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Omnes mobilise 130 millions d’euros pour la Deeptech

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Par Geraldine Russell - 22 octobre 2020 / 10H00

Dans le paysage foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et une bonne occasion de communiquer, nous brossons le portrait des fonds pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour d'Omnes !

L’aventure d’Omnes débute comme un miroir aux coopératives industrielles des années 1970 mais version financière : quand, en 2012, le Crédit Agricole cherche à se désengager de sa branche d’investissement, Crédit Agricole Private Equity, neuf actionnaires décident de racheter le fonds. Exit CAPE, bienvenue à Omnes Capital. Avec 65 salariés et 3,6 milliards d’euros sous gestion dans ses trois secteurs d’activités (capital-risque, LBO et investissement direct), le fonds fait l’effet d’une énorme machine dans un secteur qui foisonne de structures plus ou moins importantes.

Sa seule branche capital-risque gère quelque 700 millions d’euros, dans les secteurs de la santé et du numérique. Un mot-valise dont Michel de Lempdes, un des associés gérants, a pourtant une idée très précise : « nous avons une forte appétence pour la Tech et notamment la deeptech. Cela signifie des brevets, de la R&D et des barrières à l’entrée ». Un impératif, alors qu’une « bulle » sévit dans la low-tech. « Il y a beaucoup d’argent et beaucoup d’acteurs, l’amorçage est aujourd’hui très bien financé, égrenait Michel de Lempdes en 2018. Mais les Biotechs et les deeptechs sont des exceptions : ce sont des secteurs avec peu d’acteurs, peu financés. »

Mais ça, c’était avant. Avant qu’Omnes n’annonce, ce jeudi, le closing final de son fonds Omnes Real Tech, pour un montant de 130 millions d’euros. Spacetech, Greentech ou cybersécurité figurent parmi les segments que ce nouveau véhicule regardera avec attention, afin de prendre part à des tours de série A ou B. « Notre volonté est d’investir dans des startups Deeptech proposant des technologies de rupture capables de donner à la France et l’Europe une avance technologique stratégique » , précise le managing partner d’Omnes, qui souligne que les entrepreneurs deeptechs soutenus par Omnes, dont certains ont investi dans ce nouveau véhicule, apporteront leur aide aux nouvelles participations.

Lumière sur les unsexy startups

Une façon de revenir aux fondamentaux, alors que « la rupture de beaucoup de modèles a déjà été réalisée ». « La deeptech, ce sont des matériaux, des composants, des logiciels, liste Michel de Lempdes. Il faut accorder une importance toute particulière au hardware. » Un tacle aux wannabe licornes qui dédaignent les unsexy startups, plus discrètes mais souvent bien plus novatrices que celles qui prennent toute la lumière.

A lire aussi

Pour autant, pas question pour Omnes de devenir une tour d’ivoire remplie de spécialistes divers et variés. « Nous ne faisons pas un métier d’experts, tranche Michel de Lempdes. Se croire expert est une erreur. En revanche, nous nous devons d’avoir accès à des experts. » Le fonds a pour cela développé un réseau constitué d’anciens entrepreneurs, d’entrepreneurs en activité mais aussi de laborantins et de spécialistes de la R&D issus de grands groupes. Ces derniers épaulent les startups dans lesquelles Omnes investit mais assistent également les entrepreneurs au sein de leur board.

Concrétiser les succès

« Nous ne nous substituons pas aux entrepreneurs, rappelle l’associé. Nous leur apportons des process quand ils en manquent, parce que cela permet d’anticiper les différentes étapes de croissance de l’entreprise. Et nous donnons aux entrepreneurs un effet miroir, parce qu’ils évoquent leurs difficultés avec des entrepreneurs qui sont passés par le même chemin. » Une « grille de lecture » chère au fonds et qui lui vaut un track record alléchant, avec une sortie à plus d’un milliard (BioVex, rachetée par AmGen en 2011) et de nombreux deals à neuf chiffres.

Un pragmatisme assumé par Michel de Lempdes, qui revendique un « sens des réalités ». « Il faut soutenir les sociétés quand elles vont mal sans pour autant financer un canard boiteux trop longtemps. Au final, l’argent est un juge de paix. »

Par

Geraldine Russell

22 octobre 2020 / 10H00
mis à jour le 22 octobre 2020
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