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Que font les fonds ? Le portrait de Large Venture de Bpifrance

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Que font les fonds ? Le portrait de Large Venture de Bpifrance

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Par Geraldine Russell - 19 mai 2020 / 14H30

Dans le paysage de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et une bonne occasion de communiquer, nous brossons le portrait des fonds français pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour de Large Venture !

Dans la famille des fonds Bpifrance, on demande Large Venture ! Ce n’est pas le fonds le plus connu des entrepreneurs mais c’est sûrement l’un des plus cruciaux dans la galaxie de la banque publique. Alors que tout l’écosystème est désormais focalisé sur les scaleups, depuis l’officialisation à l’automne dernier du Next 40 ainsi que des mesures de financement des entreprises en hypercroissance découlant du plan Tibi, le fonds late stage de Bpifrance a plus que jamais adopté une position centrale dans la French Tech, comme en témoigne sa présence au capital de nombreuses scaleups du Next 40 (Doctolib, ContentSquare, Vestiaire Collective ou ManoMano).

Lorsqu’il fut créé, en 2013, Large Venture comble un espace alors peu prisé des VCs. Il faut dire que les méga-levées sont encore bien loin. « En 2013, seules quatre opérations ont dépassé les 20 millions d’euros, se rappelle Maïlys Ferrere, directrice du fonds. L’écosystème a radicalement changé depuis. » La banque publique d’investissement a créé plusieurs fonds afin de répondre aux exigences de toutes les startups, de l’amorçage au late stage. De quoi alimenter naturellement le deal-flow du fonds situé le plus en aval : 40% des participations ont bénéficié d’investissements réalisés par d’autres fonds Bpifrance.

« La vallée de la mort qu’était alors l’amorçage a vite été comblée et il a fallu prolonger l’accompagnement de ces startups. » Sans fonds d’investissement positionné sur le late stage, les startups n’avaient guère le choix que de se tourner vers la Bourse, mal calibrée pour les valeurs technologiques. Bpifrance joue donc son rôle d’acteur précurseur et alloue une enveloppe de 500 millions d’euros au financement des entreprises en hypercroissance. Depuis, le fonds a bénéficié de 600 millions supplémentaires et mise aujourd’hui des tickets de 10 millions d’euros minimum dans des opérations totalisant 20 millions ou plus, plutôt en série C et au-delà.

Pas de course contre la montre

« Il faut se rappeler que c’est le bilan de Bpifrance qui détermine notre capacité d’investissement. Ce qui nous donne une capacité importante sur le long terme. » De quoi tordre le cou également à l’idée que Bpifrance, en tant qu’organisme public, n’aurait pas la rentabilité pour objectif. Ce n’est pas le seul, certes, mais c’est tout de même ce qui lui permet de faire ruisseler la réussite de quelques pépites sur l’ensemble de l’écosystème ! Ce mode de fonctionnement le rapproche des fonds evergreen, lui permettant de ne pas avoir à se soumettre au timing traditionnel des investisseurs, qui exigent un retour sur investissement en général sous 7 à 10 ans.

Une spécificité appréciée par les fonds avec lesquels Large Venture co-investit. « Lorsque l’on co-investit, les fonds sont heureux de nous savoir à leurs côtés. » Et évidemment, par les entrepreneurs, que cette stabilité rassure. « Nous sommes un investisseur de long terme, capital-patient, capital-structurant, note Maïlys Ferrere. Nous avons un rôle dans la gouvernance, nous soutenons le management. Cela permet aux dirigeants de faire plus facilement le lien avec les autres actionnaires, notamment étrangers. »

Pas question néanmoins de faire de Large Venture un passage obligé pour les entrepreneurs tricolores. « Nous ne sommes pas et ne voulons pas être le seul recours des dirigeants. C’est pourquoi nous faisons en sorte de ne jamais être la seule poche profonde d’un tour de table. C’est plus sain pour les entrepreneurs comme pour les actionnaires de ne pas être dépendants d’un seul investisseur » , appuie Maïlys Ferrere.

Reste que les fonds capables de suivre une startup du début à la fin de son aventure capitalistique sont rarissimes. « Chaque investissement est cloisonné, série par série, rappelle la directrice de Large Venture. Cela peut créer des désalignements stratégiques entre les investisseurs et les dirigeants. Au contraire, notre fonds assure un continuum tout au long de l’histoire entrepreneuriale, comme une sorte de colonne vertébrale. » C’est par exemple le cas de la scaleup Doctolib, dont tous les tours de table ont été accompagnés par Bpifrance.

Objectif Bourse

Au-delà de l’accompagnement financier, les participations de Large Venture peuvent compter sur les autres service de Bpifrance, notamment le Hub, pour les aider à se structurer. Une équipe de 25 personnes est ainsi dédiée aux thématiques RH ou de communication. Des problématiques communes à toutes les startups, quelque soit leur stade de développement, mais avec des spécificités liées au late stage. « Le vivier de talents se raréfie lorsqu’on cherche des C-level lors d’un déploiement international de l’entreprise. Il faut aussi pouvoir organiser le déplacement du CEO à l’étranger, sans que cela ne crée un trou managérial en France » , explique Maïlys Ferrere.

Une structuration nécessaire dans l’optique de la sortie des entreprises du portefeuille, principalement via une entrée en Bourse. 18 entreprises dans lesquelles le fonds a investi sont désormais cotées, sur la quarantaine que compte son portfolio. « Certaines choisissent de se coter et nous pouvons aussi les accompagner lors de cette étape et parfois au-delà » , rappelle la directrice du fonds, qui cite DBV Technologies, dans laquelle Large Venture a investi lors de l’entrée en Bourse.

C’est sur ce volet des sorties que Bpifrance travaille aujourd’hui, espérant aider à développer un écosystème suffisamment robuste et foisonnant pour que les perspectives d’exit deviennent plus variées. « Les ambitions des entrepreneurs comme des investisseurs ont beaucoup changé, des verrous psychologiques ont sauté, se réjouit Maïlys Ferrere. Les investisseurs sont conscients que le développement des entreprises peut être impacté par une approche trop malthusienne : si les enveloppes ne sont pas suffisantes, on risque de limiter la croissance de nos entreprises. La Silicon Valley a réussi à créer un écosystème vertueux, nous devons créer la Silicon Valley en France.« 

Par

Geraldine Russell

19 mai 2020 / 14H30
mis à jour le 19 mai 2020
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