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Moonly, une app de contraception française déjà controversée

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Moonly, une app de contraception française déjà controversée

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Par Geraldine Russell - 22 septembre 2020 / 16H05

Lancée début septembre, l'application Moonly se targue d'être "la première application de contraception sans hormones". Elle est pourtant loin de faire l'unanimité, notamment dans le corps médical.

La promesse est alléchante : « Moonly, la première application française de contraception sans hormones » , clame le communiqué reçu il y a quelques jours dans les boîtes mail de la rédaction. Un objectif clairement affiché également sur le site de l’appli, qui vante « la symptothermie pour une contraception sans hormones » . Comme souvent dans les startups, la cofondatrice de l’application, Sandrine Petrenko, met en avant une expérience personnelle qui l’a poussée à créer Moonly. « J’ai arrêté la pilule il y a presque cinq ans. Je me suis alors tournée vers une autre méthode de contraception sans hormone, le stérilet en cuivre. Mais cela s’est mal passé et j’ai dû l’enlever au bout de deux ans. Je n’avais alors plus vraiment d’autre solution de contraception naturelle.« 

La jeune femme se tourne alors vers la méthode de la symptothermie, qui combine l’observation et l’interprétation de plusieurs indicateurs corporels (température du corps, aspect de la glaire cervicale, dates des règles…) afin de déterminer la période de fertilité durant laquelle les femmes doivent recourir à « des méthodes barrières, comme le préservatif ou l’abstinence » . « J’ai accroché avec la méthode mais je me suis rendue compte qu’il existait assez peu d’outils, ajoute-t-elle. Je n’ai pas réussi à trouver application qui me convenait. Avec mon frère, qui faisait alors des études pour devenir développeur, nous avons décidé de créer l’application la plus parfaite possible qui corresponde aux besoins des femmes qui veulent découvrir et adopter la symptothermie. »

Algorithme VS rigueur médicale

Moonly s’est donc lancée début septembre avec des attributs très sexy : une UX ergonomique, un support très attentif aux retours des utilisatrices et, surtout, un algorithme qui interprète automatiquement les données entrées dans l’application pour calculer les périodes de fertilité et d’infertilité. Mais comment cet algorithme a-t-il été développé, alors que la startup prend le soin de souligner dans ses conditions d’utilisation ne pas être un dispositif médical ? « Il existe des écoles de symptothermie, qui forment à la méthode Sensiplan, développée par le planning familial belge et validée par des études scientifiques sur sa fiabilité, évoque Sandrine Petrenko. Nous nous sommes appuyés sur cette méthode pour développer notre algorithme. »

Un petit tour sur le portail francophone de la fameuse méthode Sensiplan nous apprend que celle-ci est principalement professée par une association belge prénommée le planning familial naturel. Mais la structure est toute entière consacrée à « l’enseignement en français de la méthode internationale Sensiplan » et non à l’éducation à la sexualité et la contraception comme peut l’être le mouvement féministe français du Planning Familial. Une confusion qui apparaît d’autant plus problématique lorsque l’on se penche sur les créateurs de la méthode Sensiplan : le groupe de travail allemand NFP, affilié depuis 1991 à l’association catholique de l’Ordre de Malte.

On comprend mieux pourquoi les professionnels de santé – « qui ne connaissent pas encore très bien la symptothermie » , avance la cofondatrice de Moonly – sont réservés sur l’application. « Le but d’une méthode de contraception est d’éviter une grossesse non désirée qui conduirait à une interruption volontaire de grossesse et cette méthode naturelle est loin d’être suffisamment efficace » , tranche sans ambages le Dr. Marie de Crécy, gynécologue et membre de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM). Avant de lister les limites de l’application et de la méthode préconisée : « C’est une méthode difficile à mettre en place, qui nécessite d’abord six mois de prises de températures et de très bien connaître son corps et qui comporte une part d’aléatoire puisque différents facteurs comme la maladie ou le stress peuvent avoir une influence sur les facteurs pris en compte dans le calcul » .

Le précédent Natural Cycles

C’est donc d’autant plus étonnant que Moonly ait choisi d’adopter une communication centrée sur son intérêt en matière de contraception. Un marketing au demeurant rare parmi les applications de suivi des menstruations et autres indicateurs de fertilité, qui préfèrent en général mettre en avant l’aide à la conception d’un enfant, sujet moins sensible que la contraception. Pour éviter tout problème, Moonly se montre ainsi plus prudente dans ses conditions d’utilisation que dans sa communication. « Le site a pour objectif de permettre aux femmes de savoir où elles en sont dans leur cycle menstruel grâce à l’usage de la symptothermie » , peut-on lire, avant que ne soit précisé le fait « qu’une grossesse accidentelle est possible pour toutes les femmes sans exception » et que « NopeStudio (l’entreprise qui exploite la marque Moonly, NDLR) ne saura être tenu pour responsable en cas de survenue d’une grossesse non désirée » .

Cette précaution de langage rappelle le précédent Natural Cycles. La startup suédoise avait dû faire face à une enquête de l’agence suédoise du médicament après la révélation de plusieurs dizaines de grossesses non désirées chez ses utilisatrices. Enquête finalement close lorsque l’appli s’était engagée à préciser explicitement les risques d’échec de son utilisation comme seul moyen de contraception. L’entreprise nordique s’appuie elle aussi sur des « études scientifiques fiables » pour promouvoir son application « de contrôle des naissances sans hormones » . Avec le succès que l’on connait, donc.

Par

Geraldine Russell

22 septembre 2020 / 16H05
mis à jour le 22 septembre 2020
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