarjoura. Pas d’idée mais beaucoup de volonté, la recette du succès ?

Identifier les bons profils

Si cette première promotion présente de nombreuses raisons de se réjouir, les chiffres sont têtus et le chiffre des dix startups espérées à la création de l’EPITA Startup Lab n’ont donc finalement pas été atteint. “L’objectif était extrêmement ambitieux et n’avait pas vocation à être intégralement rempli” , reconnaît Daniel Jarjoura. Avec 43 étudiants et 16 projets accompagnés, la structure n’a pas à rougir. Et c’est à l’aune de ces résultats que les contours de la deuxième promotion ont été revus. Ainsi, le startup studio accompagne cette année moins d’étudiants et de projets (30 étudiants pour 12 projets), dans l’optique que tous débouchent cette fois sur la création d’une entreprise. Faire moins mais aller plus loin, en somme.

Pour mettre toutes les chances de son côté, l’EPITA Startup Lab a opéré une sélection “drastique”. Mais comment repérer de potentiels talents d’entrepreneurs parmi des étudiants ? “Il y a bien quelques indices, concède mystérieusement le directeur du startup studio. Par exemple, l’implication dans des projets associatifs. L’obstacle absolu… c’est l’élève studieux, celui qui ne cherchera pas à contourner les codes. C’est exactement l’inverse que l’on attend de futurs entrepreneurs !”  Avis aux brillants roublards !

Pour les attirer, la structure travaille également à mieux valoriser le travail que représente la création d’une startup, tout au long de cette dernière année d’école. “Avant d’être des entrepreneurs, ils restent des étudiants… qui n’ont donc pas le temps d’entreprendre, résume Daniel Jarjoura. Tout pourrait aller beaucoup plus vite s’ils étaient 100 % dédiés à leur projet mais ce n’est pas le cas.”  Alors qu’à l’heure actuelle, ce travail entre uniquement dans le cadre de leur projet de fin d’études – et est donc évalué comme tel – le directeur de la structure réfléchit à le valoriser différemment, avec un niveau d’équivalence en crédits plus élevé.

Un manque criant de financements

Le startup studio a également d’autres projets, là encore inspirés des enseignements de la première promotion. Car tout est loin d’avoir été rose pour les premiers cobayes. “Nous nous sommes rendu compte que l’écosystème tech français n’incitait pas du tout les étudiants à créer leur entreprise à la sortie de l’école : aucun financement, aucune subvention ne leur sont dédiés sans capital de départ conséquent.”  Les seuls qui soient en capacité de se lancer sont ceux dont les proches peuvent soutenir le projet. Une réalité loin, très loin, trop loin de la méritocratie tant vantée par la startup nation.

Alors comment aider ceux qui n’ont pas les fonds propres nécessaires pour amorcer le projet, débloquer les premières subventions grâce à l’effet levier et convaincre les établissements bancaires de leur faire confiance ? C’est toute la question que devra résoudre l’EPITA Startup Lab afin de trouver un mécanisme de compensation suffisamment efficace pour corriger les erreurs du marché. Ou l’amener à changer ?

Maddyness, partenaire média du Groupe IONIS

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