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3 juin 2020

L’entrepreneuriat, nouveau débouché pour les jeunes chercheurs ?

Une enquête menée par Bpifrance et PhDTalent démontre que si les jeunes chercheurs auraient envie de monter leur entreprise, la route est loin d'être tracée pour leur faciliter la tâche.

L’entrepreneuriat est-il le futur des chercheurs ? C’est ce que laisse penser une étude réalisée par Bpifrance et PhDTalent auprès de 1700 chercheurs. Ainsi, plus de 4 jeunes doctorants sur 10 (44%) envisagent l’entrepreneuriat comme débouché de leurs recherches, confirmant l’appétence des jeunes générations pour la création d’entreprise et le rapprochement des univers de la recherche et des affaires. Des liens toujours plus poreux, alors que l’écosystème Deeptech se structure et que les partenariats public-privé se multiplient.

« Nous sommes convaincus du potentiel économique que ces recherches auraient si elles étaient facilement et rapidement exploitées par la société. Nous espérons que les résultats de cette étude soient une véritable prise de conscience de l’intérêt des chercheurs pour l’entrepreneuriat, par l’ensemble de l’écosystème – institutions, écoles doctorales, encadrants, accompagnateurs de startups et jeunes chercheurs », note Florian Andrianiazy, cofondateur de PhDTalent. Une prise de conscience nécessaire pour pouvoir organiser des passerelles pérennes entre les startups et la recherche.

Beaucoup d’envie, peu de perspectives

Car l’enthousiasme des jeunes chercheurs à l’idée de monter leur entreprise reste très abstrait. Ainsi, les deux-tiers des répondants n’ont pas été capable de citer une structure ou un dispositif destiné à les accompagner dans leur projet. Et 70% n’avaient pas en tête d’exemple de chercheur-entrepreneur, témoignant de l’absence de role-model en la matière. Difficile donc pour l’instant de capitaliser sur cette appétence pour l’entrepreneuriat et de la traduire concrètement, même si les formations contribuent modestement à évangéliser les masses : elles augmentent la compréhension des mécanismes de l’écosystème de 30 à 60%… mais 7 docteurs sur 10 n’ont jamais participé à une formation à l’entrepreneuriat.

Pourtant, le plan Deeptech opéré par Bpifrance présente clairement l’objectif de resserrer les liens entre la recherche et les startups. « Au travers du Plan Deeptech opéré par Bpifrance, le message porté par les pouvoirs publics aux jeunes docteurs est clair : l’entrepreneuriat fait partie des débouchés après votre thèse, et tout un écosystème vous soutient dans cette démarche », souligne Pascale Ribon, directrice Deeptech de Bpifrance.

La banque publique et PhDTalent ont donc planché sur trois pistes de réflexion afin de nouer de véritables relations entre les deux sphères. D’une part, les deux structures jugent urgent d’améliorer, au sein des laboratoires, la communication pour sensibiliser les doctorants à la création de startups Deeptech, notamment en renforçant sur les campus les interactions entre les deux univers, par exemple via le dispositif des entrepreneurs en résidence dans les laboratoires de recherche. Puis, noeud du problème, il est essentiel d’acculturer les chercheurs aux dispositifs de soutien à la création d’entreprise. Et de leur assurer l’accès à des formations à l’entrepreneuriat pour doper leurs chances de réussite dans cette voie.